‹ Néphrectomie et GrossesseChapitre 26 sur 32 · TUBERCULOSE RÉNALE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE RÉNALE

On sait que la grossesse donne un coup de fouet à la tuberculose, et que si le bacille de Koch s’est localisé sur le rein, les lésions qu’il y détermine deviennent rapidement graves chez la femme enceinte, « Aucune maladie, dit Israël, ne subit une aggravation aussi rapide. »

L’unilatéralité de l’affection au début si bien mise en lumière par Albarran permet d’obtenir des résultats post-opératoires remarquables. Car l’on peut admettre que dans 70!°/, des cas de tuberculose rénale, un seul rein est pris.

Mais que vaut le rein du côté opposé lorsque son congénère est atteint de tuberculose?

On peut constater soit de l’albumine et de la bacillurie, soit de l’hématurie, soit de la cylindrurie.

Ces découvertes faites grâce au cathétérisme urétéral ou à la division des urines sont-elles des contre-indications opératoi- : res? Albarran n’hésite pas à répondre par la négative. Les lésions sont améliorées par l’opération. Souvent, en effet, l’albumine disparaît ou diminue, quelquefois cependant elle persiste. Son augmentation seule (au delà de 2 gr. par litre) peut donner des inquiétudes. h

Dans les expériences faites sur les animaux, Maugeais a trouvé que la tuberculose rénale unilatérale ralentissail un peu sur le rein du côté opposé; celui-ci a une tendance à faire de la polyurie et présente constamment une légère albuminurie.

Au point de vue histologique, lésions insignifiantes au niveau des anses de Henle, et des tubes collecteurs, et des glomérules. Les vaisseaux sont plus constamment et plus profondément

atteints. En résumé, lésions très légères et susceptibles de rétrocession après intervention.

Le diagnostic de la tuberculose rénale est généralement assez facile chez la femme enceinte, par suite de l’exagération de tous les symptômes.

Re Le

« On doit, dit Bar, se méfier de l’état du rein opposé. S'il a ge « moindre lésion borculense l'intervention est formellement « contre-indiquée. »

Nous avons vu quelle était l’opinion d’Albarran sur ce point : et nous croyons que l’opinion de Bar, ainsi présentée, est trop absolue.

Les observations que nous avons recueillies de néphrectomie pendant la grossesse, sont au nombre de trois. Les malades d'Israël et Pilz (observ. IX, et observ.; XX, 1r° série) guérirent parfaitement et menèrent leur grossesse à terme.

Le cas de Mirabeau (observ. XVIII, 1° série) aussi favorable, est plus intéressant, car la cystoscopie permet de reconnaître l'intégrité du rein du côté opposé. La malade eut une guérison rapide et complète, qui persistait quatre ans plus tard.

Chez les malades antérieurement néphrectomisées, les résultats sont aussi encourageants.

Les opérées de Batini (observ. III, 2 série), Kamann(observ. XX, 2 série), Pousson (observ. XXIV, 2 série), Raynaud (observ. XXVI et XXVII, 2° série), eurent une grossesse normale, sans incidents, peu de temps après l'opération.

Israël (observ. XII ets. q., 2° série), sur une statistique de 78 néphrectomies pour tuberculose, signale 8 grossesses ulté-

rieures avec 5 accouchements normaux et 2 avortements.

Dans l’observation de Noble (observ. XXII, 2 série) le chirurgien n’hésite pas à enlever le rein malade; bien que du côté opposé, il constate des traces nettes d’albumine, mais ni globules rouges, ni globules blancs, ni cylindres. Deux accouchements dans les années suivantes. Quatre ans après l’intervention, la malade était bien portante. Son urine ne présentait rien d’anormal, sauf des cylindres hyalins.

Dans l’observation de la thèse de Reynaud (observ. XXVII de série), la guérison se maintient trois ans après l'intervention. Un peu d’æœdème seulement pendant la grossesse, sans albumine. |

De temps en temps, ne fatigue, survient une légère héma- Harie

Ces deux derniers cas sont intéressants, par les lésions révélées du côté sain par la constatation M AR U légère, de cylindres hyalins et hématurie. Leur persistance prouve la lenteur de la rétrocession du processus qui a atteint le rein laissé

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