‹ Némésis médicale illustréeChapitre 11 sur 29 · La sœur Sainte-Marie, à l'Hôtel-Dieu · texte numérisé non relu

La sœur Sainte-Marie, à l'Hôtel-Dieu

13. Tous les médecins qui son) allés étudier le choléra eu Pologne

n'ont pasete également récompenses; c'esl sans doute par un oubli pa

reil à ceux que nous avons signalés que MM Malgaigi t Sédill mit

pas été places sur la même ligne

u\ \ oir, a (•<• sujet, les articles de la Gazette de» Hôpitaua

17. MM Serres et \onal, dans le Mémoire qu'Us ont publié sur ce sujet, comparent, p • l'aspect, l'i stin .i la peau d'un galeux

18. Ceci n'est pas «ne critique des moyens employés, mais un aveu de leur impuissance dans la plupart des cas graves.

19. La rue de la Mortellerie a fourni les premiers et les plus nombreux malades gravement atteints du choléra, et la mortalité a été très-considérable dans les maisons garnies où se logent en masse les ouvriers.

Fouettons d'un vers saoglanl ces grands hommes du juin .

Gilbert.

m. oimi, \.

A toi, fils adoptif, adepte énerguniène Des frelons couronnés de la grand»' semaine, Qui dans le Luxembourg au solitaire seuil A côté de Thénard enviais un fauteuil ; Exotique Amphyon, que la voix cadencée De Némésis ardente apaise la pensée; Contrains-la désormais d'éteindre ses flambeaux, De ses serpents à dard assouplis les anneaux.

\r' SKIIII.

Et des ongles crochus dont on arma sa griffe Dépouille hardiment son terrible hippogriffe. Avec ardeur déjà Ion lyrique démon

Recommence les chants qui charmaient Vaudemon1;

A l'orchestre bruyant artistement se mêle

De son magique éclat ta voix de Philomèle;

Et de ton frais gosier dont I»1 timbre cclairci

Se marie en dièze aux échos de Passy,

Sur mille tons divers l'harmonie opportune

De bémol en bémol assure ta fortune;

Viens, Némésis attend, viens, Orfila, suis moi;

Viens, mon arc est tendu, ma (lèche part : A loi.

Ah! quand de ton retour nourrissant l'espérance Ton pays t'envoyait aux écoles de France, De l'art des Berthollet te montrait le foyer, Et dit : Sous Vauquelin tu vas étudier. Cultiver avec soin sa bienveillance amie. Et changer tout mon or en savante chimie, Pensait-on que livrée aux chances du destin L'Ecole un jour pour loi chasserait Vauquelin !

iOO CINQUIEME SATIRE.

Onze ans, souple el modeste, en des travaux faciles Dépensant avec art des talents mercantiles, Sans génie, il est vrai, mais d'audace animé. Tu moissonnas un grain habilement semé ; T'ai-je alors demandé la secrète influence Qui vers la Faculté tournait ton espérance , Et comment tu rompis le lyrique lien Dont faillit l'enchaîner le cyrque italien; Quel alliage enfin, quel vernis de fabrique D'un momus de salons fit un scribe chimique?

Ah! puisse un médecin au portique sacré, A pied et sans appui modestement entré, Auréoler son front et d'honneurs et de gloire; J'applaudis hautement à sa noble victoire, Et ne m'informe point, enviant son pavois, Si l'accent étranger perce encor dans sa voix.

M. ORFÏLA. loi

Mais toi, toi, qu'as lu l'ail, et quelle œuvre sublime De l'univers savant te mérita l'estime?

Itéponds, qui t'a valu d'étourdissants succès?... Faut-il en peu de mois instruire ton procès, Et, Sisyphe nouveau, de mon juste reproche Jusqu'en la Faculté te clouer sur la roche?

Soit que sous les ciseaux dont tu l'as déchiré Hurle péniblement Thénard défiguré; Soit qu'avec Barruel <l'un sang de femme <m d'homme Tu penses en flairant distinguer un atome, Tandis qu'à tous les yeux un linge desséché, De garance rougi, d'albumine taché, Essayé par l'acide, à s'y tromper simule Le sang que lu voudrais répandre sans scrupule; Soit enfin que, du fond de ton goussel hautain. Où lu lais résonner un opime butin,

A Haspail sans argent en les paris frivoles

Pour gage de combat lu jettes tes pisloles:

Je ris du souvenir de les airs glorieux.

Ah ! pour neutraliser l'acide arsénieux 3,

Grâces à Lesueur, ton éloquent beau-frère ,

Ce Vaugelas nouveau, si fort sur la grammaire ',

A Bunzen, à Lassaigne espères-tu ravir

L'antidote hydraté dont il faut se servir?

Mais on a discuté ta douteuse victoire;

D'un fleuron parasite on dépouille ta gloire;

Et Rose effarouché, que tu trichais au jeu,

Sans craindre un démenti reprend son pot-au-feu5.

On arrache en riant à ton creuset superbe

L'arsenic qu'en nos os a découvert Couerbe ,

Et l'on se tient ensuite à qui rira plus fort,

Lorsque, singe qui prend pour un nom d'homme un port,

De notre Faculté le doyen autocrate

Change Takénius en client d'Hippocrate,

Des veines d'un malade aspire sans raison

Comme d'un robinel le sang et le poison,

M. 0RF1LA. 103

Signale chaque erreur comme une découverte, Et fait du corps humain une cornue inerte ; El puis, sans se douter qu'en un sol sablonneux L'arsenic délayé ûltre et pénètre mieux, Prononce, dût-il faire une double victime, Qu'un cadavre enfoui l'a reçu par un crime ; Orfila le savant fait du doute un devoir, L'ignorance toujours a loi dans son savoir; Mais elle trouve aussi de vigoureux alhlèles, Toujours prêts à sonner ses honteuses défaites, Et qui lui (ont rêver comme un épouvantai] Couerbe ou Hognelta. la Lancette ou Raspail.

T'ai-je encor rappelé que parfois dans les songes L'espoir l'enveloppait de ses liants mensonges; Que des Landré-Beauvais, des Cayol, des Laennec, L'influence jadis eût reçu quelque échec,

Si Frayssinous, Corbière, en leur humeur vandale, Eussent, redoutant moins les éelats du scandale, Osé comme doyen préférer sans danger A des dévols Français un dévot étranger !

Mais lorsque le soleil des brûlantes journées Des (ils de Loyola llétrit les destinées , L'obstacle disparut... Le Français enchanté Des élans de sa gloire et de sa liberté, Du dévot espagnol vit triompher la cause Et se prêta sans peine à la métamorphose. Alors tu lus doyen, et pour quelques moments Ton zèle te valut des applaudissements.

Sous le mur élargi d'une nouvelle école, Déguisant lâpreté de ta rude parole, Tu sus l'art de cacher et tes prochains succès El de ton cœur haineux le fiel anti-français.

Mais à la fin ton pied glissa sur la chaussée ; Et ton ambition trahissant ta pensée, Les faits vinrent parler, le masque sérailla, L'homme fut mis à nu, l'idole s'écroula.

Faut-il te suivre alors jusqu'à l'Académie!... Là, superbe histrion, héros de comédie.

D'un despotisme pur méditant le projet, Des chambres, des Conseils s tu votes le rejet. Et si le rapporteur, agrandissant son rôle, Propose de créer quelque nouvelle école ; Si Marseille, Bordeaux, Houen, Nantes et Lyon Tentent de devenir centres d'instruction ; D'un sacrilège vœu pulvérisant l'audace, Est- il quelque dédain dont on ne les menace? Paris, dont Orlila gouverne le savoir.

Doit rester de notre art l'unique réservoir;

1" SÉRIE. ia

Et si de tes discours on voulait tenir compte, Montpellier et Strasbourg devraient rougir de honte; Écoles sans talents où les cours sont déserts , Où le scalpel se rouille au repos des hivers ! Vous détournez les yeux, ce spectacle vous navre; Vaut-il mieux qu'un doyen tariffant le cadavre, Émule des courtiers des trois et cinq pour cents, Aujourd'hui cote à huit, demain cote à dix francs?

Que Double aux médecins d'une existence égale , D'un titre unique et noble ait rêvé le scandale ; Qu'il veuille au monopole arracher ses tréteaux , Couper au vif école et jurys médicaux; Et que pour expliquer ses réformes utiles Il ose reprocher des votes trop faciles , Énumère des faits de l'École connus Où de sots candidats ont été soutenus;

Aussitôt dans les airs l'orage au loin résonne, Le soleil s'obscurcit, la foudre gronde, tonne, D'effrayantes clameurs la salle retentit, Et jusque sur son banc le rapporteur pâlit. Qui donc a soulevé cette grande tempête; Qui, fanfaron d'honneur, vient de lever la tète.' Orfila... C'est lui seul qui d'un ton arrogant Jette sur le bureau son ridicule gant.

Ali ! que plus haut encor, mais plus mal a ton aise Quand lu veux de ton cours bannir la Marseillaise; Que des étudiants gourmandant le plaisir Tu viens leur demander compte de leur loisir. On l'ait taire, il est vrai, cette sotte exigence; Le châtiment bientôt a payé l'insolence, Kl des mille sifflets pleuvant de tout côté lu mois dmanl, dit on, Ion oreille a tinté.

De quels sifflets encore ont frémi tes oreilles ; Combien as-tu compté de douloureuses veilles, Quand de Paris à Blaye et de Blaye à Paris De la course au clocher tu méritais le prix !

Médecin de Louis, quel singulier mystère , Deux fois t'enveloppant d'un voile salutaire , T'enlève à ton école et suspend tes leçons ? A-t-on de la Vendée éventé les buissons? Sur le sol des chouans quelque Napolitaine A-telle commencé sa récente neuvaine?

Faut-il de ton voyage accuser le hasard, Ou si Deutz révélant quelque amoureux écart , Des rois tes bienfaiteurs vient de trahir la nièce? Habile à pardonner une tendre faiblesse, Dans Blaye aux froids brouillards, aux ténébreux caveaux Engloutis à jamais des mystères nouveaux.

Que vois-je! des deux bras le télégraphe joue; Un nom jadis brillanl <^i traîné dans la boue; Un secret déshonneur est partout affiché, VA le sang des Bourbons avidemenl taché A l'impudique Bourse et se pèse el s'escompte; Le télégraphe alors, si fertile en m compte, Achève sa dépêche et termine son jeu; .Nul pour l'emprunt Ghuebart ne redoute un aveu ; Et quand on ne doit pas lui payer son silence Cet orateur disert n'a point «le rélicence.

Mais s'il rapporte tout, mensonge ou vérité Jamais le télégraphe a t il rien invente1/ Par qui lui fut dicté son sévère langage; Quel est l'auteur caché de ce triste message? Qui donc d'une servante au langage indiscret A dans nue antichambre acheté le secret ,

El supputant à froid le temps et les époques Fait taire habilement des refus équivoques? Quel Vidocq de salon, au discours pénétrant. Arrache à cette mère un oui déshonorant? Qui, fier de cet aveu, Judas de confiance, Trafique d'un secret qu'il a vendu d'avance? Ah ! flétris avec nous, flétris à haute voix Le lâche... de l'honneur il a faussé les lois....

Par nul motif privé mon courroux ne s'explique: Je cote a sa valeur ta vertu politique ; D'hérésie en science à jamais je t'ahsous ; A priser ton savoir, hélas! je me résous; Des recherches d'autrui je te laisse la gloire; En éloquence encor j'habille ta mémoire. Et blâmant l'Institut où deux fois tu reçus L'affront injurieux d'un éclatant refus,

M. 0RF1LA lit

Mon Kaspail à la main, et d'une voix amie Je jure à Gay-Lussac que lu sais la chimie; Ou, le poing sur la hanche, ardente virago, Némésis va te faire estimer d'Arago.

Qu'à l'École aujourd'hui ta volonté raidie A quelques complaisans s'impose ou s'irradie, Que ton sang baléare y ranime à ton gré D'énervés courtisans le sang décoloré; Que l'Université dans son conseil t'appelle, Que tous nos hôpitaux tombent sous la tutelle. Et qu'à peine Français, habile à dominer, Au fauteuil de Thouret lu brûles de trôner; Je plains le professeur, le docteur ou l'élève Que frappe injustement le tranchant de ton glaive; Mais de tous les valets à servage éhonlé. Complaisants éternels de ton autorité,

Récompense à ton gré, punis la ilatterie.

Telle que le torrent dont la source est tarie, Qui d'un lit de cailloux dans nos champs désolés Laisse pour résultat les débris étoiles; Recouvrant notre sol d'une inféconde argile, Que partout, en tout temps, ton école stérile , De sa haine mortelle enchaînant le progrès, Des royales faveurs accapare l'engrais.

Pour plaire à tes amis, élite doctrinaire, Qu'il faille se courber sous la rude bannière ; Aux chaires que la mort livre h la Faculté Que nul n'ose aspirer s'il n'est assermenté; A fausser le concours que ta haine s'applique ; Que par ton vœu secret tout s'enchaîne et s'explique; D'une même famille apanage éternel Que des sifflets publics l'opprobre solennel

Soit un titre certain à ta faveur suprême, Un titre à couronner L'ignorance elle-même; Hécate de pouvoir et d'intrigue à la fois, Que tout jeune savanl tremble à la triple \oix; De tous nos hôpitaux comme <le ton école Que la porte se ferme et s'ouvre ;i ta parole; Que chaque médecin j reçoive en tremblani Du baléare czarun message insolent...

Ah! lu ne vois donc pas quelles mortelles haines S'amassent sur ta tête et vont limer tes chaînes; Tes yeux sont ehlouis. je plains la eeeile. Quand la démocratie arme de tout côté, Qu'on la voit ii longs Ilots déborder nos murailles', Et des meilleurs filets déchiqueter les mailles; Tu viens, pécheur hardi, mais d'un bras sans levier, Sur nos fronts menaçants lancer ton épervier!

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