PEER XXV
PURPEo (C.-E). — Néphrectomie et grossesse. Brit, M. J., 26 mars 1898, p. 817.
Lettre d’un médecin signalant un cas de sa pratique. Femme de 27 ans accouchée d’un enfant le 10 juillet 1897 après avoir subi l’ablation du rein gauche pour pyonéphrose huit mois auparavant. Elle avait beaucoup d’albumine dans l’urine pendant sa grossesse. Accouchement normal, enfant en bonne santé.
Observation XX VI
In Thèse REeynaun (Lyon) ( (Observat. VI) 1906. — (Publiée in Thèse Loup, p. 130 ; et in Travaux cliniques de Chirurgie urinaire, 1903.) :
Plon rénale gauche. Séparation de l'urine des deux reins,
Néphrectomie lombaire gauche. Guérison.
Me B..., 25 ans.
Douleurs rénales et vésicales depuis un an.
13 juin 1903. — Séparation des urines.
Urine d’abord sanglante, puis claire, à droite,
Urine purulente à gauche.
On sent un peu le rein gauche.
Urine purulente, légèrement hématique.
Cystoscopie. — Capacité vésicale : 50 grammes.
Muqueuse très rouge.
Orifice urétéral droit normal.
Orifice urétéral gauche caché par une ligne blanchâtre et de ce côté, la vessie présente de légères élevures jaunes,
Inoculation positive.
27 juin 1903. — Néphrectomie lombaire gauche sous-capsulaire.
4 décembre 1903. — À engraissé de 13 kilogrammes.
Plaie incomplètement cicatricée.
19 novembre 1904. — Me B..., vient de mettre au monde un gros garçon qu'elle allaite depuis quinze jours. Elle se porte à merveille ; très bonne nourrice.
Dans les derniers temps de sa grossesse, elle était enflée, sans albumine, Cet état a cédé au lait et au régime déchloruré.
La plaie s’est fermée vers le cinquième mois de sa grossesse (huit mois environ après son opération). L’urine est claire, mais contient quelquefois un peu de sang, lorsqu'elle se fatigue.
Miction: 3 à 4 la nuit pendant la grossesse ; 2 à 3 maintenant; 4 à 5 le jour.
27 février 1906. — Le Dr Martin écrit que l’opérée se Gone bien.
Observation XXVII
In Thèse Reynau», Lyon, 1906. (Observat. IV). — (Publiée in
Thèse de Loup, p. 104, et in Travaux cliniques de Chirurgie urinaire, 1903).
Tub. rénale gauche et tub, vésicale. Néphrectomie. Mxe V..., 34 ans.
13 Bctobfe 1902. — Entre à Phôpital Saint-Joseph.
x HÉROS
Séparation des urines, — A droite, urine à peu près claire ; à gauche, urine purulente. | 11 novembre 1902. — Néphrectomie sous-capsulaire gauche
sans incident.
Le rein enlevé présente une cavité considérable remplie de pus, avec des grains durs. Cet abcès vidé, le rein est de volume peu supérieur à la normale.
14 novembre 1904. — A engraissé de 18 kilogrammes.
Ürine claire ; 4 mictions la nuit ; 4 mictions le jour.
Elle est enceinte.
6 mars 1908. — Très bien portante.
Nourrit un enfant bien portant.
Plus de douleur en urinant.
Observation XXVIII
ScHrAMM. — Berliner Klin. Wochenschr, 1896.
Femme F.., âgée de 25 ans, bien réglée depuis l’âge de 16 ans, secondipare; le deuxième accouchement eut lieu il y a deux ans et demi et fut suivi de péritonite. Depuis ce moment, apparition d’une tuméfaction abdominale du côté droit: douleurs abdominales; douleurs dans la jambe droite, puis, un peu plus tard, incontinence d’urine (20 mars 1891). A la palpation, on sent une tumeur qui occupe toute la moitié droite de l’abdomen, et est très mobile. Douleurs dans la région lombaire. Fluctuation nette de la tumeur.On porte le diagnostic de tumeur de l’ovaire. A la percussion, tympanisme abdominal qui se confond en haut avec la matité hépatique. A l’examen vaginal on ne trouve rien d’anormal du côté des annexes; l’utérus est rétrofléchi. Les rapports de la tumeur avec le côlon ascendant et la constatation de l'intégrité des deux ovaires font croire plutôt à une hydronéphrose du rein droit. Opération le 1°" avril 1891; néphrectomie après laparotomie médiane. L'opération montre une tumeur grosse comme une tête d'homme. Le kyste renfermait environ 2 litres d’un liquide jaune clair ressemblant à de l’urine.
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Examinée macroscopiquement et microscopiquement, la: tumeur présentait tous les caractères d’une hydronéphrose. Les suites opératoires furent bonnes. Pendant la première semaine il y eut une élévation de température. Guérison.
A la fin de l’année 1894, la malade se marie et devient enceinte. Le 1° avril 1895, elle est enceinte de 5 mois, et se plaint vivement d’une forte tension dans la cicatrice. Albumine dans Purine. Malgré tout, la grossesse évolue normalement, et le 31 juillet 1895 elle met au monde un enfant, à terme, pesant 6 livres. Guérison sans accidents, sauf un peu d’arythmie après le travail.
Observation XXIX
SHEPHERS — Suites éloignées Dre néphrectomie. Soc. médicochir. de Montréal, 16 mai 1890.New-York M. J., 28 juin 1890, p. 723.
Le D' Shepherd rapporte la mort d’une femme à qui il avait enlevé le rein gauche en septembre 1885, pour pyélite calculeuse. Deux ans après l’opération, le rein droit était atteint à son tour et depuis il ÿ avait toujours beaucoup de pus dans les urines. La femme accoucha trois fois depuis l’opéralion du rein et mourut dix Jours après le dernier accouchement. A l’autopsie, on trouva le rein droit hypertrophié, calculeux et plein de pus. La femme avait refusé de se soumettre à une seconde opération qui eût prolongé son existence.
Observation XXX
STEINHEIL (O.-A.). — Deutsche Med. Wochenschr ., 1901, XXVII, p. 821.
Femme de 25 ans, mariée depuis peu de temps. À subi, il y a sept ans, l’ablation du rein gauche pour tuberculose; elle pré-
RO sente actuellement une cicatrice solide, indolore dans la région rénale gauche. Urine purulente et légèrement sanguinolente. Le 11 juin 1895, la femme est enceinte de deux mois. Elle entre à là clinique d'accouchement où elle est surveillée; l’auteur même lui propose de la faire avorter à cause des dangers que la grossesse peut lui faire courir, mais elle refuse. La grossesse évolue normalement et la parturiente accouche, à terme, le 4 février 1896, d’un enfant bien constitué et vivant, en présentation du sommet. Application de forceps à cause de manque de douleurs expulsives.La délivrance se fit facilement une demi-heure après l’accouchement. Les suites de couches furent normales, sauf une légère élévation de température.
Après l’accouchement, rétention d'urine ; on est PE de sonder la malade. La vessie donne Pimprossion qu’on a affaire à une vessie tuberculeuse: et l’on doit faire le cathétérisme vésical jusqu’au 25 février, époque à laquelle la malade recommence à uriner normalement. Guérison.
Dans une lettre qu’elle adresse en janvier 1897 à l’auteur, la malade déclare qu’elle est satisfaile de son état de santé. Elle meurt le 25 novembre 1897, probablement des suites du processus tuberculeux dont elle était atteinte, et cela un an et neuf mois après son accouchement. L'enfant est bien portant.
Observation XXXI
TriDONDANI. — Annal. d'Obst. e Gin., 1896, p. 522.
Femme de 29 ans qui, au huitième mois d’une grossesse, présente des phénomènes brusques d’occlusion intestinale et une certaine difficulté à uriner et des mictions douloureuses. Un mois plus tard elle accouche presque spontanément d’un enfant = pesant 3.500 grammes. Suiles de couches presque normales. Examinée ultérieurement, la malade présente une tumeur kystique adhérente à la paroi abdominale. On peut penser à une tumeur de l’ovaire. Mais la matité que l’on perçoit à la percussion dans la région lombaire permet de croire plutôt que le rein seul est intéressé.
Laparotomie. — On trouve une tumeur dus le côté gauche de l'abdomen, adhérente à la paroi abdominale antérieure, ayant
— 68 —. : | les dimensions d’une têle de fœtus. Néphrectomie; en cherchant à énucléer la tumeur, celle-ci se rompt et laisse échapper un liquide grisâtre, inodore. En introduisant le doigt au fond de la” tumeur on a la sensation de calices rénaux dilatés. Lavage du péritoine. Guérison. Suites opératoires normales.
Depuis l’époque de la néphrectomie (novembre 1890) jusqu’à maintenant (1896), la femme eut trois grossesses qui évoluèrent normalement, à terme, et elle mit au monde trois enfants vivants. Les suites de couches furent normales. La mère allaita ses trois enfants; l'allaitement des deux premiers nés après l’opération dura treize à seize mois et il se poursuivit sans aucun accident.
Observation XXXII
Turrier. — Trois grossesses après néphreclomie, in Thèse MartTevizce. Pyélonéphrite el grossesse. Paris, 1905.
B... Marie, 26 ans ; V-pare.
Toute jeune, cette femme souffre du côté droit dans la région lombaire ; elle a eu, dit-elle, de nombreuses coliques néphrétiques ; ses souffrances s’accroissent au moment des règles ; ses urines sont souvent troubles.
Elle se fatigue facilement. A eu la rougeole à 2 ans.
1° Première grossesse à ‘20 ans en 1899. Elle souffre dès le début, a des vomissements, des troubles gastro-intestinaux, elle perd en blanc ; elle souffre en urinant, ses urines contiennent du
- pus,sont épaisses, blanc jaunâtre, puis renferment de l’albumine.
La malade entre à l'hôpital, enceinte de six mois, le 2 juin 1899 ; elle est opérée immédiatement. M. Tuffier lui fait une néphrotomie du rein droit; extrait un calcul, une fistule urinaires’en suit.
Six semaines après, le 16 août, elle accouche d’un enfant mort et macéré, ne remuant plus depuis la fin de juillet.
La même année, M. Tuffier l’opère à nouveau, le 24 octobre, lui fait l'ablation du rein droit. Il s'ensuit une phlébite qui immo. bilisa quarante jours la malade.
2° Deuxième grossesse en 1900. Elle a de l’albumine, doit se reposer pendant trois mois. L'enfant vient vivant, pèse 3 k. 500. L'accouchement se fait à terme, lentement.
Comme suite de couches : abubs du sein, incision.
3° En 1901, fausse couche de six semaines à la suite d'un effort.
4 En 1902, quatrième grossesse. La malade a de l’albumine, des vomissements jusqu’à 4 mois et demi; fatigue dans les jam-
bes. Deux mois avant le terme, développement de de circulation veineuse du côté droit (côté de la néphrectomie).
OIDP. Accouchement normal à terme d’un garçon.
En 1904, la imalade se présente à la consultation le 14 juin, enceinte de 2 mois et demi. Elle à des vomissements, souffre de temps en temps du côté droit ; mais en ce moment éprouve de .la douleur dans la région lombaire gauche.
Elle souffre en urinant. Les urines contiennent de l’albumine, du pus.
Elle vient se reposer : son séjour est de deux semaines.
Le pus et l’albumine disparaissent de l’urine. La malade part à la campagne jusqu’à la fin de sa grossesse. Elle a des vomissements jusqu’à 4 mois et demi. Le réseau veineux du côté droit “est très développé. Repos continuel ; l'albumine persiste.
7 janvier 1905. — La malade rentre à la Maternité à 8 mois et demi. Albumine.
20 janvier. — L'albumine disparaît complètement.
23 janvier. — Accouche d’un enfant vivant pesant 37050 grammes. L’albuminé reparaît dans les urines et persiste à 1 gr. 1/2. Bon état général.
Observations XXXIII et XXXIV Twynam (G.-E.). — La néphreclomie el ses rapports avec la grossesse. Brit. M. J., London, 12 février 1898, p. 423-425.
L'auteur rapporte deux cas:
Ogs. I. — Femme de 32 ans, multipare : pyélite calculeuse ; néphrotomie, puis néphrectomie. Grossesses sept mois après l’opération, menée à terme sans incidents. On fut obligé d'administrer le chloroforme et d'appliquer le forceps, pour empêcher une hernie ventrale par la plaie opératoire, qui menaçait de se pro-. duire dans les efforts d'expulsion pendant l’accouchement.
Ogs. II. — Femme de 39 ans, 6 enfants, Pyonéphrose. Ablation du rein gauche. Grossesse normale quatorze mois après l'opération. ,
Nous avons relevé 26 cas de néphrectomie, faites au cours de la grossesse ‘ avec 2 morts, soit une mortalité de 7,6 }.
Bien qu’en ces dernières années, la mortalité pour néphrectomie se soit abaissée dans des proportions considérables, nous avons été surpris de trouver un pourcentage aussi peu élevé.
En effet, les observations recueillies ne sont point récentes ; quelques-unes sont déjà vieilles d’une quinzaine d’années.
Elles sont incomplètes, et si vraisemblablement, l'analyse de l'urine fut faite souvent, elle est rarement relatée. De plus, ces opérations furent pratiquées à une époque où l’analyse del’urine de chaque rein n’était pas entrée dans la pratique courante, et Le plus souvent, le rein malade fut enlevé sans.que l’opérateur sût ce que valait le rein du côté opposé, et sans que probablement l’effleurât même la crainte de son absence congénitale possible .”
Sans doute, on est en droit de faire des réserves sur ces observations, qui manqüent des renseignements les plus utiles, mais telles qu’elles nous apparaissent, leurs résultats méritent d’obteuir l’attention. ; \
LA
La néphrectomie fut faite pour les affections diverses :
Pyonéphrosés2,,.15 6er m6 cas
Hydronéphrosés Hi Ne Re Pyélite caleuleuse. . . . : . 3— Kysté:duréin.7".1t Me Ro AdénOnC Le AC ee Mere
1. Nous n'avons pas fait entrer dans cette série deux observations dont nous n'avons pu nous procurer le texte, malgré nos recherches.
1. Mars, Demonstration einer im sechsten swangerschaftsmonat extirpierten Niere Przeglad. Lekarski, 1902.
2. Prochoyvnick. Néphrectomie pendant la grossesse. Aertzl, Verein, in. Hamburg, 1900.
ess He)
Tuberculose rénale ONE NAT ECas Kyste hydatique . . . . . . 1 — Epithélioma : . 1 —
Fistules TR : de LE phrotomies pour pyonéphroses. 2, — Sans diagnostic . . . . . . 2—
Les deux cas mortels sont ceux de Lenger (Obs. XV) 1" série et de Tuffier (Obs. XXIV) ir série.
Dans la première observation la malade mourut d’éclampsie trois jours après l'intervention; les premiers accidents étant apparus le lendemain même de l’opération. On ne signale pas que l’examen des urines eût été fait à quelque moment.
La seconde malade (Tuffier), mourut quatorze jours après l'opération, deux jours après un curettage avec tous les signes d'une grosse embolie. A l’autopsie on trouva un caillot cruorique dans les iliaques. 11 nous semble que Tuffier a raison de parler de guérison opératoire, car cette embolie est plutôt la conséquence de l’avortement ultérieur. En tous cas, cette terminaison malheureuse par embolie signalée après toutes les grandes interventions abdominales, n’apporte aucun argument défavorable à la néphrectomie pendant la grossesse.
Au point de vue obstétrical, nous n’avons pas de renseignements sur l’accouchement dans quatre cas.
Il y eut un avortement spontané au deuxième mois (Brown) . sans suites pathologiques.
L’interruption de la grossesse fut pratiquée deux fois dans les cas de Gester et de Twynam. Ce dernier ne donne pas les raisons qui le déterminèrent à pratiquer Pavortement : peut-être la présence d’albumine qu'il signale lui a-t-elle fait craindre une évolution fâcheuse. La malade eut après l'expulsion d’un embryon de quatre mois, une légère attaque d’ His qui disparut, d’ailleurs, quelques heures après.
Les accouchements dans les autres cas, furent normaux; les enfants bien‘portants, souvent même la mère allaita son enfant. Dans les cas de Cumston, l'enfant naquit à 7 mois 1/2, il n’est point fait mention de son état.
En résumé, les suites chirurgicales et obstétricales de ces néphrectomies peuvent être considérées comme bonnes ; et, dans
SE; du
les conditions où elles furent faites, un tel qualificatif est plutôt au-dessous de la vérité.
D'un autre côté nous avons collationné dans la littérature obstétricale 34 observations de grossesse chez des malades ayant subi antérieurement une néphrectomie :. C’est certainement un nombre fort restreint; beaucoup de cas ne sont sans doute pas publiés et de plus longues recherches permettraient d'allonger cette liste.
Telle qu’elle est cependant, il nous a semblé qu’elle méritait de retenir l’attention, moins par la précision des examens, trop souvent incomplets ou insuffisants, que par les phénomènes cliniques décrits, et par les considérations qui en découlent.
La néphrectomie fut faite pour des affections diverses :
“Tuberculose 1:44, Bo rcas Lithiase aseptique . . . 2 — Lithiase infectées ie ÿ — ; PyOnéphrose Ts RER Hydronéphrose r4.0h.M au Sue Fistule urétérale. 2: . . "2. —
La grossesse se développe en temps variable après l'opération: de quelques mois à plusieurs années ; la plupart des opérées n’eurent qu’un accouchement, quelques-unes menèrent à terme deux ou trois grossesses. :
L'intérêt de ces observations serait beaucoup plus grand si elles contenaient l’analyse d’urine au moment de l’opération, après elle, et pendant la grossesse et l'accouchement. Ces examens ont certainement été faits, dans un grand nombre de cas, mais ils ne sont pas relatés le plus souvent. Nous ne savons rien non plus de l’état fonctionnel de chaque rein avant l’intervention ; il fut cependant déterminé à coup sûr dans les observations récentes de néphrectomie pour tuberculose, dans celles d'Israël en particulier.
Quoi qu’ilen soit, ces grossesses évoluèrent de façon normale :
1. Nous n'avons pu faire figurer l'observation suivante, dont le texte fut introuvable.
Pauntz3. Grossesse et accouchementnormaux après néphrectomie, Gynækologia, Budapest, 1906.
il y eut 3 avortements survenus sans cause et sans phénomènes d'insuffisance rénale concomitants. L’albumine fut trouvée quelquefois, en particulier, dans les grossesses après pyonéphrose (3 fois sur 7), et après les pyonéphroses calculeuses(2 fois sur 4), une fois il y eut des urines purulentes après lithiase aseptique (1 fois sur 2). Dans tous les cas, l’albuminurie ne fut jamais abondante, elle ne dépassa pas 2 à 3 grammes, elle céda au régime lacté, et ne s'accompagna pas de phénomènes permettant de prévoir une dépuration urinaire insuffisante.
Enfin les accouchements furent tous normaux, et aucun incident ne survint qui pût être mis sur le compte de l'insuffisance rénale. Les enfants étaient bien portants, le placenta normal.
Nous avons vu que les néphrectomies, faites pendant la grossesse ont été bién supportées et que les opérées accouchèrent sans complications.
De même les grossesses survenues chez des femmes antérieurement néphrectomisées, évoluèrent normalement sans qu’apparut de trouble d’insuffisance urinaire. Ces faits de cliniques nous paraissent apporter un argument de grand poids aux conclusions générales que nous avons émises, en terminant l’urologie de la grossesse, et dans lesquelles nous avons essayé de montrer que l'insuffisance rénale tant redoutée pendant cette période n’est pas prouvée.
Pas un cas signalé de troubles pouvant être rapporté à une dépuration urinaire insuffisante, dans les 34 grossesses examinées. Or, un rein existait seul qui devait suffire à la tâche. Nous savons, par les belles recherches de Maugeais, dans sa thèse « Sur l’action d’un rein malade sur le rein du côté opposé >» que cette action est nettement sensible dans la plupart des cas. Comment ne pas. s'étonner, si l’on admet l'insuffisance rénale normale de la grossesse, que nous n’ayons relevé que des troubles légers le plus souvent, alors qu’on laissait un seul rein, déjà touché, pour assurer la dépuration urinaire chez une femme enceinte ? î ‘
Nous pensons qu’il y a là autre chose qu’une série de cas heureux, et que l’on peut, à l'heure actuelle, se montrer moins timoré sur les opérations rénales que l’on pourra être appelé à pratiquer au cours de la grossesse.
Nous nous proposons d’ailleurs de montrer, que pendant la grossesse la néphrectomie ne devra pas être considérée comme
0 , exception, m les différentes affections énales, tou
cet état physiologique, et que le plus i i
tre-indications seront également 1e de Ja valeur fonctionnelle du : rein sain. Ne
dé
LITHIASE RÉNALE
La néphrectomie pour lithiase rénale semble être pratiquée moins fréquemment qu’autrefois ; et c’est souvent seulement au cours de l’intervention que l’on décide d’y avoir recours.On trouve, en effet, le rein quelquefois transformé en une vasie poche purulente au milieu de laquelle baignent les calculs ; il ne reste qu’une mince coque de parenchyme, dont le fonctionnement ultérieur semble être devoir tellement réduit qu’on peut le négliger,
Cependant on se souviendra qu’une très petite quantité de substance rénale peut encore sécréter d’une façon appréciable, et que, sur ce point, toutes les espérances sont permises. Gosset fait remarquer,dans sa thèse,combien l’exagération de la tension dans une poche rénale très distendue nuit à la sécrétion du parenchyme restant. Après évacuation du pus contenu, la sécrétion peut reprendre, dans des proportions inespérées. Ce n'est d’ailleurs que la vérification clinique des expériences faites par Guyon sur les chiens.
A l’heure actuelle on tend à admettre que la lithiase rénale est en réalité une maladie à double localisation. S'il n’y a pas toujours calcul double, il y a tout au moins néphrite lithiasique double ;'et il semble que le calcul, en dehors des lésions locales dues à sa présence, n’est pas d’un pronostic plus grave que la néphrite lithiasique d’origine diathésique.
Celle-ci a été miseen évidence par Albarran qui a étudié, anatomiquement et histologiquement des reins lithiasiques. Le rein du côté opposé au rein calculeux est atteint à la fois d’une hypertrophie légère et d’une sclérose, souvent évidente à l’œil nu, toujours facilement décelable au microscope.
Sourdille, dans sa thèse, sur 4 cas personnels, ne trouve qu’une
seule fois un seul rein malade.
Maugeais, qui a repris la question, sur 8 cas personnels,
— 76 — ADR D trouve dans 3 cas, un fonctionnement parallèle des deux reins,
également mauvais de chaque côté. Dans les 5 autres observations, le rein opposé est meilleur que le rein calculeux ; — bien
que touché. Il présente en effet une albuminuerie légère, une
faible réaction à la polyurie et à la phloridzine.
On devra donc être effrayé par la nécessité d'enlever un rein chez un malade calculeux, et ce n’est vraiment que lorsque, pièce en main, on se sera rendu compte de la disparition de tout
‘ Ussu glandulaire, qu’on s’y résoudra.
Ce n’est donc que dans les grandes pyonéphroses calculeuses que la néphrectomie est permise. : :
Les observations que nous avons recueillies nous permettentelles de souscrire entièrement à ces conclusions ?
Des néphrectomies faites pendant la grossesse, deux furent pratiquées pour calculs : nous manquons de détails suffisants et d’ailleurs les malades ne furent pas suivis au delà de leur ac-
couchement. Une troisième (Cova, observation IV, fre série) fut .
faite au troisième mois d’une septième grossesse. Guérison et -accouchement normaux. Un huitième accouchement ne ‘mois plus tard eut lieu sans, incident.
Nous voyons, dans l’autre série d'observations 7 cas de ç grossesses survenues chez des femmes antérieurement opérées pour lithiase : 2 pour lithiase aseptique ; 5 pour lithiase infectée.
Dans l'observation de Cova (observation VII, 2° série), il s’agit d’une femme, à qui, après cinq grossesses on Dior le rein pour calculs. Les phénomènes douloureux rénaux ne disparaissent pas, il y a émission de gravelle, de temps en temps, dans les semaines suivantes.
Enceinte pour la sixième fois, cinq mois après la néphrectomie, elle entre à la clinique au huitième mois de sa grossesse avec seulement 500 centimètres cubes d’urine en vingt-quatre heures ; un peu d’albumine. En huit jours, sous l'influence du régime lacté, la quantité d’urine remonte à la normale, et l’albumine disparaît.
L'accouchement se fait dans les meilleures conditions.
La diminution de la quantité d'urine, la présence d’albumine, maigré leur disparition: rapide, sont des symptômes qui permettent d’être réservé sur l'avenir de cette malade.
L'observation de la malade de Tuffier (observat. XXXII, 2° série), citée par Marteville, dans sa thèse, est plus instructive car
Cu i7 7 us '
l’opérée, néphrectomisée en 1899 fut suivie jusqu’en 1904.
Une première grossesse avant l’opération ; une seconde en 1900 : albumine, qui disparaît par le repos : accouchement à terme. En 1901, fausse couche de six semaines à la suite d’un effort ; en 1902, 4 grossesse : albumine et vomissements jusqu’à quatre mois et demi. Accouchement normal.
En 1904, enceinte de deux mois et demi, elle vient consulter pour vomissements. Albumine et pus dans les urines. L’albumine apparaît par périodes pendant la grossesse, en particulier seize jours avant son accouchement : mais elle a disparu en dix jours : accouchement normal et réapparition de pu avec excellent état général.
. Il semble, dans ce cas, que l’albumine soit sous la dépendance de la grossesse, et ne doive pas inquiéter particulièrement. Quatre grossesses en cinq ans, sans apparition d'aucun symptôme de lithiase ; coliques ou douleurs, permettent de supposer que le rein qui reste n’est pas ou est à peine touché; et l’on est en droit de s’étonner un peu de résultats éloignés aussi satisfaisants.
Nous ne reviendrons pas sur l’observation de Cova (observat. VII, 2 série), que nous avons déjà citée, parce que la né-
“phrectomie fut faite pendant la septième grossesse, et dans laquelle une huitième grossesse eut lieu sans incident.
Harajewick (observat. XI, 2° série) et Twynam (obs. XXXIII, 2e série) citent chacun un cas où la grossesse évolua sans incident, après néphrectomie pour litho-pyonéphrose.
L’opérée de Maberly (observat. XXI, 2 série) a deux grossesses en quatre ans ; la première deux ans après l'opération. Toutes deux se terminent de façon normale. Au cours du second accouchement cependant, on constate DUROUD de pus dans Purine.
Dans l'observation de Shepherd (observat. XXIX, % série) on constate deux ans après une néphrectomie gauche, que le rein droit est pris à son tour : les urines sont très purulentes. La ma-
lade meurt cinq ans après l’intervention, ayant mené à terme trois grossesses. Le rein droit ÉPpane était calculeux et rempli de pus.
Pour tirer de l'étude de ces cas un véritable enseignement, il faudrait connaître la valeur fonctionnelle du rein non calculeux. Or, dans aucun cas, nous ne savons rien de sa valeur fonctionnelle.