‹ Némésis médicale illustrée, recueil de satiresChapitre 39 sur 49 · PRÉFACE DES PREMIÈRES EDITIONS · texte numérisé non relu

PRÉFACE DES PREMIÈRES EDITIONS

Tous les journaux de médecine, toutes les feuilles politiques ont rendu compte avec détail des événements qui se sont passés à l'École de médecine de Paris, le samedi 9 juillet. Ces événements que le Phocéen a été le premier a déplorer, et qu'il déplore encore sincèrement, lui ont cependant présenté un côté plaisant dont il a cru devoir s emparer. 11 espère qu'on ne lui saura pas mauvais gré de ses plaisanteries; quelques faiseurs ont déjà voulu exploiter au profit du privilège les désordres qu'une vingtaine d'agitateurs . pour la plupart sans doute étrangersà l'École, ont commis, ou peut-être même provoqués dans un but secret que la Lancette pourra bien dévoiler quelque jour. Il s'apit donc de balancer l'influence du canapé scolastique.

L'annonce de la suppression du concours, admise a l'avenir par la majorité de la commission, chargée de rédiger le projet de loi sur l'enseignement et l'exercice de la médecine, avait nécessairement du augmenter le mécontentement des élevés, déjà provoqué par les in-

trigues nombreuses et dégoûtantes qui se sont croisées en tous sens, pendant la durée du concours actuel , dont le résultat a été la nomination tout-à-fait impopulaire d'un concurrent, M. Breschet, dont les connaisseurs apprécient à leur juste valeur les travaux, maïs qui n'a ni les qualités ni l'activité nécessaires pour faire un bon professeur.

Indè irœ : de là les vitres et les volets brisés; de là le siège de l'École; de là le poème du Phocéen, qui a dû porter le titre de XOrfildide, M. Orfila y ayant nécessairement joué, et par son caractère et par sa position, le principal rôle.

Quelles que soient les licences poétiques qu'on y trouve, le Phocéen espère que personne ne l'accusera d'être le fauteur ou l'approbateur de troubles que l'on éviterait peut-être si l'on accordait aux élèves la juste et large part qu'ils doivent avoir dans la nomination des hommes qu'ils paient pour les instruire, et si surtout certains intrigants ne cherchaient sans cesse à exploiter à leur profit l'ardeur de la jeunesse et sa tendance à réprouver avec force ce qui lui paraît injuste et mauvais.

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