‹ Némoville, [par] A.B. LacerteChapitre 16 sur 29 · LA CATASTROPHE · texte numérisé non relu

LA CATASTROPHE

C'était ravrtnt-veille du jour fixi- pour lo niariago de Guôtaiie et de Roger. La jeuue fille ne demeurait plus chet le docteur de (Imnt^il. Elle s'était installé'e chei «on père, le jour même où elle Tuvait retrouvé, et ne le quittait plus que pour passer quelques heures à riiôpital, quand on avait besoin de MB aervicflB.

M. Demers, — qui avait repnsson vrai nom, depuis que sa fille lui avait été rendue, — semblait rajeuni de dix ans. Il avait été décidé qu'il s'installerait avec les jeunes époux, aussitôt après le mariage. Kn attendant, Gactane ne quittait guère son i)ère ; elle se sentcut â heureuse de n'dtre plus sans famille.

Le bonheur, pour une fois, semblait sourire à tous les habitants de Némoille.

M T' ' quitté «on lit, il était installé coni^.. ... ..i sur un fauteuil. Gaétane

était auprès 'de lui ainsi que lo docteur Dcimarais, qui icmblait ne pu déMipéror, mal*

grc les ûvénemente qui se préparaient Cependant, le sombre personnage était plus reofron- {^nô. à mesure que la date du mariage op' chait; il avait, parfois, un sourire énigmatt et il prononçait même des paroles, qui auraient 0cnil>lu être de maux-ais augures, si on les ax-aieot iroutces.

Il était cinq heures du soir, on fn4>pa à la I)orte, qui s'ouvrit aussitôt, et Jeanne I^montagne entra sans oérémonio. Elle salua M. Demen embresM Qaétane et dit un froid " bonjour " au docteur.

*' Je vieiM vous enlever Gaétane, nion.^itMir Donien». <lrt-('lle; l*aul est allé à terre et ne revieixim (|iu' dctimin ; mon |)ère pat^Mi la nuit à l'hôpital, et je .•H^ruid condamnée à être seule tout ce teniiM, si vuiu me refusiez la compagnie de Gaétauc."

— " C'est entendu, r«j.i: ,: M 1' ini- ma fille passera ce temps avec \<'u^.

— ** Je rexiendrai de l>onne hf^iro n jouta Gaétane, en regardant sou père."

Bientôt les deux jeunes filles partirent ensemble, après avoir embraaé M. I>eiDarB, qui les regard* • «i aiiur avec un peu de tri4t«Bso.

li mitmÀM.

Le docteur Desmarau prit congé à ton tour. Un sourire méchant courbait sa lèvre. Dana le 'c<>rri<lor, il tendit le point; du côt«' le deux femmes: " I>es cloches «1 sonneront duns deux jours, non pour annoncer des épcnisuilles; elles sonii' di'daigneiiso." Le visage <i rible à ce moment, et si celle à qui 8'adrc^vstlt Ml menace eût pu l'apercevoir, elle aurait tremblé.

(laétanc et Jeanne s'en allèrent à l'hôpital, où elles dcmcunrent avec le d<> ' i ' i

jusqu'il neuf heurcïi, puis cllcw i.^..^:.. . .: .. .: demeure et, vers onze heures, elles se mirent au lit.

A minuit, tout Némonlle semblait dormir.

Ce fut à ce moment qu'une ombre surgit, dans le corridor qui reliait la demeure du docteur de Chantai avec l'hôpital, et se faufila dans le sou:»-marin où reposaient les deux femmes. Cette ombre sinistre, c'était le docteur Deamarais. Il resta un quart d'heure dans le compartiment des machines, et ressortit en murmurant: "Monsieur le gouvemeuri votre btU« fiancée appartient maintenant au trépas."

KSMOVILLB. tt

Ce ioir-là, Roger et le prêtre avaient prolon^^c T "c; iU avaient élaboré dos plans pour 1 II y avait à peine une heure

qu'ils s'étaient !K'fmn-<<, et qu'ils reposaient chacun rla:)< ' '>re, lofsque tout à coup,

Turko, 4. : Uns la chambre de son

maître, se mit à hurler lamentablement. Roger, réveillé en ftirsant. fs.-.iyM . n v:iiri <]<' l'ii iniiwieicr silence; le cliien ? ul -linait a ;;v:air, coia:ue il le faisait rarement, et toujours quand il se pa.*«aif

m le t< : . ...

normal, ap[>«Ia Tanimal auprài de lui, et le fit coucher en le menaçant. I.e lendemain matin, vers ai.x ln^nrr-» Roger fut éveille encore i>ar des coups ; n qu'on frap[)ait à sa porte.

'* Vite, vite, iiton.sieur le K^^'^'cmciur, criait^Mi du dehors, il est arrivé uu accident."

Roger ayant ouvert sa porte, se trouva en prâsance de deux hommes, qui portaient le doctetu' de Chantai, évanoui.

— " Noos avons tr^nivé le docteur dans le couloir, il paraissait mort"

Cependant, Roger donna quelques soins au médecin, qui rou\Tit bientôt les yeux, et punit fort surpris de se trouver ^ans le '' Nau-

tihi!*."

94 NBIfÛVILLE.

^" Mn fille! ma fiUe! '' dit-il auintdi

— " Qu'y n-t-il? " demanda Roger, " où eit madame I^montagne? "

— " Ilélaa ! hélas ! '* gémit le pauvre père.

Il raconta qu'après s'être 8<'papd des deux femmen, la veille au soir, il était demeuré à l'hôpital, et qu'ayant voulu retourner chez lui, au matin, il n'avait pu ouvrir la porte du couloir qui réunissait les deux sous-marins. Regardant par le hublot, il avait alors constaté avec horreur que l'autre sous-marin n'était plus là.

Roger essaya de rassurer le pau\Te père en lui disant que si le sous-marin s'était détaché du couloir, il ne pouvait être loin, le moteur n'étant pas en mouvement : " Partons immédiatement, et nous l'aurons bientôt rejoint." ' : ' K,0%

Le médecin ne paraissait pas si confiant. Trois des sous-marins partirent à la recherche des deux femmes, mais toutes les r la surface de la mer ou sur les flots u....^...^:Li/t sans succès.

Roger, le curé et M. Deiners, qui avaient pris part aux recherches, revinrent découragés au " NauUlus." On décida d'attendre le retour

NKMOVILLE. N

c)e Paul pour prendre de nouvdles mesures et r les recherchée sur uue plus vaste

On s'imagine quelle devait être la douleur (li>^ (Umix pères et du fiance. Ils ne se parlaient plus; qu'auraient-ils pu se dire?. . . mais nul ne songeait à cacher ses larmes.

N NBMOVILLB.

Page 1