ET LA CONDITION HUMAINE
<c de l'airain, et ceux qui tuent, et ceii\ qui sont (f tuc's ^ » La vue du sani; versé enchante sa curiosité cruelle. « Pour moi, » dit-il ailleurs (an moment où un combat plus terrible va partager les dieux mêmes), « je resterai assis dans un coin « de rOlympe, et je goûterai les charmes du « spectacle ^. » La douleur des chevaux d'Achille, en tant qu'immortels sans doute, l'émeut plus que la mort du maître qu'ils pleurent. « Ah ! malheureux, pourquoi vous avons-nous « donnés au roi Pelée, à un mortel, tandis que « vous êtes exempts de la vieillesse et de la « mort ^ Etait-ce pour vous faire partager les « douleurs des misérables humains? Car rien, « non, rien, n'est plus infortuné que l'homme, « de tout ce qui respire et marche sur la terre ^ . »
Cette idée de la profonde misère attachée à notre condition n'est pas moins familière à l'antiquité primitive que celle de l'inhumanité divine. A ses yeux, le malheur a une telle affinité avec notre être, qu'il se communique d'homme à homme par des voies incompréhensibles. C'est peu qu'Hésiode menace d'infortune héréditaire la maison du parjure ', puisque, en revanche, il promet au juste des enfants plus heureux que lui-même. Mais comment, dans un poëme où il célèbre l'équité de la Providence, peut-il nous