‹ Néphrites mélitococciquesChapitre 10 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation 1

Néphrite hématurique ,

Marius C..., 50 ans, est un menuisier qui ne possède ni chèvre ni brebis, ne boit pas de lait de chèvre, ne mange pas fromage.

Mais ses voisins immédiats, propriétaires d'une bergerie qui touche sa maison, ont tous contracté la mélitococcie au cours de l'année 1945,

Ce malade est entré à la Clinique Pasteur, le 24 décembre 1945, pour une fièvre de Malte sérologiquement confirmée (sérodiagnostic de Wright positif au 1/640°) qui a débuté en novembre 1945. |

La maladie a évolué en déterminant principalement des lésions particulières, notamment une sacro-coccite gauche, et une hépatite discrète.

Traité par des injections intra-veineuses de vacein de VI. B. B., il rentre chez lui à la fin du mois de janvier 1946, nettement amélioré.

Ce malade a contracté la syphilis en 1935. Pendant six ans, il s’est régulièrement soumis à un traitement mixte : arsenie, mercure. Les réactions sérologiques sont actuellement négatives.

A la suite d'une congestion pulmonaire, il entre dans une clinique particulière, le 26 février 1946.

A l’examen, on trouve à ce moment :

1°) Une détermination hépatique nette : foie hypertrophié, débordant de quatre travers de doigts le rebord costal, ascite ct circulation collatérale, quelques taches pigmentaires,

A la ponction d’ascite on retire un liquide citrin, le culot de centrifugation contient des hématies. Le séro-diagnostic de Wright est nettement positif avec ce liquide, la proportion d'albumine est de 21 grammes pour mille, la réaction de Rivalta est positive.

. 2°) Une détermination pleurale que signe un épanchement localisé à la base droite (matité et souffle tubo-pleural). La ponction pleurale donne un liquide analogue, mais plus nettement hémorragique.

3°) Enfin une détermination rénale que permet d'affirmer ‘la lecture des analyses d’urine,

Les examens de laboratoire.

L'analyse des urines : le 7 mars, les urines sont troubles, rouges.

L'’urée est éliminée à raison de 5 gr. 30 pour 1.000, les chlorures, 3 gr. 20.

Il y a deux grammes d’albumine, les urines contiennent du sang, des pigments et sels biliaires et un excès d'urobiline qui signent l'atteinte hépatique.

L'examen du culot montre des leucocytes et des hématies, pas

. de cylindres ni de germe

Le 25 mars, une no velle analvse confirme ces résultats. Les chiffres sont très voisins.

L'hémogramme : il y a anémie à 3.820.000 hématies et monocytose à 35 % sans leucopénie. :

Le séro-diagnostic est positif à 1/2650°.

Evolution.

Une amélioration très nette de l'état pleural se produit dans le mois suivant, à la suite du traitement (septicémine 20 cc. pro die, calcium et ponction évacuatrice).

La diurèse, qui était aux environs de 1750 centimètres cubes, monte à 2,200 litres, le 21 mars.

Le 22, apparait un œdème de la verge et des bourses, et le 26, le malade se plaint, pour la première fois, d’une violente douleur lombaire gauche. Deux ventouses scarifiées font disparaître cette douleur, dans la nuit qui suit.

L'azotémie est à 0 gr. 35 0/00.

Le cholestérol à 1 gr, 40.

Le 10 avril, la cytoscopie montre une hématurie rénale bilatérale, plus prononcée à droite, cependant que l’urographie veineuse montre une élimination très incomplète de l'arbre urinaire.

Le 11, 10 centimètres cubes de Rougé Congo intraveineux donnent un choc à 39°7.

L'ascite a disparu, la diurèse est à 3 litres, if y a des caillots

dans l’urine,

Le 15 : 5 cent. cubes de Rouge Congo.

Lé malade sort amélioré, le 17 avril, mais l’hématurie persiste encore, et il a 1 gr. 10 d’'albumine urinaire.

Donc, une néphrite purement hématurique. Cette hématurie

abondante semble liée aux épanchements péritonéal et pleural.

L'hépatite créant un terrain hémorragique par trouble de la crase sanguine, et le rein, sain par ailleurs, ne jouant son rôle que par suite de la congestion locale.

Observation LI

Néphrite hématurique et azotémique.

DEMO RS

B... Baptiste, 46 ans, cultivateur, a manipulé du fumier de bergerie, en février, mars et avril 1945.

Histoire.

Début fébrile à 39° avec céphalée, le 17 avril 1945, et depuis fièvre irrégulière, sans arthralgies.

Dès les premiers jours le séro-diagnostic était positif à 1/160° et le malade présentait une ulcération médiane non HOUR de la pointe de la langue.

Le 8 mai apparait une hématurie franche de sang noïrâtre, non influencée par la position ou les mouvements. Cette émission sanguine est d’origine rénale, et absolument indolore.

De 12/6, la tension artérielle est montée à 15-7 1/2 au début de mai.

A l'examen.

Le 12 mai 1945, on trouve un malade amaigri dont le pouls bat à 97, fébrile (38°2) et qui transpire abondamment la nuit.

Poumons : toux grasse avec expectoration muco-purulente. Râles sibillants sur les deux plages pulmonaires.

La rate n’est ni percutable ni palpable. Le foie mou et douloureux, déborde de trois travers de doigts le rebord costal.

Du début à la fin de Ha miction, les urines sont uniformément noirâtres, les zones pyéliques et urétérales, le point costo-vertébral sont douloureux à la pression.

Le malade présente en plus une ulcération médiane de la langue sans adénopathie et une sacro-coccite gauche.

La tension artérielle est de 12-6 1/2.

Les données de laboratoire.

1°) Le séro-diagnostic est positif au 1/1280°, l’hémoculture

est négative.

2°) L'analyse d’urines montre que l’urée et les chlorures sont

éliminés de façon satisfaisante ; il n'y a pas d’albumine,

Le culot de centrifugation contient du sang et des cellules épithéliales, mais pas de germes.

3°) L'urée est dans le sang au taux de 0 gr. 90 pour mille. Evolution :

Le 19 avril apparaissent des traces d’albumine l’azotémie augmente : 1 gramme le 22, 2 grammes le 29.

A ce moment on trouve des œdèmes palpébraux et malléolaires discrets. On institue un régime hypochloruré et hypocarné, mais la tension s'élève (14 1/2 - 7 1/2) et on trouve à l’auscultation une ébauche de galop:

Cet état de chose se maintient 15 jours, la température oscillant entre 38° et 39°, les œdèmes restant discrets, et l'élimination de l’urée se rétablit (Azotémie 0 gr. 50, le 26),

Dés

Page 1