Léocadie, opéra-comique de MM. Scribe et Auber
IVRESSE. 2n
S'ouvre, et fait large place au drame romantique ;
C'est Montansier, berceau de la vieille chanson,
Riant de son voisin ébranlé par Samson ; '
C'est le martyr Quélen qui fulmine une bulle ;
C'est Bouffé du Gymnase, Odry le Funambule ;
La vive parodie à l'excitant grelot ;
La pesante gaîté du tragique Ancelot;
Monnier, le double artiste, ^ émule de Grandville,
Qui se traduit en scène et se fait vaudeville ;
Tous les joyeux acteurs qui , du peuple chéris.
Epuisent , chaque soir, la gaîté de Paris.
Puis bourdonnent dans l'air, comme un essaim d'abeilles,
Ces riens étourdissans, éphémères merveilles,
Modernes aujourd'hui et gothiques demain.
Que les oisifs heureux aspirent en chemin,
Qu'enluminent si bien dans leur feuille légère
Ou le Sterne espagnol de la cité Bergère, ^
Ou ce Corsaire ami qui, dans son droit sillon.
Au vice, en pleine mer, fait baisser pavillon.
Bien ! joyeux citadins que l'ivresse rassemble. Poursuivez votre bal sur le plancher qui tremble ; A quoi bon vous ronger d'un inutile soin? Que craignez-vous ? la guerre et la peste sont loin ; Attendez, pour sortir des molles rêveries.
1. Samson, acteur disUugué de la Comédie-Française, venait de quitter ce théâtre pour celui du Palais-Royal.
2. M. Heuri Monnier, un de nos dessinateurs les plus originaux, quitta un instant ses crayons pour le théâtre, où il obtint un brillant succès. Il vient d'abandonner le théâtre pour reprendre sa première carrière,