V. Virg., JJneid., III, v. 111 gqq
102 i;iDÉE DE NÉjMÉSIS
tic la prospérilé? 11 faut ra{Dj)eler ici que d'une jiact, dans les idées religieuses des Grecs, la nécessité est le caractère constant du cliâliment, et que de l'autie, à considérer JNémésis comme la gaidienne de l'ordre éternel, une telle Providence, aux yeux du vulgaire, ne devait pas différei- sensiblement de la Destinée. Aussi, distinctes sans doute au temps de Pindare et d'Escliyle, dont le premier ne fait nulle part mention d'Adrastée, tandis que le second n'adore vraisemblablement en elle qu'une j)ersonniricalion de la Nécessité, différente encore de Némésis ', la déesse de Pbrygie et celle d'Atli(|ue commencèrent veis l'époque, sinon d'Euripide ^, au moins d'Antimaque et de Platon, à n'en faire qu'une dans la croyance populaire, au mépris de la tradition maintenue jusque dans les derniers temps par la fidélité des érudits^. Dès lors, Némésis devient N érnésis- A drasU'e , c'est-à-dire (|u'une idée nouvelle, celle de nécessité, s'adjoint aux deux idées de lu'incsis et de jalousie divines, déjà associées et peisonnifiées l'une et l'autre en Némésis.
Laressend)lance d'attributions que nous avons signalée entre les deux déesses a sans doule faci-
1. ï>.cliyl., Prom., v. 93.j. Telle est l'iiiterprétation de M. Nœgelsbach {Aarhhomerlsche Théologie), p;i^. 144, et pa;,'. 48, nol. 2.
5. L'iiieerfitiide sur ce [loiiit |ii'ovicnt de celle ([ui règne an sujet de rautlienticilé du Jihésiis, la seule pièce du théâtre d'KMri|)iilf où soit noiiiinéc Adraslc'c
.'5. Kiislatli., loc. cit.; Suidas, voc. 'Aopâa-e'.a.