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taban , menacé du courroux des dieux pour avoir tenté de s'opposer à l'exécution de leurs desseins, cesse de faire entendre la voix de la sagesse au malheureux dont ils ont juré la perte. Dès lors le vertige s'empare de cette tête condamnée. De folles entreprises sur le domaine des dieux et l'ordre établi dans la nature , la vengeance sacrilège exercée sur un élément^, un acte de barbarie atroce et inutile^, annoncent que le maître de l'Asie est désormais la proie des dieux jaloux de la Grèce ^, qui, pour le punir d'être venu les braver, s'en font un jouet, avant de le prendre pour victime.
Nous touchons au point culminant, pour ainsi dire, de l'histoire d'Hérodote, à l'instant où Xerxès, qu'une course furieuse emportait déjà vers l'abîme, semble près de rentrer en lui-même et de se reconnaître. Une visite aux ruines de Troie, une alarme nocturne, ont précédé et préparé peut-être cette péripétie morale. L'historien nous transportée Abydos,oiJ le monarque, assis, contemple son armée. Alors (est-ce à l'imagination d'Hérodote qu'il faut faire honneur de cet épisode, dont la sublimité pathétique rappelle les derniers chants de V Odyssée ^ï), alors, dis-je,