‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 162 sur 181 · MAGIE ET DIVINATION · texte numérisé non relu

MAGIE ET DIVINATION

ce privilège semble avoir été liérédilaire ')> «in talent inné ^ de divination, (jiii j)aiaît n'avoir différé de la faculté prophéti(|iie ciu'en un point, à savoir que l'exeicice en était volontaire, au lieu d'être piovoqué invinciblement par la présence d'un dieu inspirateur. Quoi qu'il en soil, la divination était ordinairement considérée connue un art véritable, (pii avait ses procédés et ses règles, Bornée en généial à l'interprétation des signes envoyés par les dieux^ elle n'était pas une usurpation de leurs prérogatives. Le devin n'entreprenait point sur la prescience divine : il se bornait à la consulter; et c'était d'elle qu'il tenait tout son crédit :à tel point que, pom- établir l'existence de cet attribut, Xénopbon s'autorise de la divination, comme d'une pratique qui suppose ce qu'il veut prouver^. Aussi celte méthode pour connaître l'avenir élait-elle nonseulement tolérée, mais encore recommandée par la religion grecque.

Cependant, cbez les anciens mêmes, l'efficacité de la divinatiqn était l'objet de doutes nombreux et des plus libres attaques. Euripide surtout fait à cette superstition une guerre acbai-

1. Voir M. Alfred Maury, Ilixt. des religions de la Grèce, loin. II, page 401.

•}.. Herodot., IX, 9'i.

3. Xonopli., Sympos., IV, 47. — Socrate lilAmait foninie irréligieux les lioiiimes qui n'y avaient pas recours, selon le ini'-ine Xt-uoplion {Mentor., I, 4).

née ^ : et il est probable qu'elle n'a jamais été un article obligatoire de religion. Il va plus : permise, et même encouragée, tant qu'elle restait entre certaines bornes, la divination ne pouvait les francbir sans sacrilège. C'est ce qui résulte de riiistoire de Phinée, telle qu'elle est racontée par Apollonius de Rhodes. On y voit que Phinée, doué par Apollon de la faculté de prédire, devint aveugle pour avoir osé dévoiler aux hommes la sainte pensée de Jupiter. Le poète nous le montre corrigé par celte triste expérience, et ne voulant instruire les Grecs qu'en partie des destinées qui les attendent , parce qu'il ne lui est pas permis de les leur faire connaître entièrement : « J'ai failli, » dit-il , « lorsque, dans mon délire, cf j'ai osé révéler complètement la pensée de « Jupiter-: lui-même, dans ses oracles, il ne décf voile qu'à demi l'avenir aux hommes, afin « qu'ils ne lisent pas jus(ju'au fond dans les (( secrets des dieux ^. » La cécité qui atteint Phinée lui est d'ailleurs commune avec plusieurs devins célèbres dans l'antiquité, tels que Tiiésias^, et cet Événius dont parle Hérodote 'î. Oi-,

1. Eurip., fphig. Aul.,\. 956; Helen.,7ii; F/-a(7m. , 944, collecl. Didot. Cl. Hesiod. Fragm., 124, coTlecl. Didot ; Sopliod., a-.d. H., 3.j7, 709, 74:5.

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