Id., Pyth.. X, V. cit
3. <l>66vo; ô' àTîÉCTTw (A(jam., V. 904). Les| louanges exagérées excitaient la jalousie divine contre la personne qui les recevait. V. Aul. Gell., IX, 4; cf. Hoin., fkhjss., IV. 74 sq(|. (passage cité plus haut).
4. Tov <t>f)6vov oàîîçôiT/.'j'îov (So[)liocl., P/iiloct., v. 7"fi).
ô. On craciiait dans son sein pour détourner de soi les représailles de la jalousie divine (Plin., ///a7. .Vo^, XXVIII, 7; Liician., .l/>o%. pro mcnccl. comlucl., 6; Anlhol. Gr., lib. IV.tit.XII, ep. 109, éd. de Bosch). Ce préservatif parait d'ailleurs avoir été dun ein|iini général contre les niau\ais présages : A-î-TOua, repond Hécube à une prédiction
.•52 THÉORIE [)!-: LA JALOI SIK
le rituel destiiif' à prévenir les effets funestes de la jalousie humaine, c'est-à-dire à écarter de soi la fascination, à conjurer l'influence du mauvais œil ' .
M. Naegelsbach, après d'autres ', est allé jusqu'à rapporter à l'idée de la jalousie des dieux l'origine de ce dernier préjugé. Ce qu'il est du moins permis d'affirmer, c'est que, dans l'esprit des Grecs, ces deux superstitions se touchaient de fort près. Je ne parle pas des nombreux passages où il est fait mention de la jalousie d'une manière si générale et si vague, qu'on ne sait si l'auteur a voulu désigner la jalousie des hommes ou celle des dieux , ou si plutôt il n'a pas eu en vue l'une et l'autre à la fois. Mais, de même que la jalousie humaine est considérée
sinistre de Polymestor (Eurip., Hecub., v. 127fi). " Quidam non sperlîendi auctores iiiter amiileta connumerant in editarii urinain exspuere, et siiniliter in dextri pedis calceaiuentuin, antequain induatur. Quod etiam salulare esse aiunt, cuin quis perlotiim aliqueiu transit, ia quo periculum ,sibi imniinere verotur(i>e iV/sci^o, auctore I^eonardo Vairio, Parisiis, lô83, page 55). » Lorsqu'on voulait demander pardon au\ dieux de quelque parole iin|iru(ienle, on s'appliquait le quatrième doigt sur la bouclie, puis derrière l'oreille, ;i un endroit ajipelé endroit de Aémésis (Plin., Hisl. j\'nt., XI, 45).
1. Plin., Hist. Nal., XXVIII, 7 ; cf. l'Iieocrit., Idyl., VI, .{4 : ïi; (aV) paazavôài 0£, T&i; el; ê[j.ôv êuTUffa xôÀnov.
2. ISaegelsliacli, Aac/i/iotnerische Tfieolugie, § 32. — Ueuiocri te expliquait le pouvoir du mauvais œil par des ettluves de nature maligne (lui, partant de l'envieux, allaient s'attacher à la personne en butte à sa jalousie, et devenaient pour elle un principe de trouble |)liysique et mental (Plut., Sijmpos. Qii.ist., V , 7, 0). Ce dernier trait rap|ielle Até, l'esprit d'iinjjrudence et d'erreur, ministre habituel de la jalousie divine.
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connue se manifestant et s'exercant même par le regard ', de même que l'œil de l'envieux passe pour malfaisant, ainsi que le prouve, sans cliercher [)lus loin, la double signification du verbe grec qui répond à notre mot fasci ne r'^, de même les dieux lancent par les yeux le malheur ou la mort sur les objets de leur jalousie. Agamemnon parle de « la jalousie de l'œil des dieux » connue d'un trait dont il craint d'être atteint^. « Trop « de gloire, » dit encore Eschyle, « une gloire (( enviée est un lourd fardeau : car les yeux de Ju* « piter lancent la foudre^. » On objectera peutêtre que ces assimilations, chez Eschyle, peuvent être imputées à la poésie, aussi bien qu'à la religion. Elles prouvent du moins qu'à son sens les deux jalousies étaient identiques, sinon quant à leurs effets, du moins quant à leur nature ^.
Tout nous force donc à reconnaître que l'anthropomorphisme, en transportant ce sentiment chez les dieux, lui avait laissé son caractère. Et ainsi, soit que, partant de l'idée de jalousie humaine, liée à la superstition du mauvais œil, les Grecs attribuassent à la même j)assion transportée chez les dieux une efficacité analogue ; soit que, comme paraît le croire M. INaegelsbach, ils
1 Pindar., A'em., IV, 64. Cf. Stob., Ftoril , XXXVIII, 6, 10.
■'. Ba(7y.aiv£'.v.