LA LOI DE PARTAGE ET LA FABLE DE PROMÉTHÉE
Les plus anciens monuments de la religion grecque nous montrent l'univers et l'Olympe même assujettis à l'empire d'une loi mystérieuse, sorte de dieu suprême sans passions, sans figure, sans légende, sans généalogie, sans personnalité, relégué par delà les cieux, dans un lointain inaccessible à l'imagination comme à la prière. Les mots de destin et de fatalité, par lesquels on est convenu , dans notre langue , de désigner cette loi, en donnent une idée peu exacte : nous l'appellerons loi de uartai^e *.
1. Proprement, c'est le lot ou la part; en grec habituellement (xoTca. Du même ordre tl'iflées procèdent les mots (AÔfiOî, alsa, vs'fxEffi;, Méyaiça (nom d'une Furie, de asyaipa), envier), Aâyeai;, le latin l'arca. On fail venir fii-néiaienicnt ôaiawv de oay;awv d'après Platon {Ciadjl. , 398, B). Il parait Ijcaucoiip plus simple et plus raisonnable de le rapporter à ôaîofxai , ôaivjixt : en effet , dans le passaj^e classiciue d'Hésiode , les Sa{[iiove; sont représentés comme chargés de la disfributlon des l)iens, et qualifiés tz'/.o-j-oooxxi (0pp. et dd. v. Hl). L'idée de partage se retrouve encorii dans î-.aasLiîvr, ; celle d'attribution, dans 7t£7:pto|X£VY), (pii se rattache é\iden)mt'nt au iiiènie \erbe que sTtopov, soit l'inusité TttTtpwffxw,