Diog. Laert., IX, 8; Refut. omn. hœres
AVANT SOCRATË. 180
écoulement dont il faisait l'état même de l'univers. Mais ce dualisme apparent se résolvail, en dernière analyse, dans un véritable panthéisme : tous les contraires, y compris le bien et le mal, venaient, d'après Heraclite, se confondre au sein de la divinité, assimilée elle-même au monde, son ouvrage ^
On peut dire que le système d'Heraclite résume tout l'enseignement des philosophes ioniens, y compris le scepticisme, que les sophistes devaient en tirer. Celui d'Anaxagore semble provenir au contraire d'un effort pour rompre avec les traditions de cette école matérialiste. Anaxagore excluait également du gouvernement de ce monde la fortune et la fatalité qu'il appelait un mot vide de sens^. S'il n'admettait pas la création, il croyait du moins à l'organisation de la matière par un second principe, l'intelligence, qui ne participait en rien du premier-^. En persistant dans cette voie, il semble qu'il aurait dû amener le dualisme à ce compromis avec l'optimisme dont la doctrine du Timée offre un si bel exemple. Mais il resta en chemin, si l'on en croit Platon 4, faute d'avoir su suivre