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2. OùSàv àKtSvoTspov yaïa TpÉçsi àvOpuTtoto. (Homer., Odyss., XVIII, V. 130.)
168 L'IDÉE DE rvÉMËSiS
serait fait scrupule de parler iuconsidéiériieiit du bœuf Apis, et la religion égyptienne avait des mystères qu'il eût craint de révéler^. En général, il croyait la divinité moins touchée des hommages que des soins qu'on prend pour ne pas lui déplaire, et des hymnes que du silence*. Comme elle dispose seule de l'avenir, jamais il n'osait prédire que telle ou telle chose n'arriverait point ^. Se taire à propos, ne parler jamais des dieux qu'avec réserve, ne pas compromettre leurs noms dans des parallèles messéants, même avec d'autres dieux '^, prendre garde siutout de les offenser par l'apparence d'un blâme, et dénaturer plutôt une légende accréditée que de paraître les réputer faillibles^, c'était la règle de son langage jusque dans l'abandon des entretiens familiers.
Il savait par l'exemple de JNiobé que les dieux tiennent à honneur d'être heureux et de passer pour tels : aussi se gardait-il bien de se prévaloir d'aucun avantage ou de se féliciter d'aucun succès. 11 ne tirait vanité de rien, à moins que par inadvertance, et alors il se hâtait d'implorer le pardon de la divinité, principalement de la Jalousie ou d'Adrastée-Némésis. Venait-on à le louer avec excès, on le voyait aussitôt changer