‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 124 sur 133 · L'OBÉLISQUE ET LA COLONNE · texte numérisé non relu

L'OBÉLISQUE ET LA COLONNE

La tristesse est partout; l'espérance se brise;

Chaque soleil levé semble attendre une crise ;

Notre avenir d'un jour est douteux ; le pouvoir

Seul trouve le secret de vivre sans rien voir.

Il gouverne au hasard ; mais rendons-lui justice :

Que de l'est au midi l'émeute retentisse ;

Qu'on n'aperçoive enfin, sur tous les horizons,

Que régimens lassés changeant de garnisons,

Résignés, guerroyant autour de chaque ville

Pour nous sauver l'horreur d'une guerre civile,

Toujours ce bon Pouvoir, qui nous gouverne ainsi,

De nos plaisirs d'enfans prend généreux souci ;

A nos amuse mens il jette une pâture ,

Il nous donne en avril un salon de peinture,

Et nous fait préparer aux déserts de Memphis

Un obélisque nain qu'admireront nos fils.

Pour des soins si touchans. grâces lui soient rendues!

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