LES LAZARETS ET LES Q\ ARANTAINES
La nioii est suspendue au souille de sa bouche, Eu le fuyant tu vis, tu meurs si tu le touche, huis...» Ah, dût-on s'attendre au plus affreux destin: Du Temps que rien n'émeut dût L'inflexible main Au chevel du mourant fixer sa faulx cruelle, Mourons, mais portons-nous une aide mutuelle. Honteux de consentir par de lâches relus A nous déshonorer pour vivre un jour de plus!...
Mais quel est le typhus dont la bouche perlid. Souille toujours vivace <i toujours homicide.1 Ne peut-on, sans périr des germes du poison, Humer l'air que \i< ie un étroit horizon?... Oh! non, l'épidémie échappe à toute entrave: Elle aime à s'éloigner de l'homme qui la brave, Et, comme en se jouant de leur timide soin. Frappe sur les fuyards qui se sauvent au loin.
Des plus rudes douleurs dédaignant les étreintes, Jadis on pliait moins sous de pareilles craintes, Et contre un spectre vain nulle principauté Ne se prémunissait de cordons de santé. En vain, rebelle encore aux lois de l'hygiène, La peste envahissante, insatiable hyène, Un demi -siècle entier d'interminables bonds Promenait au hasard ses élans vagabonds, Et traversant les mers, les monts et les vallées, Livrait le genre humain à des coupes réglées ; Comme un jeune homme épris du plus fougueux désir. Insouciant, léger, court après le plaisir , On voyait un Rotrou, sourd au conseil timide, De sa ville affligée échevin intrépide, Voler à son devoir, et sans peur, sans émoi, Ecrire: Aujourd'hui vingt sont morts. . . à demain , moi' ! . .