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SUR RE

Des chlorures urinaires.

Tant d’études ont été faites en ces dernières années sur les

chiorures de l’organisme qu’il nous a paru utile de montrer * comment ils étaient éliminés chez la femme enceinte.

M. Bar a fait, sur ce point, des recherches très complètes chez la femme, et les a contrôlées par des expériences rigoureuses chez la chienne. Il conclut que chez la femme enceinte arrivée à la fin de la grossesse, il y a facilement rétention de chlorure de sodium, — en dehors du poids de ce corps nécessaire au fœtus et dérivé vers lui.

On sait que le capital chloruré sodique de l’organisme, différent pour chaque espèce, reste toujours très fixe et que l’élimination chlorurée se fait par le rein. On admet qu’en général, l'accumulation des chlorures dans l'organisme est due à une insuffisance rénale, ou, dans les cas légers, à une défaillance

Dans quels cas cette méiopragie apparaît-elle ?

1° Quand la pression est accrue dans les canaux urinifères, si une élévation de la tension sanguine ne contrebalance pas la gêne apportée à l’excrétion.

2° Quandil y a pression sanguine insuffisante; quand il y a stase dans les vaisseaux intra-glomérulaires et intra-canaliculaires.

3° Quand il y a altération des épithéliums glomérulaires et ntra-canaliculaires.

Voyons si ces conditions se trouvent réalisées chez la femme enceinte.

La rareté de la néphrite épithéliale pendant la grossesse permet d’attacher peu d'importance à cette troisième proposition ; mais les deux premières valent un examen.

La compression, la torsion, l’étirement de l’uretère sont de règle, d'où une gêne dans l’écoulement de l'urine, dilatation des uretères et des bassinets, et au delà augmentation de pression jusque dans la capsule de Bowmann. Cette gêne dans l’excrétion urinaire n’est pas douteuse,et mérite d’être retenue. De plus, la stase veineuse très commune à la fin de la grossesse, notamment dans la sphère génitale, retentit jusqu’au rein.

Ces deux causes paraissent suffisantes pour conclure à une certaine déchéance rénale, partant pour admettre que celle-ci:

joue le principal rôle dans la rétention chlorurée pendant la grossesse.

Mais ne peut-on pas essayer de chercher plus loin d’autres causes à la rétention chlorurée?

On sait qu’il y a augmentation de la masse du sang pendant la gestation ; et ectasie du système veineux proportionnelle à cet : accroissement du volume du sang. Cette ectasie des, vaisseaux veineux a pour premier effet une circulation plus lente du sang du moins dans les vaisseaux élargis. Dans quelle mesure ce ralentissement retentit-il sur la circulation capillaire générale, et, en particulier, sur la circulation glomérulée ?

Il est difficile de répondre d’une façon précise ; cependant la très grande fréquence de l’hypertrophie du cœur, la dilatation du cœur droit, donnent à penser qu’une gêne réelle existe souvent dans tout le système veineux, et que cette gêne doit retentir sur la circulation capillaire.

Cette dilatation, témoin d’une gêne dans la circulation veineuse, s'ajoute comme cause de ralentissement, à l’ectasie vasculaire que nous avons citée et dont elle doit subir le contre-coup.

Toutes ces conditions sont donc favorables à un ralentissement dans le réseau capillaire général, dans le réseau rénal sur lequel agissent si vite les insuffisances cardiaques.

La rétention chlorurée nous explique la fréquence de l’œdème au cours de la grossesse, bien qu’il puisse exister une rétention sèche de chlorure de sodium.

Des quantités notables de chlorure de sodium peuvent être retenues dans l’organisme sans qu’il y ait accroissement correspondant du poids du corps; cette rétention sèche peut se prolonger un temps assez long, mais elle a une limite au delà de laquelle la rétention du chlorure de sodium a pour conséquence immé-

diate une fixation d’eau.

La facilité avec laqueile apparaissent ces œdèmes d’une part, et, d'autre part la lenteur avec laquelle ils se résorbent tant que dure la grossesse, sont des arguments en faveur du trouble apporté à la circulation interstitielle et de son action comme facteur de rétention chlorurée.

Pour nous résumer, nous pensons donc, avec M. Bar, qu’il faut surtout rechercher les causes de la rétention chlorurée dans les modifications apportées par la grossesse à la circulation capillaire dans le rein et dans l'intimité des tissus.

À Des échanges azotés.

Comment se font les échanges azotés pendant la grossesse?

Par des observations conduites avec beaucoup de rigueur, M. Bar a démontré qu’une femme enceinte, bien portante, soumise à un régime rationnel :

« 1° Retient de l'azote ;

« 2 En retient plus, que dans les mêmes conditions de santé, « de régime, elle en retiendrait en dehors de la grossesse.

« Enfin cette rétention est supérieure à celle nécessaire aux < besoins du fœtus et de ses annexes, au développement de l’uté- « rus et des mamelles, » :

Il est très important, on le conçoit, de savoir si cet azote est retenu par suite d’un certain degré d'insuffisance rénale, et par conséquent s’il n’encombre pas l’organisme sous la forme d’urée, ou bien si, au contraire, retenu par suite d’une modification spéciale de la nutrition, et, restant en quelque sorte de l'azote vivant, il ne se fixait pas dans les cellules, augmentant ainsi le capital azoté de la mère. Enfin constitue-t-il seulement une réserve transitoire grâce à laquelle l'organisme de la mère devient apte à fournir aux besoins del’édifieation fœtale, grâce à laquelle il se prépare à la fonction de l'allaitement, réserve transiloire ; mais réserve mobile aussi, que la mère abandonnera dès que la délivrance aura eu lieu?

S'il en est ainsi, on peut admettre en effet que la grossesse ne constitue pas une période de sacrifice pour la femme, puisque celle-ci n’ébrèche pas son capital azoté pour satisfaire aux exigences de son enfant. Par ce fait qu’elle est enceinte, la femme bien portante aura acquis le pouvoir non seulement de mieux utiliser ses aliments, mais encore de créer un capital d'épargne qui lui permettra de parer au nécessaire.

Or on sait, après les travaux de Grehant, Widal, Achard et Paisseau que l’urée s’accumule dans le sang,en cas d’imperméabilité rénale au point que son poids peut, dans, quelques cas, passer de 0 gr. 50 à 4 et 5 grammes.

Dans les cas des A enceintes examinées par .M. Bar,

’urine dans le sang ne dépasse jamais 0 gr. 50. Les expériences faites sur les animaux sont venues confirmèr

Sa

ces faits, et à nouveau, mettre en relief ce fait que la rétention azotée n’est pas due à l’imperméabilité rénale.

Sur quelques éléments anormaux de l'urine a dans la grossesse.

Sucre. — Depuis le travail de Blot qui, en 1856, disait que le sucre « existe normalement dans l’urine de toutes les femmes en couches, .de toutes les nourrices et d’un certain nombre de femmes enceintes », il n’est peut-être pas de point de l’urologie gravidique qui n’ait élé plus étudié, plus controversé.

Le dernier travail de Porcher résume les données acquises sur le sujet.

1° La lactose se forme exclusivement dans les mamelles aux dépens du glycose de la circulation. Si l’on pratique l’ablation des mamelles chez lés femelles en pleine lactation, on constate immédiatement une forle glycosurie (jusqu’à 45 grammes par litre) ; en même temps il y a forte hyperglycémie ; le tout dure environ quarante-huit heures. Si l’animal ainsi opéré fait une grossesse, elle évolue normalement, mais l’accouchement est accompagné d’une glycosurie intense, conséquence d’une hyperglycémie très accentuée;

20 Si l’on injecte du glycose à un animal en lactation, dont les mamelles sont en pleine activité,on obtient non pas de la glycosurie, mais de la lactosurie (Von Noorden). Par conséquent, si la mamelle est enlevée l’hyperglycémie physiologique de la montée laiteuse aboutit à la glycosurie ; au contraire, si la glande fonctionne, une hyperglycémie provoquée aboutit à la lactosurie. La mamelle est donc bien le lieu de la production du lactose, et c’est aux dépens du sucre du sang qu’elle le fabrique.

Deux organes en somme concourent à la lactation : le foie qui produit le glycose ; la mamelle qui en fait du sucre du lait. Si l’on observe les femmes enceintes du sixième au septième mois d’une façon suivie, on trouve presque toujours à un moment donné du glycose dans leurs urines, parce que le foie entre en activité avant la mamelle. Cette glycosurie ne se rencontre pas chez toutes les femmes et elle n’atteint un taux élevé que chez les multipares (chez qui elle permettrait de prévoir la qualité de

Germain 2

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