‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 48 sur 180 · V. Ovid , Metam., I, 82 ; Hygia., Fab-f · texte numérisé non relu

V. Ovid , Metam., I, 82 ; Hygia., Fab-f

5. Diod. sicul., V, 55 ; Strab., XIV, 654. — On considérait de même comme des enchanteurs ces Dactyles de l'Ida, qu'ime autre tradition

En effet, si les Grecs croyaient le pouvoir bumain susceptible de s'accroître de certaines facultés surnaturelles, ils n'admettaient pas qu'il pût, dans cette extension, transgresser impunément certaines rèsrles et certaines limites. Oij finissait l'usage, où commençait l'abus, en fait de magie, comme aussi en fait de divination, jusqu'oii allait en ces matières la tolérance des dieux, quelles entreprises, en un mot, rendaient le devin , le sorcier, justiciables de la némésisy une telle recberche occuperait ici une place disproportionnée à l'intérêt qui peut s'y attacher^. Au contraire, les préventions accréditées, à une époque si éloignée de nous, contre des branches toujours florissantes de l'industrie et de la science peuvent encore exciter quelque curiosité et suggérer quelques réflexions.

Une liaison étroite à l'origine ^, suivie d'une

donnait pour les premiers artisans qui eussent travaillé le fer (Schol. Apollon. Rliod., I, 1129, et Auctor Phoronidis, ibid.). Voir aussi, dans le Journal de l'Instruction publique du 26 février 1862 et suivants, les savants articles de M. Rossignol : Des Origines religieuses de la métallurgie.

1. Voir, au surplus, l'appendice qui suit cette thèse (n° l).

2. Ce rôle de la magie comme auxiliaii'e de la médecine est attesté, entre autres preuves, par ce passage de Pindare, où sont réunis tous les procédés médicaux, ou prétendus tels, que l'on connaissait de son temps. Il s'agit d'Esculape :

Toyç [jLÈv (ia),axaïç ÈTiaotôatç àjxcpÉTtwv,

4>âp[jiaxa, xoùç oï TO[i.aï; écTTOcrev ôp6oû; (Pyth., III, 91). Il y a des médecins dans les poëmes homériques. Cependant, certains

coiiCLiri-ence dont Hippocrale se plaignait déjà ^ et qui n'a point tout à fait cessé, nous autorise à rapprocher de la magie la médecine. La légende d'EscuIape, foudroyé pour avoir ressuscité un mort ^, atteste à la fois et cette parenté primitive de deux arts fort différents aux yeux des modernes, et la surveillance que la jalousie divine passait pour exercer sur l'un comme sur l'autre.

maux physiques, sinon tous indistinctement, sont représentés dans un passage de VOdyssée comme des fléaux envoyés par la divinité, auxquels l'homme ne saurait se soustraire :

NoOdov y' ouTtto; èav. Ato; [AEYaXoy à),£'œcr8ai (Od., IX, V. 411).

Ce qui est plus étonnant, c'est qu'une contradiction analogue se retrouve dans les écrits liippocratiques, au sujet de certaines maladies dont on attribuait l'origine à la colère des dieux (Hippocrat-, IIeoI àspwv, OSaTMv, TTOTtcov, cap. 22, éd. Littré ; Ilepi yuvaiy.eiY); çûato;, cap. 1 ; IIpoYvtocrxiy.ov, cap. 1) : voir, à ce sujet, l'argument mis par M. Littré en tête de ce dernier ouvrage; voir aussi Hérodote (I, 113 -, III, 33). Le fameux serment hippocratique ( tom. IV, pag. 628 ) ne renferme aucune mention de ces maladies mystérieuses, ni de leur traitement.

1. Ou celui de ses disciples immédiats auquel est dû, selon M. Littré (v. tom. I, pag. 354, de son édition in-S"), le curieux écrit i)e la Maladie sacrée. Les sorciers-médecins du temps y sont accusés de sacrilège (chap. i), à cause des pratiques religieuses ou superstitieuses dont leurs opérations étaient accompagnées.

2. Hesiod., fragm. 34, éd. Didot; Pindar., Pyth., 111, 95; Euripid., Alcest., V. 127, cf. V. 4, et Schol.; Pherecyd., fragm. 8, éd. Didot j Orphica, fragm. 55, édit. Tauchnitz; Virgil., JU/ieicZ. , Yll, v. 770 sqq.; Hygin., Fab. 49; Origen,, Eefui. hseres., IV, 32. Cf. Pausan., Il, 27; .'Eschyl.,.4f)'fl??i., V. 1022; Xenoph., De Venat., I, 6; Plat., Repub., 408 c. — Eratosthène ( Catasterism., 6) dit que les succès d'EscuIape avaient fait craindre aux dieux la ruine de leur culte. — Les Euménides, dans Eschyle, reprochent à Apollon un méfait analogue à celui d'Escu- Iape : la prolongation de la vie d'Admète, au mépris des déesses de la Aestinée {Ezimenid., v. 723).

Une tradition ajoutait même que, à la suite du châtiment infligé àEsculape, l'exercice de la médecine avait été interdit, pour ne recommencer qu'environ cinq cents ans après, sous le règne d'Artaxerxès, roi de Perse, grâce à l'initiative de l'Asclépiade Hippocrate ^.

Jusqu'ici, la jalousie des dieux semble réserver toutes ses rigueurs pour l'ambition qui porte l'homme à reculer les bornes de son pouvoir, de son bien-être ou de son existence.

L'ambition de l'esprit avait-elle aussi à redouter les défiances divines? Les trésors de la science étaient-ils également assujettis à un niveau qui ne pouvait être excédé sans péril? La doctrine grecque sur ce point n'était pas plus rassurante. « On demanda aux Nasamons, » dit Hérodote^ « s'ils n'avaient rien de nouveau à dire touchant « les parties désertes de la Libye : ils répondirent « qu'il y avait eu parmi eux de jeunes orgueilce leux (ûêpicTOç) , fils de personnages puissants, « lesquels, parvenus à l'âge d'homme, entreautres « entreprises ambitieuses, avaient chargé cinq « d'entre euxj désignés parle sort, d'aller visiter les « déserts de la Libye et d'y pénétrer, s'il se pouce vait, plus avant qu'aucun des précédents voyacc geurs 2. » Les Nasamons nous semblent un peu sévères pour une curiosité qui aurait pu abou-

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