V. Plat., Eulhypkr.y 5 E sqq., cd. Stallbaum
allégories plus récentes de i'oipliisiiie, à les admeltre aveuglément. Aussi, est-ce à cet anlhroponiorphisine moral que s'est attaqué uniquement Socrale, comme au seul obstacle vraiment redoutable (|ue la saine religion rencontrai dans les croyances de son pays.
L' Euthyp/iron, un des rares dialogues de Pla« ton que des circonstances hisloricjues, et le caractère même d\ni enseignement élémentaire et pratique avec élévation, permettent d'attribuer àrinspirationdirecle de Socrate,est le monument à consulter pour la partie critique de la théologie de ce philosophe. Euthyphron est un dévot, qu'un scrupule religieux pousse à cette étrange extrémité, de demander en justice la mort de son père. Un passage cuiieux d'Hérodote nous a fait voir comment le mystère se mêlait à ce que la religion grecque avait de plus grossier. La raison qu'allègue Euthyphron est mystérieuse aussi : il invoque cette loi divine ^ (oaiov, fus) dont les piètres seuls possèdent conqjlétement la lettre et dont nul ne connaît les motifs. Tout au plus sait-il ré[)ondre à Socrate (jue la piété est ce qui j)laît aux dieux '■'. Socrate n'a pas de peine à tirer des discordes, prêtées par Euthy- [)hi on même aux habitants de l'Olymjje, un aigument péremploiie contre cette définition, dont la conséquence serait, dans un tel système,