‹ Néphrectomie et GrossesseChapitre 27 sur 32 · RATES · texte numérisé non relu

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en place ;elle prouve aussi, que malgré les lésions dont elles sont la signature, le rein suffit à sa tâche.

Un seul cas (Steinheil, observ. XXX, 2 série), s’est terminé par la mort, dix ans après l'intervention, sans que l'or püût affirmer que la malade. a succombé à la tuberculose de la glande laissée en place.

L’excellence de ces résultats doit donc engager le chirurgien à ne pas hésiter à sacrifier chez une femme enceinte un rein atteint de tuberculose.

La maternité enfin ne devra pas être interdite à une femme antérieurement néphrectomisée pour bacillose rénale.

Germain 6

PYÉLONÉPHRITE ET PYONÉPHROSE

Malgré les nombreux travaux parus sur la pyélonéphrite de la grossesse, les auteurs sont loin d’être d’accord sur le traitement qu’il faut instituer.

Si tous reconnaissent que dans les cas légers, cette affection si commune guérit souvent s pontanément ; la plupart sont également d’avis que les cas plus sérieux sont justiciables des lavages vésicaux, de la distension vésicale ou du lavage du bassinet. On n’est plus à compter les heureux effets de ces différents traitements. $

Dans les cas de pyélonéphrite avec accidents graves, on a souvent provoqué soit l’avortement, soit l’accouchement prématuré. Malheureusement, cette intervention, bien supportée il est vrai, n'amène souvent pas la guérison ; de plus les enfants naissent malingres et meurent par la suite. On a alors abandonné le trai- : tement obstétrical et l'on a eu recours à un traitement chirurgical logique, la néphrostomie avec drainage.

Pinard préfère au traitement obstétrical qui sacrifie l’enfant, le traitement chirurgical appelé à rendre les plus grands services en permettant d'espérer la guérison de la femme tout en laissant la grossesse évoluer jusqu’à terme.

Albarran est du même avis et préconise la néphrostomie simple ou double, avec drainage large et persistant jusqu’à la fin de la grossesse, faute de quoi les accidents reviennent aussitôt.

Cathala, Thébault, dans leur thèse, remarquent que dans les cas relevés par eux, la néphrostomie ne donne que de médiocres résultats et ne et pas la malade à l’abri de l’accouchement prématuré.

Tous sont unanimes pour rejeter la néphrectomie, bien que quelques-uns remarquent les heureux résultats dont cette opération fut suivie dans les cas qu’ils ont pu découvrir.

S’ils la repoussent, c’est parce qu’ils considèrent que l’affec-

üon est souvent bilatérale, ou que si un seul rein est malade, il ne l’est généralement pas au point de ne pouvoir ultérieurement reprendre son fonctionnement ; mais c’est surtout parce qu'ils pensent qu’ « une femme n'a pas trop de ses deux reins pour « éliminer toutes les matières extractives de la grossesse ».

Nous savons quelles restrictions il faut apporter à ce suprême argument ; nous avons en effet essayé de montrer combien on en avait trop longtemps exagéré l'importance.

Sans vouloir prendre nettement parti dans cette difficile question du traitement de la pyélonephrite gravidique, nous croyons qu’à l'heure actuelle la néphrostomie, dans les cas graves, reste l'opération de choix, mais que la néphrectomie ne doit pas d'emblée être repoussée.

On pourra la faire quand l’affection sera unilatérale et que l’on aura constaté l'intégrité du rein du côté opposé, et qu’au cours de l'intervention. le rein malade incisé apparaîtra détruit. Nous n’osons pas aller jusqu’à dire qu’on devra pratiquer cette intervention.

Nous ne serions pas cependant désavoué par tous les accoucheurs, car, dans une observation de Bar et Luys,où, après séparation des urines, on trouva l’un des reins parfaitement sain, les auteurs concluent :

« Si, malgré l’état de la grossesse, une intervention semblait « indiquée, l'opération de choix serait la néphrectomie, puisque « nous savons le rein gauche inutile et le rein droit excellent. » (Bar et Luys. Bulletins de la Société d'obstétrique de Paris, 1904, n41p3 211)

Cette intervention offre en effet l’avantage de débarrasser radicalement l’organisme d’un foyer infectieux. Le large drainage consécutif à la néphrostomie peut être incomplet dans quelques cas. Une vaste poche suppurante persiste, où, malgré toutes les précautions prises, se font des infections secondaires. L’organisme est toujours obligé de faire les frais de cette suppuration, la fièvre souvent continue ; et nous avons cité des cas où la néphrectomie fut faite secondairement pour mettre un terme à ces accidents.

Remarquons enfin que, la grossesse terminée, il faut de longues semaines pour arriver à cicatriser ce vaste foyer et qu'une fistule peut s'installer dont il est impossible de déterminer la durée.

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