CHAPITRE XXI
LA FIN D'UN BiVNDIT.
I^ lendemain du départ tragique de Jeanne et de Gaôtane, et de Paul et Roger allant à leur recherche, l'al'bc Ikrnard fut très surpris d'entendre du l)ruit et des vociférations dans les rues do Néinoville, qui étaient d'ordinaire si paisibles. Il cotinit se rendre compte de la cause de cette étranpeté. et trouva un homme qui en tenait un autre par le collet, et qui vociférait, en essayant d'étrangler son antagoniste: " C'est lui qui a fait le coup, et il ne s'échappera pas; je Tui vu sortir de la demeure du dootoar de Chantai, vers minuit," répondait cet homme à ceux qui lui demandaient la raiaon de sa conduite. I^ prêtre enaya de calmer la fureur de cet homme qui se faisait le vengeur dea deux femmes que tout le monde regrettait dam Ncmoville, et le convainquit que le gouverneur seul avait le droit de punir comme il le méritait celui qu'où accusait, et qui n'était autre que le docteur D^smarois lui-même.
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Devant l'aiBnnnce de l'homme qui jurait d'avoir vu sortir le docteur du mtu-marin où étaiflDt les deux femmes, à Theuro où tout le monde était suppœé être chex soi, selon la r^le de la ville, lo curO fît enfermer le médecin et le fit garder à vue. 11 n'avait jamais ea une pro* fonde sympathie pour cet homme, dont il n'aimait pas les allures hardies ei hjrpocrites à la foia. Le docteur Desroarais lui avait toujours semblé une sorte d'énigme vivante, et il se disait que peut-être la môchanceté innée de cet homme extât agi comme un repousnir sur l'âme ouverte et franche de Gat'tane et de Roger, dont il connaissait la rriralaioD instinctive pour le médecin.
De\'ant les vodfératioos de la foule et l'intervention du curé le docteur, qui se sentit perdu, paya d'audaoe et se croisant les bras, dit a\ re cynique: " Eh ! bien oui, c'est moi
qui ... .. uiché le sous-roarin, après avoir mis le moteur en mouvement" Il ne put en dire davantage, la foule se ruait sur lui et le cut^ eut de la peine à l'ameher des mains de set justicieiB.
L'aliscnre de Roger et de Paul dum huit jours. Ils reviofoot pH» diiiipéffés i)u'au dé-
no ifncoviLUL
part ; les reoberohet avaient été vainet: Qaétana •t 8a compagne aemblaient peidues aana retour.
Dèe Tarrivée du gouverneur, le curé lui fit part de Tarreetation du docteur et dee ciroonttances qui l'avaient moUvées.
— " Ce II sera puni comme il le
mérite, dit fru,... ;.,v.ii lioger; ce soir-même, il sera conduit à terre, où il recevra le châtiment de son crime ! "
— " Ah ! dit Paul, ce mieérable ne ménta plus de revoir le soleil, fois lui mettre une corde au cou, Uoger, et fais le noyer, comme un mau» vaifl chien."
— " Non," répondit Roger, "nous lui feront ■on prooie à terre, et see jugée décideront de son sort" J
Le 8oir même, le gon r et ion secré-
taire et quelques homma* loville, choisis
parmi Icb plus importants, se rendirent au Timrin où ôttiit enfermé le mé<V IM>rta (luns Tuu des canots en on se servait pour voyager, lorsqu'on ne voulait ])Qfi (Irplacer les i*oiu»-marin9 de la ville. On lia les pieds et les mains du misérable, et Roger le fit jeter dans le canot qu'il conduisait avec Paul.
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Oocnpét de k manoBuvre, l«s deux amiB ne t^tù'qnlélident pie du prieoDoier, qu'ils croyaient dans rimpoasibilité de s'échapper, maie bientôl le bruit d'un corpe tombant à la mer attisa leur attention, et se retournant, ils virent avec dépit, que le misérable avait réuam à défaire ses liena et à sauter à la mer. lU l'aperçurent qui nageait à quelque distance: Mais il n'alla pas loin, car un des hommes qui étaient dans le canot qui suivait celui où se trouN'ait le gouverneur, avait vu le mouN-ement du prîscmnier, et se dirigeant aussitôt vers lui, il Taesomma d'un coup d'avirun. Le misérable enfonça pour ne phia reparaître.
I^ mission des justiders était donc finie. Ils revinrent à Nérooville et racontèrent à l'abbé Bernard ce qui s'était passé. Il se contenta de murmurer: " Que Dieu ait pitié de son ftma."
Némoville reprit ioo aspeet aeoootamé, prnir quelque temps; mais on ne pouvait pas oublier les deux bien-aimées qui avaient été ravies à l'affection de IV-imux et du fianeé, et Kojçer et Paul ne |)ouvaient croire que le bonhmir était à jamais perdu. Ils résolurent de oonsairwr une grande iiartie de leur tMnpe à r r Ctm'tane et Jeanne, tant qu'ils n'au-
Tiki^i.i |..w, la preuve de l'inutilité de leurs re-
lit NBMOyiLLft.
Un matin, après s'être préparés pour une kogue absence, et avoir confié la diraction de Némoville à l'abbé Bernard, ils partirent à la découverte de leun aimées.
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