‹ Néoplasie et déviations pathologiques des endocrinesChapitre 9 sur 14 · NO 7 RE · texte numérisé non relu

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Pareiilement, Robin conclut à laction d’un ferment dissociateur des protéiques de l'organe où vont naître les cellules cancéreuses. D’après les auteurs précités et nombre d’autres, bien qu’ils ne précisent nullement la nature, le rôle exact, ni la valeur pathogène des cellules cancéreuses, il semble infiniment logique de faire jouer dans la pathogénie des néoplasmes un rôle prépondérant aux produits solubles élaborés par l'organisme et en circulation dans ses divers milieux. Nous ne croyons pas exagéré de dire que c’est dans cette voie que commencent à s’orienter la plupart des recherches actuelles. Nous nous y sommes engagés et nous serons amplement récompensés de nos efforts si les quelques résultats que nous donnons ici ne sont pas, comme nous l’espérons, dénués de tout intérêt et contribuent, si peu que ce soit,

à faire entrevoir la solution du problème.

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Diathèse cancéreuse

Nous avons vu précédemment que l’idée d’une diathèse cancéreuse n’est pas chose nouvelle, puisque Bazin, Hardy, et principalement Verneuil, croyaient déjà à l’existence d’une diathèse néoplasique qu’ils considéraient, en dernier ressort, comme liée à l’arthritisme ou à l'herpétisme. Lancereaux fait jouer un grand rôle à l’hérédité nerveuse, mais ses hypothèses sont restées invérifiées.

Baronaki et nous-même, adoptons complètement ces vues. Cette diathèse cancéreuse, qui s’installe, d’ailleurs, très insidieusement, serait causée primitivement par un état morbide de certaines glandes endocrines et secondairement par celui des ferments organiques et des humeurs.

Les altérations des glandes sont, à la fois, d’ordre anatomique et d'ordre fonctionnel : les cellules en voie de dégénérescence donnent naissance à des produits plus ou moins différents de ce qu’ils sont normalement, d’où il résulte des troubles de la nutrition intime de l'organisme. On peut même distinguer deux périodes dans l’évolution de cette diathèse. La première, précédant toute localisation cancéreuse, com-

| 22 4 — prend des troubles psychiques et physiques complexes qu’un interrogatoire minutieux permet de reconnaître. |

Ces troubles précurseurs consistent surtout en une asthénie progressive réduisant singulièrement la capacité de travail. Les malades éprouvent une lassitude hors de rapport avec la dépense nerveuse et musculaire qu’ils ont effectuée. Des sensations de vertige, ‘une tendance marquée à la prostration, à la mélancolie, de l’insomnie, de l’essoufflement, des névralgies, de l’amaigrissement, parfois des éruptions érythémateuses ou herpétiques assez peu accusées, tels sont les points que l’on peut mettre en évidence.

Nul doute qu’un examen séro-sanguin pratiqué à cette phase, donnerait de précieux éléments de diagnostic.

Dans la deuxième période, lorsqu'il est possible de poser un diagnostic, nous retrouvons, mais plus accentués, les symptômes précédents. Le teint est jauni, - les paupières sont gonflées le matin, la dépression est: plus accentuée, les cheveux grisonnent, les sourcils s’éclaircissent, la tension artérielle et le métabolisme basal sont déficients. On note encore une susceptibilité marquée au froid, des troubles nerveux, des douleurs musculaires et articulaires. On note presque toujours des troubles digestifs, encore plus souvent de. l'impuissance sexuelle.

Il est rare de trouver tous ces symptômes réunis chez le même malade et nous pensons que c’est un fait regrettable car il y a là un élément de diagnostic intéressant,

lie

Si nous portons notre examen du côté des urines du malade, nous remarquons que l’urée, les chlorures, lès phosphates et l’acide urique sont au-dessous de Jeur taux normal. Mais, par contre, les rapports des chlorures à l’urée et de l’acide phosphorique à l’azote total sont augmentés. L’azote des extractifs à l’azote total est passé de un à deux et parfois davantage ; en outre, on trouve des éléments anormaux: corps acétoniques et biurétiques (A. Garrigue).

La toxicité est très caractéristique.

: Le sang enfin est modifié dans son sérum, son plasma, sa densité, sa réaction, ses éléments protéiques, sa toxicité, sa minéralisation et ses figures globulaires. Nous préciserons tous ces points ultérieurement.

Cet exposé rapide suffit pour mettre en évidence des signes nets d'insuffisance thyroïdienne et surrénale. Nous devons encore songer à d’autres lésions endocriniennes telles que celles du foie, de la rate et du pancréas, en présence de l’état d’asthénie adyanamique si spéciale. Il est vraiment regrettable que nos connaissances soient trop imprécises sur les manifestations pathologiques de ces glandes pour nous permettre de distinguer nettement les signes cliniques de chacune d’elles. Nous en sommes donc réduits à réunir tous les symptômes anormaux susceptibles d’être causés par des lésions endocriniennes pour nous faire une idée de l’origine de cette asthénie.

La pathogénie du néoplasme est assez connexe avec les troubles neuro-arthritiques pour que Verneuil, Bazin, Hardy, Lancereaux aient pensé que le terrain arthritique essentiellement héréditaire, est suscepti-

ble de favoriser le cancer. Mais ils ne donnent nullement la cause initiale de cette prédisposition.

L’arthritisme paraît être une entité morbide originelle causée surtout par des viciations endocriniennes et un ralentissement des sécrétions internes. De fait, de nombreuses autopsies pratiquées sur des arthritiques morts accidentellement permettent de constater des glandes en dégénérescence parenchymateuse, envahies par du tissu conjonctif et présentant des troubles vasculo-nerveux. :

Même normalement, les échanges intimes varient dans des proportions importantes. Ils diminuent ävec l’âge et sont moindres chez la femme que chez l’homme à âge égal. Ces échanges paraïissent dépendre de Paction régulatrice des sécrétions endocriniennes. Il suffit d’une insuffisance de ces sécrétions pour déterminer un ralentissement des oxydations et des fermentations, puis des troubles de la nutrition. Nul ne conteste que l’arthritique ne brûle pas suffisamment et n’élimine pas assez, d’où accumulation de déchets dans son organisme. Que cet état s’accuse et qu’il vienne s’y ajouter quelques circonstances adjuvantes, voilà un terrain favorable à la néoplasie.

Peut-on, dans ces conditions, admettre que le cancer est une maladie uniquement locale ne pouvant être guérie que par l’ablation chirurgicale totale ? Si Bard, et Hartmann entre autres chirurgiens, ont contribué à répandre cette opinion, ils n’ont apporté, à l’appui de leur assertion, que ce seul argument : l’ablation chirurgicale d’un néoplasme n’est pas nécessairement suivie de récidive. Mais pourquoi se

refusent-ils à admettre qu’une réaction défensive de l'organisme reste possible après l'intervention dans le cancer, au même titre que dans toute autre affection pathologique ?

Le système endocrinien étant d’une extrême sensibilité, bien des circonstances peuvent l’impressionner et activer ses fonctions.

Un autre facteur paraît également intervenir utilement pour renforcer la résistance de l’organisme : c’est la résorption d’un ferment venu de la néoformation elle-même. Ce dernier semble immuniser l’organisme pour une période variable, s’opposer à la multiplication des néoformations et exciter les sécrétions endocriniennes.

C’est ce que confirme l’expérimentation. En effet, on fait macérer pendant 48 heures et dès son extirpation, un fragment d’épithélioma dans du sérum physiologique glycériné. On injecte 5 millgr. du liquide recueilli dans la jugulaire d’un lapin, tous les deux jours pendant vingt jours, après avoir fait précéder la première injection d’une saignée de 5 cc. Or, au lieu de la dépression qu’on devait prévoir, on note une accélération du pouls, une augmentation des globules rouges, une densité plus grande et une augmentation de l’extrait total du sang. Les glandes sont en pleine turgescence et la vitalité de l’animal est plus grande. En outre, la résistance de l’animal en éxpérience est plus forte que celle des témoins visà-vis des liquides cancéreux injectés ensuite à dose toxique.

Pour beaucoup d’auteurs, la mort du cancéreux

Ms est déterminée par la résorption des produits toxiques solubles, nés ou formés dans le foyer cancéreux; les complications, les processus morbides associés, la période cachectique enfin, étant pour eux la conséquence de cette intoxication générale.

Pour nous, au contraire, les actions nocives, les ulcérations, les infections parasitaires banales ainsi que les abcès et processus gangréneux qui en résultent mis à part, les toxines ne paraissent pas présenter la gravité qui leur a été attribuée. Bien plus, les récentes néoformations non infectées secondairement nous semblent donner des toxines plus utiles que nocives pour la défense de l’organisme contre le cancer et, en tout cas, elles sont moins dangereuses qu’on le croit généralement.

En effet, si la toxicité des produits issus d’un néoplasme était vraiment considérable, nous devrions voir les malades mourir rapidement dès que la tumeur prend uñe certaine importance. Or, il n’en n’est rien.

En opposition avec les hypothèses actuelles, le cancer nous paraît être une auto-intoxication lente, ayant pour origine des troubles de sécrétion des glandes endocrines, dont la conséquence est une viciation humorale et une rupture de l’équilibre nutritif avec les éléments tissulaires.

La dépression générale, la prostation, la sensibilité au froid, la peau sèche, épaissie, un peu pigmentée, les sourcils raréfiés, les cheveux grisonnants, secs et cassants, la tension artérielle basse, les troubles gastro-intestinaux, tous symptômes dont nous avons

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déjà parlé, sont les signes cliniques d’une insuffisance thyroïdienne et surrénale. | 3

Le teint subictérique, les selles fétides, grises, la légère hypertrophie du foie, non touché cependant par le cancer ou la métastase néoplasique, font nécessairement penser à une déficience hépatique. Les troubles sanguins déjà importants, alors que la tumeur est encore minime, indiquent des troubles fonctionnels de la rate.

Ces accidents ne semblent pas apparaître en même temps que le cancer; vu leur importance déjà grande à ce moment, il est logique de leur supposer une

existence antérieure à celle du néoplasme et, dès lors, il y a pour nous confusion entre la symptomatologie de l’état morbide initial du cancéreux et les prétendus troubles attribués uniquement au processus cancéreux.

De fait, les constatations anatomo-pathologiques exposées précédemment nous ont, en effet, permis d’observer, à des degrés variables, l’altération de certaines glandes endocrines qui, chez les cancéreux, diffèrent généralement par leur volume, leur poids et leur structure des glandes normales.

Il y a sans nul doute un rapport étroit entre les sécrétions glandulaires et l’action du système nerveux. Les sécrétions une fois ralenties ou altérées ,le système nerveux est privé de son excitant normal indispensable et subit des changements dans ses fonctions d’abord, dans sa structure ensuite. Inversement, l’action du système nerveux sur les glandes étant bouleversé, les glandes voient survenir des modifications

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