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LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS

Là, du sénat français siègent les tricoteuses, ' Pour le juste-milieu chaudes entremetteuses. La veille, à leurs époux dans le lit (îonjugal , Elles ont imposé leur caprice légal.

Là, brillent les Agier, les Guizot, les Vandœuvre, Les Marmier, les d'Argout , nobles dames de l'œuvre. Qui, claquant les discours sortis de leurs cerveaux, En chorus prolongés roucoulent des bravos.

Tandis que plane ainsi sur les bancs sulbaternes , Le congrès féminin de nos Roland modernes ; ^ Que les graves huissiers, commandés par Stassin, Du cirque spacieux sillonnent le bassin, La porte à deux battans s'ouvre par intervalles : Vous voyez tour à tour, sur les gradins ovales , Au centre, aux deux côtés, tout un peuple d'élus , Qui du vaste entonnoir tapissent le talus. Bientôt, pour mettre fin à ce long préambule, Un bruit confus s'élève au sein du vestibule. Et sur le maître-autel, radieux ostensoir. Dans un fauteuil doré Dupin se vient asseoir.

Et d'abord le pontife à ses trois secrétaires Distribue au hasard des mots parlementaires ; Par son ordre on procède à l'appel nominal :

1. Allusion à ces femmes qui ne manquaient pas une séance de la Convention, et qui, pour ne pas perdre leur temps, y apportaient toutes leurs aiguilles à tricoter.

2. Ceci est une antiphrase; il n'est point entré dans ma pensée d'insnlter, par cette comparaison, à la mémoire de madame Roland, femme virile comme nous n'en avons plus.

Hélas ! cinquante à peine entendent le signal , Comparses résignés, qni, prêts à l'heure exacte. Chaque jour de la Chambre ouvrent le premier acte. En vain, dressant l'état de ces sièges vacans, Jars au procès-verbal note les délinquans ; En vain le président, sur sa chaise curule, Du grave Monileiir leur promet la férule ; Sa voix, qui retentit à travers les cloisons, Ne peut rendre au devoir ces écoliers grisons; 11 faut que les huissiers, se levant de leur place, Du fond des corridors les poussent vers la classe.

Quel vide scandaleux dans le palais Bourbon ! Où sont les Rambuteau, les André, les Cambon, Les Thil , les Duvcrgier, ' tribuns retardataires'? Dès la pointe du jour, furets des ministères, Oubliant qu'ils sont faits pour discuter des lois. Ils montent pêle-mêle à l'assaut des emplois : Oflicieux courtiers de leurs compatriotes, Ils savent à quel prix il faut payer leurs votes. C'est merveille! on dirait qu'ils ont fait le sermeii,! De placer en détail tout l'arrondissement. Aussi , vous les voyez, en pères de famille, Semer à pleines mains leur banale apostille ; Jusqu'au pied des commis, protecteurs, suppliaiis, Ils remorquent à pied leurs affamés cliens.

1. M. Diivergier de Haiiraiino, (lopiilc, do la Seiiio-Iiiférieiiro , inorl li; 1» aoftl 1831. Celui qui siège iiiaiiileuanl à la Cliambie , aux ])aiies niinisléiiels, est sou lils, député du Cher, jtsuie adepte de la doctrine, pclit l'aiseui' très-reuiuaul et lré>-nul.

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