DANS LA VIE
de Nisai^e; il sVmpaiail pi-éci|)ilaii)iiuMil de la parole, coinnie s'il eût voulu couvrii- le hiiiit (le l'éloge, et l'empérliei- d'arriver à l'oreille des dieux : c'était pour énuiuérer ses maux passés et présents, auxquels il affectait d'opposer le calme heureux de l'Olympe'. « Attendez ma o mort, » disail-il encore à ceux cjui lui adiessaient quelque compliment flatteur : « alors « seulement vous pourrez juger si je fus heu- <c reux ^. » Il s'interdisait les liansports de l'espérance comme ceux de la joie^; et ce qu'on racontait d'OEdipe, exaucé des dieux pour son malheur, lui apprenait à être circonspect jusque dans ses prières 4.
Prêt à tous les revers et prompt à s'y résigner, modeste et tremhlant dans les succès, il appelait les uns et les autres des présents des dieux : c'est tout ce (ju'il en disait ^ L'excès de la plainte lui semhiait présomptueux chez un mortel comme celui de la joie^; et il n'avait garde de faire repentir les dieux de leuis bien-