‹ Néoplasie et déviations pathologiques des endocrinesChapitre 8 sur 14 · PÈRE · texte numérisé non relu

PÈRE

tante de l’adrénaline, avéc répercussion sur la rate qui s’hypertrophie.

Pour Parisot, la corticale sécréterait une lécithine dont l’action s’opposerait à celle de l’adrénaline.

Le pancréas, glande mixte, fut une des premières dont on remarqua les fonctions endocriniennes. On plaçait à l’origine du diabète maigre une lésion des îlots de Langherhans ainsi que Minkowski le prouva. L'on sait actuellement tout le parti que l’on peut tirer de l’insuline dans le traitement du diabète pan-

créatique.

Telle est, brièvement exposée, la pathologie endocrinienne, et il ressort nettement des constations faites par un grand nombre d’auteurs que les lésions des glandes internes entraînent fatalement de graves désordres dans l’organisme, et très souvent des acci-

. dents mortels.

Cliniquement, les altérations d’une ou deux glandes sont assez facilement reconnaissables par leurs manifestations, mais lorsqu'un certain nombre d’entre elles sont frappées simultanément ou successivement par une même cause, cela constitue un syndrome polyglandulaire particulier d’insuffisance, de proportion variable, si bien décrit par Baronaki, et nous avons tout lieu de croire, avec lui, que l’origine du cancer prend naissance à un stade de l’évolution des troubles fonctionnels polyglandulaires.

Il est à remarquer que la complexité de ces troubles

explique la facilité avec laquelle des causes multiples

peuvent entraîner de multiples syndromes morbides. Le syndrome polyglandulaire peut évoluer à l’état

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latent, ce qui est le Cas chez les néoplasiques, ou dépendre d’une maladie infectieuse et il prend alors une forme aiguë. Les causes déterminantes résident dans une lésion profonde d’une glande et le défaut de suppléance d’une autre glande brusquement défi- : ciente. L’hérédité syphilitique et les intoxications diverses jouent un grand rôle dans leur étiologie.

La forme chronique latente, qui nous intéresse particulièrement ici, malgré sa variabilité symptomatologique, groupe un certain nombre de signes cliniques d'insuffisance glandulaire dont deux d’entre eux, ceux de la thyroïde et de la surrénale sont bien connus. Ils se manifestent par une dépression générale, une prostration variable, une grande sensibilité au froid, la peau est sèche et épaisse, parfois pigmentée, les sourcils sont raréfiés, les cheveux sont secs, cassants, et blanchissent avant l’âge, la tension artérielle est peu élevée, les troubles gastro-intestinaux sont fréquents, etc. 6

Si l’on prend en considération certains troubles de la fonction hépatique, le teint subictérique, les selles fétides de couleur mastic, la constipation, une légère hypertrophie du foie sans qu’il soit le siège d’un: cancer ou d’une métastase, cela constitue incontestablement des signes pathologiques d’insuffisance hépatique bien nets. L’examen du sang, dès l’apparition de la néoformation, n’est pas moins significatif par les troubles globulaires qu’il présente, et qui sont dus, en grande partie, aux troubles fonctionnels spléniques.

L’amaigrissement précoce et la cachexie si spécia-

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le et si rapide chez lés cancéreux sont attribuables, en grande partie, aux troubles fonctionnels du pancréas. Mais la symptomatologie complète du cancer nous montre un groupe de signes indiquant nettement des troubles d'insuffisance polyglandulaire, troubles que nous retrouvons avec une intensité variable dans le processus néoplasique.

. L'apparition de ces troubles coïncide-t-elle avec l'apparition de la néoformation, ou bien lui est-elle postérieure ? | |

Tout laisse, au contraire, à supposer que ces troubles sont antérieurs à la néoformation et il est infiniment probable qu’il y a confusion entre la symptomatologie de l’état morbide initial lent et insidieux du cancéreux et les prétendus troubles qu’on attribue exclusivement au processus d’une néoformation.

Les constatations anatomo-pathologiques faites sur un grand nombre d’autopsies de cancéreux confirment, par les lésions des glandes correspondantes, les signes cliniques et hématologiques. Enfin, l’applicaüon d’une thérapeutique opothérapique prête son précieux appui à cette thèse par les résultats probants obtenus dans ces cas d'insuffisance endocrinienne par la correction de ces troubles fonctionnels.

Notre examen histologique personnel des glandes endocrines recueillies dans les autopsies de cancéreux concorde, en tous points, avec les constatations faites par Baronak:i :

Une sclérose anormale du parenchyme prédomine dans les coupes glandulaires.

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L'existence d’une périartérite et d’une endartérite des vaisseaux intraglandulaires ne fait pas l'ombre d’un doute. |

La dégénérescence des ramifications extrêmes des nerfs intraendocriniens est de règle.

Le stroma du parenchyme des glandes est généralement dégénéré. À

Chez les cachectiques quelconques, il y a fatalement des altérations glandulaires en raison directe de la dégénérescence organique qu’ils subissent, mais elles manquent de stabilité, chaque sujet présentant des troubles inhérents à son affection, où à sa cachexie, et qui ne sont nullement comparables à l’altération typique et régulière qui existe chez les cancéreux.

Les autopsies pratiquées sur des cancéreux, morts à la suite de cette affection, nous ont permis de retrouver ces lésions de cachexie fatale. Bien mieux, les autopsies pratiquées sur des cancéreux, morts d’une affection intercurrente ou accidentellement, ont permis à Baronaki et à nous-même, de constater des troubles glandulaires presque aussi accusés que chez les cancéreux, morts de leur cancer : La conclusion semble donc s'imposer.

Nous venons de faire une description sommaire des lésions vasculo-nerveuses des glandes internes chez les cancéreux ainsi que de leur envahissement scléreux, ce qui constitue déjà un stade avancé de leur dégénérescence.

I1 n’est pas fatalement nécessaire que les endocrines aient atteint un degré accusé de perturbations pour provoquer, dans l’organisme, de sérieuses déviations;

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il suffit que les ramifications terminales du grand sympathique aient subi une altération pathologique dans leur structure, ou qu’elles soient privées de leur élément excitateur, en l'espèce les sécrétions hormonales des glandes, pour qu’elles ne puissent plus remplir intégralement leurs fonctions sur les endocrines; ainsi se trouve finalement modifiée la sécrétion de ces glandes.

Il est à supposer qu’il y a une action intime et réciproque entre les sécrétions glandulaires et l'action du système nerveux, et, lorsque les sécrétions sont ralenties ou viciées, le système nerveux étant privé de son indispensable élément d’excitation hormonale, subit des modifications d’abord dans ses fonctions, puis finalement dans sa structure, et inversement, l’action du système nerveux sur les glandes est plus ou moins compromise. ne

Les preuves abondent de cette synergie fonctionnelle, nous n’en retiendrons qu’une seule : la corrélation entre le sympathique et la thyroïde démontrée expérimentalement par le réflexe oculo-cardiaque dans la maladie de Basedow.

Ces corrélations fonctionnelles intimes entre le grand sympathique et les sécrétions glandulaires n’ont rien de surprenant étant donné l’importance du rôle que le système vago-sympathique joue dans l’organisme humain; aucune fonction essentielle de la vie ne saurait s’accomplir sans lui. La plupart des symptômes pathologiques des maladies aiguës ou chroniques sont sous sa dépendance.

En résumé, de cet exposé, il se dégage un fait indé-

niable, c’est que certaines glandes internes, d’une importance physiologique inconstestable, sont susceptibles de devenir impropres à remplir intéraglement leur subtil rôle régulateur, stimulateur et catalytique dans les échanges intimes de l’organisme, soit par déficience de leurs sécrétions, soit par viciation de substances sécrétées, lorsqu'elles sont atteintes par une lésion primitive de leur propre structure, ou indirectement par des troubles fonctionnels du système nerveux qui les régit. F

On conçoit aisément qu’un déséquilibre de cette origine qui devient définitif puisse influencer défavorablement, non seulement les échanges organiques et lPhématopoïèse, mais aussi les fonctions cellulaires, par suite des modifications du chimisme hormonal qui contribue, en temps normal, à leur développement et coordonne leur équilibre.

Ces données montrent quelle source inépuisable de constatations présente encore l'étude des glandes internes ainsi que les humeurs de l’organisme, tant au point de vue cancer que sur bien des questions restées obscures en pathologie générale qui ont pour origine, très vraisemblablement, les troubles du système glandulaire à sécrétions internes (Baronaki).

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Historique des principales théories émises sur la pathogénie du cancer |

- La pathogénie du cancer a suscité un grand nombre d’hypothèses qu’on peut résumer en deux groupes essentiels : celui des théories parasitaires et celui des: théories cellulaires. Pour les premières, la cause du cancer dépendrait uniquement de causes extrinsè-: ques, les secondes, au contraire, mettent au premier plan les modifications intrinsèques des organes et des tissus. Un troisième groupe de théories existe enfin, à Pétat d’ébauche jusqu'ici, où l'existence d’une diathè- "se spéciale néoplasique est entrevue.

Le nombre vraiment considérable des théories parasitaires nous obligera, faute de place, à ne citer que les plus intéressantes. Nous rappellerons à nos lecteurs que Nepven, un des premiers, en 1872, signala la présence de microbes dans un épithélioma. Rappin * trouve un diplocoque, Scheurlen un bacille, Delbet un autre bacille reproduisant par inoculation au chien des tumeurs ganglionnaires multiples, Doyen décrit le micrococus néoformans, Roux un virus filtrant agent de l’épithélioma contagieux des oiseaux,

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Viennent avec Darier, Malassez, Wickham Vincent, Hache, la théorie coccidienne.

Mais les travaux de Borrel, Fabre-Domergue, Duplay et Cazin établirent l'identité entre ces pseudococcidies et des cellules en kératinisation anormale, et les auteurs de la théorie coccidienne l’abandonnent eux-mêmes. | Plus importantes et plus difficiles à interpréter sont les inclusions cellulaires de Thoma, Foa, Souda Kewitch dont les conclusions, appuyées par Metchnikoff, Ruffer et Walker, Borrel et tant d’autres, sont rejetées par Cornil, Duplay, Stroébé, Steinhaus, Unna, et surtout par Fabre-Domergue. Parmi les travaux moins abondants désormais sur ce sujet, il faut citer encore ceux de Nils-Sjobring, de Plimmer, de Von Leyden et de Jaboulay, dont les théories n’ont également qu’une durée éphémère, aueun des protozoaires connus et susceptibles de vivre dans le protoplasma des cellules ne pouvant y déterminer autre chose que des lésions inflammatoires ou des dégénérescences banales sans aucune ressemblance avec les lésions néoplasiques.

Mais si la présence réelle d'organismes vivants dans l'intimité des tissus n’a pu être réellement prouvée, non plus que leur indépendance d’avec ces tissus, on ne peut nier l’existence, dans certaines tumeurs, de parasites absolument authentiques: les blastomycètes.

Nissen en 1894, Roncali en 1895, décrivent le Saccharomyces vitro simile dégénérens. San Felice le S. Néoformans, Maffucy, Sirléo le S. Niger. Pour Ron-.

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cali (Traité des néoplasmes malins), la carcinomatose serait due à l’action complexe d’un Quid vivum constitué par les Saccharomycetes et leurs toxines. .

Roger et Weill auraient reproduit chez le lapin ur adénome du rein par injection d’un saccharomycète prélevé chez un homme atteint de Macroglossie, le S. Linguæ pilosæ, mais d’après l’examen des figures qu’ils en donnent il semble s’agir d’une papillite infectieuse.

Comme parasites, Borrel et Hoffmann chez la souris, Moritz, Mulzer, Lowenthal chez l’homme, ont trouvé des Spirochètes. Mais ce sont là des agents d’infection secondaire. L

Bra décrit un champignon paraissant être un Myxomycète.

. Il résulte de tout ceci que les seuls faits positifs observés expérimentalement sont les suivants. Avec tous ces parasites, on n’a pu obtenir de résultats que lorsque les conditions de l’expérience ont respecté la vitalité des cellules, même lorsqu'il s’agissait d’actions absolument inoffensives vis-à-vis des microbes connus, tels que l’écrasement du fragment à greffer. Les faits cliniques de transmission et de contagion ne sont pas plus démonstratifs. L’extrême fréquence du cancer ütérin choque par rapport à la grande exception du cancer de la verge. Les preuves tirées du parasite lui-même sont bien fragiles. Dans les formes endo-parasitaires, il n’est même pas prouvé qu’il s’agisse réellement de parasites, encore moins de parasites pathogènes. En outre, ces parasites ressemblent fort, par leurs apparences histologiques, à des alté-

rations cellulaires authentiques dont on a pu suivre toute l’évolution. RL UT A

Quant aux parasites réels, microbes ou Blastomycètes, les uns sont sans action pathogène, les autres sont bien pathogènes, mais causent tantôt des infections générales, tantôt aussi des lésions locales purement inflammatoires. Outre ceci, s’il n’y avait en cause qu’un parasite spécifique, pourquoi les cellules similaires ne seraient-elles pas infectées de proche en proche ? Pourquoi la tumeur croîtrait-elle par multiplication de ses propres éléments ?

En opposition avec les théories parasitaires, les théories cellulaires cherchent dans les modifications de l'organisme lui-même les causes du processus cancéreux. Ce dernier paraissant localisé au début, on s’est attaqué aux éléments cellulaires. Dès 1835, Ménétrier, à propos de la généralisation d’un cancer de l'ovaire, expose que: « Ici l'élément en cause est une cellule épithéliale douée, on ne sait pourquoi, de véritables-propriétés infectantes. » es

Bard emploie le terme d’anarchie cellulaire pour peindre la révolte des cellules contre l'organisme qui les a formées. Mais quelle peut bien être la cause de cette révolte ? Pour Marshall et Debove, la croissance néoplasique tiendrait à une absence ou à une disparition de régulation nerveuse. Peut-on croire cependant que chez l’embryon. ou chez le fœtus, les phénomènes de développement se passent sous le contrôle de l’influence nerveuse ? |

Pour Thiersch l’épithélioma se développe chez les gens âgés parce que, chez eux, le tissu conjonctif sé-

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nile ne s ‘opposerait plus à “la inültiplication des cellules épithéliales encore très vivaces : mais, dans ce: cas, Ponts tous " éprhéhums ne prolifieraient-ils pas : È sd :

Bard pense que lintiuence' modératrice qui régit” l'accroissement des tissus et leur renouvellement est” exercé par tout l'organisme sur ‘chaque cellule qui Je cotistitue : c'est l'induction vitale. La cellule néopla* sique: aurait perdu la puissancé de recevoir cette inflüence modératrice, incapacité qui serait | dévénue héréditaire poûr toutes les cellules qui en dérivent. Cette pathogénie, écrit Bärd, 4 nè fait pas appel à à des | facteurs actifs, mais à une sorte de carence, elle ne repose pas sur l'acquisition de’ propriétés nouvelles ‘ par les cellules du cancer mais, au contraire, sur la perte d’une dé leurs propriétés ‘normales fonidamen- | talés ». Or, il est difficile ‘d’admettré cette hypothèse, caf, en pratiquant des culturès pures ‘de tissus, sui- \ vant la méthode Carrel, on observe des Phénomènes | e d’'indifférenciation, de dédifférénciation et de proli- \ fération indéfinie, phénomènes qui, ‘évidemment, ap. partiennent aux éléments cancéreux. ‘Cependant, ces : cellules dévenues si atypiques et si proliférantes ne sont pas devenues pour cela cancéreuses, car ‘réintroduites dans l'organisme, même plusieurs années après, elles se soumettent à sa régulation ainsi qee Champy l’a prouvé expérimentalement. " à La théorie des germes embryonnaires de Cohnheim suppose une origine congénitale à toute tumeur, chose admise universellement pour les nœvi, tératomes, < kystes: es Des cellules embryonnaires, long-

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temps inactives; récupéreraient tout à coup leur force proliférative initiale suffisante pour former des néoplasmes, mais quelle serait l’impulsion qui les obligerait à proliférer ? Le manque de résistance physiologique du tissu avoisinant qui semble suffisant à Cohnheim, nous paraît, pour le moins, gratuit. Exacte pour les tumeurs embryonnaires d’origine, la théorie de Cohnheim ne peut s'appliquer aux cancers. L’origine embryonnaire n’explique pas la prolifération néoplasique. De plus, on ne pourrait obtenir, « de novo », la formation de cancer au dépens de peau sai- - ne, comme dans le cancer du goudron.

L’insuffisance manifeste de la théorie de Cohnheim, surtout vis-à-vis du cancer, amena Ribbert à la compléter. Si les cellules embryonnaires sont disposées à la prolifération néoplasique, ce n’est pas parce que, restées embryonnaires, mais parce que, cellules en hétérotopie et par là isolées de leurs connexions naturelles. Un peu d’attention suffit pour observer que la plupart des cellules ou des tissus en hétérotopie tels que nœvi restent sans changement toute la vie. Combien de cicatrices ne gardent-elles pas de cellules épithéliales dans leur sein, sans pour cela arriver au cancer ? Il faut donc plus que l’hétérotopie pour le développement d’un néoplasme.

De l'inclusion cellulaire et de l’hétérotopie, nous passons aux théories embryogéniques.

Critzmann voit à l’origine du cancer un embryon jumeau par prolifération ovulaire. Pour Bard, le point de départ serait un blastomère égaré au début du développement et qui croît dans des conditions dé-

favorables. Masson écrit: « Rien n’interdit de penser qu’un leucocyte arrêté dans une cellule fertile puisse avoir sur la cellule le même effet que sur un œuf vierge ». Roussy trouve de grandes ressemblances entre le phénomène de la fécondation normale et celui de la cancérisation, et suppose que le stimulant formatif est peut-être un agent de nature physico-chimique. | :

Nous nous bornerons à dire que le cancer n’est pas un nouvel être, un nouvel organisme, mais un simple groupement de cellules de la même espèce. Pourquoi alors supposer à son origine un processus analogue à celui de la fécondation ?

On a voulu enfin voir comme condition d’apparition d’un néoplasme une cause locale provocatrice ou même productrice, et une cause générale complice, cette dernière étant une diathèse spéciale « Maud Slye », acquise ou héritée. Comme causes locales, hétérotopies, traumatismes, irritations de toute nature, mécaniques, physiques, chimiques, parasitaires ou microbiennes. Rares seraient d’après cet auteur les cas de cancer où une altération antérieure des tissus intéressés n’aurait pas été observée.

Or, il n’est pas sans intérêt de savoir que si le cancer peut se développer sur des points d’une certaine étendue, chroniquement irrités, il peut également débuter simultanément en des foyers multiples plus ou moins distants les uns des autres : épithélioma né d’un lupus, d’un nœvi, d’une cicatrice, ainsi que le cancer des paraffineurs, des ramoneurs. Dans les tumeurs du tégument externe (lèvres par exemple) l’évolution dé-

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bute, contrairement à l'hypothèse de Bard, par tout un groupe de cellules épithéliales, s'étend par transformation des cellules voisines (Ménétrier) et, non par prolifération d’une cellule initiale (Bard), ni par la conjugaison de deux cellules (Hallion). La théorie de la sélection cellulaire tente d’expliquer la cancérisation, par l'acquisition au suprême degré par certaines cellules, d’aptitudes réactionnelles et prolifératives, propriétés normalement présentées par toute cellule. Il en résulterait une race de cellules nouvelles adaptées à des conditions nouvelles (Le Dantec).

Mais, dans les actions et réactions, qui ont lieu, sans cesse, entre les cellules de l’organisme, il faut donner une grande importance aux influences que régissent, de près ou de loin, les substances en circulation dans | le sang. Si l’on admet (et la logique le veut), que le cancer, qui se développe, dissémine dans l’organisme des produits toxiques, cause pour beaucoup de la cachexie cancéreuse, il est, pour le moins, aussi rationnel de ne pas perdre de vue le rôle des substances venues des différents organes, en particulier, des produits de sécrétion des glandes endocrines, soit saines, soit surtout troublées. Leyden et Péter Bergell supposent l’existence de ferments organiques, d’après eux, d’origine hépatique, qui agiraient par leur présence pour empêcher la prolifération néoplasique, leur absence contribuant, au contraire, à leur prolifération.

Hemmter et Mayer ont des opinons semblables et ils admettent l'intervention d’un ferment excitateur ou l'absence d’un ferment inhibiteur dans la génèse dé tout néoplasme,.

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