‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 129 sur 181 · Xcnoph., Memorab., I · texte numérisé non relu

Xcnoph., Memorab., I

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die ce mot clans son sens le plus étroit, ne iùl exemplaire'. Mais celte piété provenait-elle d'une simple déférence aux usages reçus, d'un sacrifice de la conviction du sage au devoir du citoyen? En d'autres termes, la religion d'Athènes imposait-elle à l'esprit de telles absurdités qu'un Socrate ne pût y adhérer sincèrement? 11 faudrait pour cela que cette religion eût renfermé ce que les modernes appellent des dogmes. Or elle n'en eut qu'un, à proprement parlei', celui de l'existence des dieux, lié, il est vrai, à l'idée de leur pluralité. Mais cette pluralité même admettait et avait toujouis admis un tempéiament (|ui la rendait compatible avec le monothéisme philosophique. Une hiérarchie d'êtres surhumains dominés par un être suprême, Jupiter pour les uns. Dieu ou le divin pour les autres, (|ui les surpassait infiniment en puissance et en majesté, telle était depuis Homère la religion des sages. Sur ce point Homère lui-même, Pindare, Hérodote, ne laissaient pas beaucoup à faire à Socrate; et il n'y a aucune preuve (jue celui-ci en ait jugé autrement. Mais si le polythéisme, ainsi mitigé, devenait une erreur relativement peu dangereuse, qui ne compromettait en rien la morale, et ne détournait point l'aspiration religieuse de son véritable objet, il n'en était pas ainsi de l'anthropomorphisme grossier dont les

Xeiioiili., McmoraO., I, 7, 6'i.

CIIIlZ SOCa.VTE ET SES SUCCESSEURS. ill

philosophes seuls, juscpraii temps de Sociale, avaient su affranchir leur théodicée : aucune interprétation n'en pouvait pallier l'absurdité ni le péril. Nous voulons parler surtout de cet anthropomorphisme moral qui attribuait aux dieux les passions, les haines, les discordes, les livalités des hommes. Un Olympe tout peuplé de dieux, c'était une erreur sur laquelle les sages eux-mêmes pouvaient fermer les yeux; mais cpie cet Olympe fût agité et troublé comme les républiques de la terre par les dissensions et l'anarchie, que ces dieux supérieurs à l'homme en intelligence comme en pouvoir, eussent toutes les faiblesses de son cœui', que le gouvernement du monde, que nos destinées fussent remises là-haut au hasard des suffrages et à la pluralité des voix : ces mêmes sages ne pouvaient voir sans horreur la majesté divine dégradée à ce point et les coupables justifiés par l'exemple des Immortels'. Or, si cette idée n'était pas tellement inhérente à la religion grecque qu'on fût tenu d'y ajouter foi, si nous voyons par exemple Pindare rejeter d'un de ses épisodes une fable qui lui semble attentatoire à l'honneur des dieux; si, en un mot, une piété éclairée savait laisser de telles extravagances à la superstition, celle-ci n'était que trop autorisée par les traditions mythologiques, par les récits de l'épopée, par les

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