A M. MAUGUIN
Si la force centripète s'accroissait anx dépens de la force centrifuge, l'égnilibre du monde serait détruit. Newtoî».
Toujours, pour soutenir ta phrase commencée,
Le mot ingénieux tombe avec la pensée ;
Toujours le dard aigu de ta langue d'acier
Perce des lourds cerveaux l'entendement grossier ;
Mais, cette fois, rebelle au ton parlementaire,
Ta bouche a blasphémé devant le ministère.
Elle a dit... et mon vers est suspendu d'effroi.
Que le Centre obéit aux ministres du roi!
Horreur! mais sais-tu bien ce que ta phrase indique?
Tu l'osas prononcer devant l'autel pudique
Où les enfans de chœur, chers à Girod de l'Ain,'
Gardent la pureté de leur robe de lin ;
1. Allusion aux députés du centre, répondant toujours amen! à tout ce que disait le président de la Chambre, qui était alors M. Girod de l'Ain,
Devant ces fronts brillans de candeur purpurine,
Ce jardin du milieu, vase de la doctrine,
D'où s'exhale, en montant vers les gradins rivaux,
Le parfum de Collard et de Bertin de Vaux.
Aussi, quand sur les bancs de la naïve école,
Imprudent orateur, tu lanças ta parole.
Le centre en frissonna dans sa chair et ses os :
Sur les marais vaseux où dorment les roseaux.
Où croupit une eau verte, où règne un plat silence.
Si le choc imprévu d'une pierre qu'on lance,
Si la chute d'un gland tombé d'un chêne vert
Brisent l'épais miroir de nénuphar couvert.
On entend des voix croître, aigres comme une basse.
Orgue criard et froid, orchestre qui croasse ;
Tous les chantres visqueux, députés des étangs.
Font grincer de terreur leurs gosiers haletans ;
Tels, dans le marécage où Périer les rassemble,
Ils ont exécuté dans un morceau d'ensemble
Cet alphabet de cris, de voyelles, de sons
Que la rage improvise à défaut de raisons.
D'une sainte fureur on les a vus se tordre : Oh ! sans doute, ils ont dû te rappeler à l'ordre, Toi, Mauguin, qui changeais en bourbeux réservoir Ce limpide vivier où puise le Pouvoir. Ta phrase de tribune est une calomnie : Le Centre est un lieu pur, malheur à qui le nie ! Là, de nos saints élus l'honneur accumulé Lève vers le plafond un front immaculé; Pléiade de Brutus, ils bâtissent des digues