‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 7 sur 133 · Le théâtre des Nouveautés · texte numérisé non relu

Le théâtre des Nouveautés

i. Le canapé de la doctrine est une expression devenue proverbiale-

Ni par des mains de femme , au milieu d'un salon ,

Pollué sans pudeur mon viril Apollon.

Nul souci , nul regret , ne coupe en sens oblique

Ma ligne de devoirs pour la chose publique.

Prolétaire affranchi des cotes du foncier,

Refoulé par la loi plus bas que l'épicier,

C'est peu que sans pâlir je livre ma personne ;

Il n'est aucun des miens pour qui mon cœur frissonne

Jamais le MoniLeur., manne tombant du ciel ,

Ne descendit sur eux en texte officiel.

Qui donc peut m' arrêter, rendre ma plume esclave *?

L'indigence? je l'ai; la prison? je la brave!

Au bureau du journal , quand même un alguazil

Viendrait notifier un mandat de Persil ;

Quand même du jury le verdict unanime

Tordrait mes vérités pour en extraire un crime ;

Toujours prêt au signal , je dirais sans effroi :

Marchons, qu'on me ramène au guichet de Leroy : '

Pour moi, dans les cachots de cette autre Bastille,

Les blessés de juillet seront une famille ;

J'aurai quelque plaisir à retrouver encor

La porte aux longs verrous , la cour, le corridor,

La pistole qu'on paie à l'avare régie,

Et ma place encor chaude à Sainte-Pélagie. ^

Elle vient de ce que les doctrinaires étaient en si petit nombre qu'on prétendait qu'ils pourraient tous tenir sur un canapé.

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