Rédacteur de V Observateur autrichien
LE MINISTÈRE. iH
V^inte-nous donc le fruit d'un système hautain ;
De ton règne d'un mois lis-nous le bulletin !
Ecoutons : tu nous dis qu'à ta voix disparue
La révolte nocturne a déserté la rue ,
Que les forçats cachés dans les groupes obscurs
Du palais-citoyen n'étouffent plus les murs ;
Il est vrai : chaque soir les soutiens de la France
Bivaquent dans la cour en pantalon garance ;
Sous Ion palladium le château dort sans bruit :
C'est bien ; mais ce repos pour nous qu'a-t-il produit?
Déjà, pour saluer ta fraîche présidence,
La bourse a de six francs grevé sa décadence ;
La faillite effrontée en assiège le seuil ,
Et ce temple des Juifs est tapissé de deuil.
Voilà ta paix. Perdue avec ton faux système,
La patrie a voulu se sauver elle-même ; ^
Et contre l'étranger armant un bras haineux, '
D'un pacte fédéral elle serra les nœuds.
Sacrilège complot ! au feu de ta colère
Soudain tu rallumas l'ardente circulaire, '
Foudre administratif qui , frappant droit au but , '
Du Conseiller d'Etat fond sur le Substitut.
Gloire à vous qui portez cette récente marque, '■
Laborde, Aymé, Barrot, Stourm, Bouchotte, Lamarque,'
1. M. de Laborde, aide de camp du roi el conseiller d'État; M. Dubois- Aymé, directeur des douanes; M. Odilon Barrot, conseiller d'Élal; M. Stourm, substitut près le tribunal de première instance de Paris; M. Bouchotte, maire de Metz, et M. le lieutenant général Lamarque, commandant supérieur des départemens de l'Ouest, furent tous révoqués de leurs fonctions le l*'' avril.
I4i NÉMÉSIS.
A vous qui préférez , dans vos cœurs insoumis,
Le rang de citoyen au titre de commis !
Gloire à tous les vengeurs de nos libertés saintes !
La France embrassera dans les mêmes étreintes
Le courage guerrier, l'héroïsme civil ,
Les martyrs de Juillet et les blessés d'Avril.
Triomphe, Casimir! tes soutiens légitimes
Vont sortir épurés du complot des centimes ;
Par ce nouveau visa confirme le brevet
Des préfets de Guizot et de Montalivet ;
Dans leurs départemens où l'audace conspire.
Il est temps que des lois tu rassures l'empire î
Holyrood est partout : depuis plus de sept mois
Le carlisme impuni poignarde les Nîmois;
Aux clochers vendéens la ligue monacale
Plante en face du maire un lambeau de percale ; ; k^I
Le grossier Bas-Breton, royaliste idiot,
Laboure pour nourrir Lahoussaye et Diot ; ^
Alais meurt pour la croix, Poitiers se fleurdelisé;
Le verset pour Philippe épouvante l'Église;
Des paquebots suspects croisent devant Calais , ^
Et Marseille proscrit le chant des Marseillais.
Mais ce n'est rien encor : prends ta carte d'Europe,
Vois ce réseau de fer qui déjà t'enveloppe ;
Sur les monts du Jura, sur le long cours du Rhin ,
Arpente pas à pas tous les phs du terrain ;
1. Chefs de la nouvelle chouannerie dans la Vendée et la Bretagne.
2. Quelques alarmistes avaient répandu le bruit , à cette époque , que la famille déchue avisait aux moyens d'opérer un débarquement en France.