‹ Némoville, [par] A.B. LacerteChapitre 15 sur 29 · LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT

Le cure de Néraoville n'avait pas encore de presbytère; il continuait d'habiter chez Roger. Le " Nautilus " était si grand et ai confortablement uniinagé qu'il y avait place pour ))Iu8ieurs {ïersonnee, sans que l'on y fût |[(êné. Le pK'trc, d'ailleurs, n'rtait nul!' ireseé de

8 eIoi;i;ner de iio^er, ï>(»ur qui il ;i > grande

affection ; et le» longues causeries qu'ils avaient ensemble étaient pour let» deux honunes, une distraction ai)pr<'( icc.

Roger avait mis nue partie du " Nautilus '' à la disix)ftition du eun>, et le salon leur servait en commun. Un matin que le prêtre y était seul, et plongé dans de scrieusee réflections, on frappa a la porte. C'ét-ait un domestique qui apportait une lettre de M. Duflot. Elle se lisait ainsi : " Monsieur le cunS je suis retenu à ma chambre, depuis deux jours et oomme j'ai un grand désir à» Toos voir, je vous prie de me faire la faveur de venir chei moi, aussitôt que voua le pourrex.*'

MBIIOVILUI. If

Le curé, qui n'avait rien de prosant à faire, en ce moment, d<Viila de se rendre sur-le-champ à rinvitation de M. Dufloi.

— " Voua êtes hien bon d'avoir répondu si tôt à mon invitutiuu, lui dit M. Duflot, en l'uiiercevant; je m'ennuyais, ei j'ai pria la liljertt' de vous demander de me cooeacrer un {leu de votre temps."

Im6 deux hommes se mirent à causer des nouvelles de la ville, car, même à NcmcxHlle, il y uvuit dos nouvelles i*ourantee, que l'on se transmettait d'un sous-marin ù l'autre, comme dan:» une ville terrestre, d'une maison ou d'une rue ù l'autre.

— " On fait de grands préparatifs pour le mariage du gouverneur, dit l'abbé; Paul est parti iK>ur la terre, ce matin. Il ne re\'iendra

que demain."

— " Elle fait un beau mariage, oeUe jeune étrangère, reprit M. Duflot, sans conter que Roger est le plus brave cœur que je connaisse. Si j'a\*ai8 une fille, je voudrais ee jeune homme pour gendre," ajouta M. Duflot, dont la voix trembla, en articulant ces paroles.

L'abbé allait faire quelque réflexion, Ion* qu'il aperçut suspeudu »u«de8ius du Ut, lo por-

H MlMOVILLÉ.

trait d'une femme, jeune et souriante. Il s'approcha et regarda attentivement cette figure cimnnantc qui lui rnpi)cla inmiédintemeni celle qu'il avait vue dans le niôduillon de Gaétane.

— " Ce portrait est celui de ma femme, dit M. Duflot, qui avait suivi le regard du prêtre, ma pamTe Gactane, si vite enlevée à ma tendresse."

— " Le nom de votre femme était Gaétane? . . . demanda le prêtre, frappée de la rooBomblance et de la coïncidence des noms. Permettez-moi une question, M. OuHot: votre nom de Duflot n 'est-il pas un voile pour cacher votre personnalité?... Dites-moi, votre nom n'eit-il pas Jean Demers? ''

— " Ck)mment savef-vous? ..." s'écria M.

Duflot ; qui vous a dit qui je suis? "

— " Celui qui me l'a dit n'existe plus, et vous devez lui pardonner, commença le curé: il portait ici le nom de Richard, mais son nom véritable, il n'a pas eu le temps de me le révéler; la mort lui a fermé les lè\Tee, avant qu'il ait pu me dire la vérité."

Le prêtre raconta ensuite sa rencontre avec Gaétane et la resdemblance des deu:t miniaturss.

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Duflot . > . . est

ma Gtu'tane; je comprends l'émotion qui m'a Ki'm. on Tentendant chanter à cette mease do iiiiiMiit. C'était la voix du sang qui parlait en moi. Elle a la voix de n mère . . . Vous l'avez vue, monsieur lo mn', rememblc-t^lle à sa inire? readcmble-l-elle à ce portrait? "

— " Oui, c'est la même fineeee de trait et la même douceur d'expreenoo ; cette image pourrait être celle de la jeune fille, avec quel-

quce années de plus."

— "Combien j'ai bâte de la voir; quand aurai- je ce bonheur? "

— " Dans une demi-heure, répondit le prêtre en se levant, je vais la chercher immédia» tement."

— " Que vooi 6te> bon, monâeur le curé ! "

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