‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 76 sur 133 · LA GUERRE DE M. PÉRIER. «P · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE M. PÉRIER. «P

Du jeune Henri-Cinq fait jouer l'ouyerture. *

Silence ! de leurs coups les bois vont retentir !

Nul d'entre eux ne connaît le courre ni le tir,

Ni l'argot de chenil, ces mystères intimes,

Que seuls possèdent bien les princes légitimes ;

N'importe ! Casimir, suivi de cavaliers,

D'un pas de doctrinaire enjambe les halliers,

Vingt fois de ses chevreuils il demande la piste.

Il tire à contre-cœur sur le gibier carliste,

Et quand, à bout portant, sa balle manque un daim.

On voit d'un air moqueur sourire Girardin.

Mais si la chasse rentre avec les fourgons vides,

Que vont dire le soir tous les commis avides;

Nouveaux gardes du corps qui , comme au temps passé ,

Attendent tous leur part du butin ramassé? ^

Casimir va combler ce déficit de chasse :

11 ouvre un havresac dont le poids l'embarrasse,

Et leur donne, couverts de leur sanglant duvet,

D'exotiques faisans que lui vendit Chevet. ^

Voilà le seul combat, la campagne d'automne

Que le juste-milieu nous promit et nous donne !

Voilà la guerre, enfin, qu'implorait notre vœu!

Le Nembrod de comptoir a commencé le feu.

Il a donc secoué son repos léthargique !

1. L'ouverture du Jeune Henri, de Méhul; symphonie obligée de toutes les grandes chasses.

2. Les gardes du corps qui formaient l'escorte des princes quand ils allaient à la chasse avaient une part de gibier. C'était un droit né d'un usage.

3. Chevet, célèbre marchand de comestibles, au Palais-Royal et rue Vivienne.

Quand Saint-James, d'un mot, nous chasse de Belgique.'

Quand Varsovie en deuil excite notre élan,

Quand l'aigle de François nous insulte à Milan,

Et que chaque matin enfante un protocole.

Alors Périer saisit le vieux drapeau d'Arcole,

Et, de ses fiers piqueurs étendant le cordon.

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