PÉRIODE PHILOSOPHIQUE
La période qu'il nous reste à parcourir est celle de la décadence du cul le des dieux jaloux. Les causes principales de cette décadence paraissent être la concurrence, les attaques et les emprunts de la philosophie, qui, d'une part, ruine le préjugé anthropomorphique, tant en le réfutant qu'en v substituant ses propres conceptions, et, de l'autie, s'empare pour elle-même de la morale que le siècle de Pindare et d'Hérodote y avait rattachée. La déesse Némésis n'en continue pas moins à être adorée. Mais l'oubli de ses véritables attributions, comme aussi le divorce consommé dès lors entre la religion et la morale, ôtent à ce culte toute signification sérieuse : en Grèce même, il ne fait plus que végéter, et, transporté à Rome, y demeure toujours un culte étranger; la mémoire des érudits reste seule fi-
184 TROISIÈME PÉRIODE OU PÉRIODE PHILOSOPHIQUE. dèle, avec la routine de la superstition, au dogme antique de la jalousie divine.
Le nom de Socrate marque pour nous le début de cette troisième période. Néanmoins nous ne négligerons pas de jeter un coup d'œil en arrière sur le travail des écoles qui ont précédé ce grand réformateur : travail que nous avons dû laisser dans l'ombre jusqu'ici, pour ne pas mêlera l'histoire de la religion grecque celle d'un mouvement philosophique qui en demeura ordinairement indépendant et distinct.