CHAPITRE XX
HEURES DESESPERANTES.
— " GaôUme, dit Jeanne, il ne faut pas que <>\is oublions de refaire noe forces, nous en au-
ir de longues heunourriture."
— " I tpable de scMiger à autre
'lotw qu'à notre péril, répondit sa compagne,
mai."» je piiivnu vi»s <«>ii^il-. Jeanne ; vous êtes ]An!* niurum'ii-*' «pic moi. je le voii*, vous ne VOUS iisifez piH al-attr»'. Hélas!... reverron9>nou8 janjaiî» ceux (\\\o m. us aimons!. . ." Et Gaétane fondit en lanucei.
— " Ne vous déseepérei pas, mon amie, lui •lit !ia compagne, il est bien certain que Paul et Ro^er feront l'irni"W.-!f.l»' pour nous reiwmv»; ils (loi vont «K ja ûire à uotre recherche, el qui sait. iU ne- 5K>nt peui^lre pas trte éloignés d« nous. Ofaaervons la mer à tour de rôle, afin de "'' 'perdre nulle chance de salut Tandis que de nous se repoaani l'autre veillera jusqu'à oe que nous ayons été rocucillies par un bateau ituviuTi ou retiDuvéti ptr nos tmii."
Jeanne oommençt ton qiuirt la premièit; elle insLBta pour que m oompegne allAl prendre un peu de repœ, et Gaétane brisée d'émotion et de fatigue, finit par s'endormir. Sommeil bienfaisant qui lui apporta un peu d*oubli et un regain de force.
Cette journée fut d'une terrible longueur pour les pauvres femmes; interrogeant la mer de leurs yeux anxieux, elles ne virent rien paraître sur les Hota, qui pût seulement leur donner une illusion de salut
Jeanne, qui avait repris le quart à la nuit, s'aperçut que le ciel se noircissait et que les vagues devenaient plus méchantes; elle comprit qu'une tempête se préparait. Elle en fut atterrée, car cela augmentait grandement le danger drjji trop évident qu'elles '••nt. Le bateau roulait et tanguait, corn e épave. Il était rheure de réveiller Gaétane pour qu'elle prit son poste de sentinelle, mois Jeanne hésitait à la tirer du sommeil bienfaisant. Elle attendit encore une heure, la tempête augmentant toujours. Enfin GaéUuie s'éveilla d'dle>même, au bniit du tonnerre et des vagues, qui ronflaient sourdement en secouant le sous-marin. Elle vint rejoindre son amie, lui reprochant doucement de l'avoir laissé trop longtompc dor>
MttlOViLLft Ui
mir, puis Jeanne alla se eoacher à son tour ; elle était litténàlemeot ^uieée de fatigue ei d'inquiétude.
Gaétane s'installa auprès d'elle ix>ur veiller, car elle se sentait si neneuse, qu'elle n'aurait pu rester seule à quelque'distance. Dire la nuit qu'elle passa serait impossible, les plus noires pensées, on le comprend, asHuiliaiont son esprit; elle avait perdu tout enpoir de revoir ceux qu'elle ai ' ' '*o s'attendait à sentir le soua>marin ck quelque rocher ù fletu* d'eau. Une
seule chose était certaine pour elle, maintenant, c'est qu'elle el son amie étaient irrémédiable ment perdues.
Vers le matin, la tempête devint si épouvantable que rien ne tenait plus en place dans le suf : : la vaisselle se cassait, les meubles
se rcir^:. ... lit, et ce désastre & l'intérieur du boiSBU joignait son horreur à celle du dehors. Jeanne s éveilla. Toute la journée, la tempêle dura furieuse ; les jeunes femmes furent obligées de s'attacher à leun lits pour ne pas rouler à terre. Le aoue-mahn semMait parfois escalader des montagnes et glisser eosotte dans un abtme, mais il filait toujours; le misérable qui avait voulu la peiti de Jeanne et de Otétane avait bien préparé n vengeance.
Yen quatre heures du madn, les deux feminc> ' • reni un choc c'pmivantafale; il leur
mnv . io MoiLs-tnuriii venait de s'écraser sur
un rocher. Le vaisBeau demeura un instant ?lnti()nnaire, les pauvres femmes allèrent regarder par l'un des hublots et virent que le sousmarin avait touché un rocher. Croyant que c'était la fin de tout jwtir elles, elles attendirent en silence, que la mort les prît. Cependant, elles purent constater bientôt que le sous-marin allait encore, elles se risquèrent au dehors et s'aperçurent que la tempête se calmait. Klle tomba aussi brusquement qu'elle était venue. Deux heures i)lua tard, l'Océan était calme et le ciel brillant, tlaétane et Jeanne voulurent se rendre compte de leur position, et si alTreu^e que fût leur détresse, elles se reprirent à e8|)érer. Elles pensèrent que Paul et Roger ne tarderaient pas à les retrouver, quoique, elles s'en doutaient bien, elles eussent parcouru des centaines de lieues. Elles oubliaient presque leurs souffrances, en songeant à Tangoisse que devaient éprouver ceux qu'elles aimaioit.
Hélas! elles n'avaient pas encore constaté toute l'étendue du nouveau danger qui les menaçait ; le sous-marin, éveotié» l'emplissait lentement. Elles s'en aperçurent ou bruit de l'eau qui filtrait par uns éûoita flMure. Couragtuat*
KiMoVtLtJ. i«t
ment, elle se mirent à vider l'eau, maie leurs effortfl réunis ne {Kiuvaient faire contre-partie à la mer qui peu ù t " -nhlait, avaler le eouamarin. 11 s'enfoi. it en continuant ea
courM vers la mort, maie avec lenteur maintement.
Tout . la Jeanne et hii
dit: " Yon . -i, ne sont-ils pas
un signe qu'il y une terre non loin d'ici? "
— " Que Dieu le veuille," fit Jeanne sans enthoniyawnis car le découragement la gagnait : et ce n'cit pas étonnant, après tant de souffrant « . Cependant, la provision de Oactane se réalisa. Bientôt les deux amies apergureot une terre, et le bateau semblait miracoleossment se diriger de ce côte. Quelques minutes plus tard il s'échoua > "et comme de fatigue.
L'eau aval chambre des machines.
làé ^movillM.