Jamblidi., Pythag. Vita, XXVU
Mais l'école tl'Elëe inéiile à un aiilie litre une luention spéciale dans celle revue : à sa lutte continuelle contre les idées de tout le nnonde^, elle avait gagné une singulière puissance de criticpje et d'argumentation, (ju'elle ne se fit pas faute de tourner contre les superstitions populaires. Le rha|)sode de Coloplion, Xénophane, est, avant Socrate et Platon, l'adversaire le plus déclaré de la vieille leligion poétique. Non qu'il essaye de substituer aux dieux nationaux l'inconipréliensible divinité d'Elée : si l'hétérodoxie philosophique n'a désormais plus rien à gagner en fait de hardiesse, elle a déjà la réserve respectueuse dont elle ne se départira jamais vis-à-vis du culte public. Xénophane veut qu'on honore les dieux de la patrie =*; seulement il rejette résolument toute mythologie^ comme tout anthropomorphisme 4: parleide la naissance des dieux lui paraît aussi coupable que de prétendre qu'ils sont morts 5. C'est condamner d'iin mol la Théogonie d'Hésiode. Aussi Xénophane ne fait-il point grâce à ce poète, pas plus qu'à Homère. L'un et l'autre sont à ses yeux des impies pour avoir prêté des crimes aux dieux 6. D'après cela, l'école d'Elée ne pouvait ne j)as avoir en horreur le préjugé grossiei" (|ui mettait le malheur des hommes sur le compte de la jalousie divine; et il est proba-