‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 13 sur 180 · Il, XIX · texte numérisé non relu

Il, XIX

3. Selon Tauteur des Cliants ci/priens, c'était par compassion pour les fatigues de la Terre que surchargeait l'extrême multiplication du genre humain {Cijcli fragmenta, éd. Didot,IX, I). Euripide emploie comme à plaisir celte invention, où se marque si bien l'indifférence des dioux à regard des liommes , et va jusqu a prêter à Jupiter l'intention

' de faire du mal aux Grecs et aux Troyens [Hclen., vv. 36-40; ElecLi "^ \. n?,9. sq.: Oresf., v. 1039 sqq.; Fragin., 9:>0, éd. Didot).

ce de l'airain, et ceux qui tuent, et ceux qui sont (c tués ^. » La vue du sang versé enchante sa curiosité cruelle. « Pour moi, » dit-il ailleurs (au moment où un combat plus terrible va partager les dieux mêmes), « je resterai assis dans un coin « de l'Olympe, et je goûterai les charmes du ce spectacle ^. » La douleur des chevaux d'Achille, en tant qu'immortels sans doute, l'émeut plus que la mort du maître qu'ils pleurent.^ ce Ah ! malheureux, pourquoi vous avons-nous ce donnés au roi Pelée, à un mortel, tandis que ce vous êtes exempts de la vieillesse et de la « mort? Etait-ce pour vous faire partager les ce douleurs des misérables humains? Car rien, e< non, rien, n'est plus infortuné que l'homme, ec de tout ce qui respire et marche sur la terre ^ . »

Cette idée de la profonde misère attachée à notre condition n'est pas moins familière à l'antiquité primitive que celle de l'inhumanité divine. A ses veux, le malheur a une telle affinité avec notre être, qu'il se communique d'homme à homme par des voies incompréhensibles. C'est peu qu'Hésiode menace d'infortune héréditaire la maison du parjure '', puisque, en revanche, il promet.au juste des enfants plus heureux que lui-même. Mais comment, dans un poëme où il célèbre l'équité de la Providence, peut-il nous

Page 1