LA LOI DE PARTAGE
le téméraire qui l'a bravée, de satisfaire sur le Titan un courroux qu'il a seul provoqué. Ce châtiment infligé, cette vengeance exercée, il lui reste à remédier au progrès accompli par riionune en dépit d'elle-même, en lui faisant perdre l'équivalent de ce qu'il a gagné. Le tour des dieux est venu ; c'est à eux à parler, comme dit Homère : ils aiu^ont le dernier mot. Pandore, un déchaînement de fléaux, compenseront la conquête du feu; et l'humanité n'aura recouvré le premier instrument de son industrie que pour tomber sous la domination déflnitive du Mal.
\insi l'antique fable de Prométhée nous initie déjà à l'idée d'une providence dont la fonction n'est proprement ni de conserver, ni de rémunérer ou de punir, mais de réparer, et de rétablir Tordre ici-bas. quand TandDition humaine a réussi à le troubler.
Nous n'insisterons pas ici sur cette conception, que nous rencontrerons souvent dans la suite de nos recherches : nous nous bornerons à remarquer dès maintenant que, dans la religion primitive des (Irecs, elle n'est nullement accidentelle : au contraire, elle s'y montre comme »;i naturellement liée aux croyances fondamentales, (|u'elie ne peut presque en être détachée. Si la loi éternelle, dans ce système, était une fatalité absolue, qui, par le seul fait de son existence, im|)li(piât négation de la liberté humaine;