Arist., Metaph'js., A
consulter Aiistote sur le point impaifailemenl ëclairci par ses devanciers.
« Nul n'est méchant volontairement, » avait dit Platon. Cette méprise capitale pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour le dogme si bien établi par Platon lui-même : car on pouvait en conclure que, si l'homme pèche, c'est que les dieux l'y forcent, soit en abusant son esprit, soit en lui inspirant des passions insurmontables. Aristote ramena le mal moral à sa véritable origine, en le déclarant imputable à l'homme seul ' ; et, par là, il sut préserver son Dieu insensible du soupçon qu'une théoiie morale imparfaite faisait peser sur le Dieu bon de la théodicée platonicienne.
Ainsi s'achève chez Aristote ce qu'on peut appeler la justification de la providence. Entièrement méconnu pai- la religion grecque, professé par une partie des pythagoriciens, défendu et j)ropagé par Socrate , adopté par Platon , rejeté ensuite par Aristote, le dogme de la bonté divine ne trouva pourtant que dans la morale de ce dernier son indispensable complément. Dès lors, l'ancienne superstition, bannie à jamais de l'enseignement des philosophes et de la croyance des esprits réflécliis, ne subsiste plus que grâce à son étroite liaison avec les autres