‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 109 sur 181 · Herodot., IX · texte numérisé non relu

Herodot., IX

178 L'IDEE DE NEMESIS

lesses de la Fortune à la prudente défiance d'un Solon.

Il ajoutait que cette sagesse propre à la Grèce y avait été regardée de tout temps comme le fondement de toutes les vertus; et il le prouvait par l'anecdote qui suit ' : Un jour, disait-il, nos Sages se réunirent pour convenir d'une offrande de sagesse à faiie au dieu dont l'oracle est à Delphes. D'un commun accord, ils choisirent deux maximes qu'on peut liie encore à l'endroit où ils les ont gravées. L'une est Rie// de l/'op, et l'autre, ce fameux Co/uiais-toi toi- /néme, (jue Socrate, en se l'appropriant, interpréta depuis à sa guise, mais que nous continuons, nous autres, à entendre comme une remontrance à l'adresse des présomptueux '^. Modération el modestie, tel est donc le sens de la double devise adoptée par nos Sages pour résumera jamais notre morale : or ces deux vertus ne

1. Plat., Prola(j.^ S'iS A; lJiijparch.,228 E ; C/iannld., 164 D s(|i|. Cf. Pausaii., X, 24, 1; Plutarch., De Inscript. Ei, 2. — Voir M. A. (Jarnier, Ilisloire de fa Morale, 1"^ Mémoire, dans les Séances et Travaux de l'Acad. des Sciences morales, toin. XXVII, pag. 442.

2. c'est en ce sens (ju'Auguste dit à Cinna (act. V, se. 1) : « Apprends à te connaître et descends en toi-même » ( v. .tschyl. , Prometh., V. 309; Scliol. Plat., Phileb., 48 C; Stob., Floril., XXI, 14 j V, 116; cl. id.,ib.,XXI, 1, 4,6, 7, 12, 13, 15 etpass.; XXII, 11): pré* cepte de sagesse, selon Platon ( Charmid., 164 D), qui explique par là le choix des Sept Sages; de modération, selon Sotadés (ap. Slob.. jF/onZ., XXII, 9.6); cf. VVaI , Akibind. I, 133 C; Hrraclit. ap. Stob,, Floril., V, liy. La modération n'est d'ailleurs elle - mémi; (lu'unc rf;;lcde sagesse (Eurip. a|). Stob., LXXIV, 18). — Pour ce qui concerne l'origine des deux maximes en (jue&lion, \oir plus bas IWppendice, n" V.

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