Casimir Périer
2. Sous la restauration, M. le maréchal Soult était un des habitués les plus ferveus de l'église de Saint-Thomas-d'Aquin, Oa dit même qu'il soivit un jour la procession, un cierge à la main. ';iir»#i i.
Le voici ! qu'à nos yeux enfin il se révèle Ce prince de la paix de la France nouvelle . ' Au comptoir, au Conseil , despote tracassier, 11 traite un sous-ministre à l'égal d'un caissier; Va-t-il parler? il semble, avant qu'il se décide. Mâcher entre ses dents une parole acide ; Qu'un seul geste, qu'un mot en passant l'ait froissé, Sur sa lèvre amincie erre un dépit glacé ; 11 se tord sur lui-même, et ce corps si débile Bondit , galvanisé par un accès de bile. Rappelez-vous le jour où cet homme nouveau Apparut comme un astre au journal de Sauvo : ^ Les claqueurs du milieu , mercenaire auditoire. Chargèrent de bravos l'avenir de sa gloire ; Guizol prophétisa, dans son règne naissant , L'embonpoint progressif du maigre trois pour cent; Metternich tressaillit de plaisir, et Pilate ^ Si blême d'habitude, en devint écarlate.
Eh bien ! homme pétri d'un sublime limon !
Depuis que ta main roide a saisi le timon ,
Qu'as-tu fait? radoubant ta carène disjointe.
De l'archipel d'écueils as-tu franchi la pointe?
Pilote fanfaron ! tu dors sur le danger ;
Dans la route banale habile à l'engager,
Tu viens nous répéter votre adage vulgaire :
« La France veut la paix, et ne craint pas la guerre. »
1. Ceci fait allusion à l'ancien prince de la Paix, en Espagne, Godoï , acluellement à Marseille.