Plat., Alcibiad. II, pag. 138 C, édit. Stallbaum
5. Tlieogd., V. 446. Cf. Hom. Hymn. Cerer., v. 147; Biant. ap. stob., Floril , m, 79.
6. V. Sophocl., Elect., v. 1171 sq. — c'est encore en vertu du même i)iMicipe que la sagesse grecque condamnait les ressentimenrs implacables (Arist., Rhet. ,Tl, '^1, 2).
no L'IDÉE DE NÉMÉSIS
faits en les importunant de sa reconnaissance. Heureux ou malheureux, il avait soin de se montrer toujours le même ; et s'il eût osé former des vœux, il aurait demandé au Ciel de le maintenir jusqu'à la mort entre l'état où l'on n'a plus rien à perdre, et celui où il ne reste rien à souhaiter. De toutes les menaces du Sort, aucune ne lui paraissait plus à craindre que ces faveurs prolongées qui font croire à sa constance. Le bonheur l'effrayait, d'abord parce qu'il le jugeait aussi difficile à supporter que la peine ^ ; puis , il se demandait avec inquiétude si la divinité ne rélevait pas pour le précipiter de plus haut*. Entendait-il la Fortune heurter à sa porte coup sur coup ^, il allait jusqu'à se dépouiller luimême de quelque objet favori : c'était, disait-il, afin d'apaiser les dieux, qui, sans doute, étaient irrités contre lui, car ils le comblaient de biens. Redoutant toujours pour lui-même tous les malheurs, il se faisait une loi, non-seulement de respecter l'adversité d'autrui^, mais encore d'y compatir^. Il était plein de vénération pour la mémoire des morts, pensant à l'heure inévitable qui lui donnerait droit aux mêmes hommages. Ses esclaves trouvaient en lui un bon maître, qui croyait acquérir un titre à la faveur