‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 151 sur 180 · Diodor. Sic, XI · texte numérisé non relu

Diodor. Sic, XI

3. Plutarch., V. Mai:, XXTIf, 1 (pag; 4(8 C) ; Pomp., XLII, 5 ( page 641 E) -, cf. Alcib., XXXIII, 2 (pag. 210 A). Philopœm., XVIII, 3 (pag, 366 E); surAdrastée : Moral., pagg. 564 et 657 (682 et 798, éd.Didot); Fragm., pag. 37, même édition.

4. Voir, par exemple, Gruterj Inscription., pag. 80, m\. 1-6. — A cette Némésis-Fortune était sans doute emprunté le nom de ces Nemesiaci dont il est question dans le Code Théodosien (XIV, 7, 2). « Superstitiosi homines, » dit Forcellini, « fuisse dicuntur vanique futurorum divinatores, qui, simulacra deorum circumferentes, falsam divlnationem venditabanl. Ita Gotliofred. » On lit dans le lexique d'Hésycliius : 'AyaBri Tûx.yi • i?) Ns[jl£(71ç v.où ii 6é\iii;.

injuste ennemie Ainsi, à la jalousie d'Hérodole, mystérieux auteur de tout ce qui se passe ici-bas d'inconcevable, avait succédé dans l'histoire une personnification de cet élément de justice qu'un coup d'oeil plus profond démêle dans le chaos des vicissitudes humaines. D'autres, fidèles au nom de Némésis, se contentaient encore, bien longtemps après, d'y associer cette même notion d'une providence, que Thucydide en avait détachée. Dans ce nombre il faut compter Ammien Marcellin, qui, vivant dans l'extrême décadence du paganisme, n'a pu échapper tout à fait à l'influence des doctrines chrétiennes. Peut-être doit-on rapporter à cette influence la définition suivante de Némésis-Adrastée, assurément moins conforme que ne le prétend l'historien à l'ancienne théologie : «C'est, » dit-il, « l'attribu- « tion sublime d'une divinité puissante, qui, « selon l'opinion, plane au-dessus du cercle « lunaire, ou, comme d'autres la définissent, « une Providence substantielle, dont la puis-

1. Thucyd., v, 104 et 112. — Polybe paraît confondre encore ces deux pouvoirs si distincts dans le passage où il reproche aux historiens de l'époque précédente de faire intervenir la Fortune ou les dieux pour expliquer des événements dont les causes étaient pourtant accessibles à l'intelligence humaine {Hist., XY, 34, 35 ; cf. XXXVII, 4). Et, de fait, si pour le philosophe rien ue diffère autant que la Fortune et la Providence, c'est tout un pour l'iiistorien, qui doit ne s'inquiéter que des ressorts naturels, et se borner, quant au reste, à un aveu d'ignorance. — Polybe, d'ailleurs, paraît attribuer lui-même à la Fortune une grande part dans les événements du monde (V. Hist., I, 4 ; xv, 6, 8). Il la représente dans son épilogue comme une puissance jalouse des

« sance générale préside aux destinées particu- « Hères ^. »

Ces idées élevées n'étaient pas de nature à devenir populaires. A plus forte raison faut-il en dire autant des assimilations, encore bien plus arl)itraires, de la théologie syncrétiste. Le rapport évident qui unissait Vénus à la Némésis de Rhamnunte, ainsi qu'aux nombreuses statues auxquelles le chef-d'œuvre d'Âgoracrite avait servi de modèle, paraissait justifier ces tentatives de l'esprit de système. Une statue de Junon, décrite par Lucien, offrait un pêle-mêle surprenant des attributs les plus divers, dont quelques-uns étaient empruntés, selon lui, aux représentations de Némésis, tandis que d'autres rappelaient Athéné, Aphrodite, Séléné, Rhéa, Artérais, les Mœres ou Parques ^. Cette statue était comme un emblème de la manie de tout confondre qui possédait alors la théologie. Dès longtemps Démétrius de Scepsis avait prétendu que le nom

hommes, qui s'attaque surtout à ceux de leurs avantages qu'ils croyaient le mieux assurés. On reconnaît à ce trait la némésis divine,

1. Amraian. Marcellin, lib. XIV, 11. {Ci. Etymologie. magn., \oc. n£Trpw[j.Évov. ) Au même endroit, Amraien attribue à Adrastée une fonction toute nouvelle, celle de récompenser la vertu. Ailleurs (XXII, 3), il ia représente comme avertissant, avant de le frapper, l'homme qui abuse de sa prospérité : autre adoucissement apporté à la rigueur de la doctrine traditionnelle.

2. Lucian., De Syr. dea.— Il serait d'ailleurs injuste d'oublier que ce syncrétisme arbitraire des anciens a frayé la route au syncrétisme scientifique d'une grande école moderne.

d'Adraslée n'était qu'un surnom d'Aitémis \ Isis, dans Apulée, se présente à Lucius comme la mère el la souveraine de la nature, appelée selon les temps et les lieux par les hommes Mère des Dieux, Minerve, Vénus, Diane, Proserpine, Cérès, Junon, Bellone, Hécate, Déesse de Rhamnunte, et enfin, de son nom véritable, îsis*. Macrobe voyait dans Néniésis, au lieu d'un symbole moral, une image du soleil, qui fait succéder l'ombre à la lumière et la lumière à J'ombre 3. Un auteur inconnu, qui paraît avoir eu la prétention, renouvelée du pytbagorisme, de ramener la religion et la morale à la science des nombres, assimilait à ]si pentac/e ou au nombre cinq Némésis avec la Déesse de Bubaste , Aphrodite, Pallas, Melpomène, la lumière, la justice, de même que plusieurs autres divinités ou êtres abstraits *.

Malgré cet oubli et ces altérations systématiques de la tradition, la croyance d'Hérodote se conservait , par une sorte de routine littéraire, chez les érudits et les écrivains. Des historiens, comme Diodore de Sicile et Denys d'Halicarnasse , y recourent encore pour donner une

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