CARRÈRE
CADERAS x DE KERLEAU.
LOUBATIÈRES, chargé d'agr.
ETIOLOGIE
Un certain nombre de facteurs président à l'apparition d'une néphrite mélitococcique. Il est indispensable de les classer en deux groupes :
— ceux qui causent la mélitococcie,
— ceux qui déterminent l'atteinte rénale.
Cause déterminante de ia mélitococcie.
L'agent pathogène est ici un germe du genre Brucella. Brucella mélitensis, Brucella abortus de Bang, semblent être en cause concuremment. Dans les cas étudiés, on n’a pas cherché à mettre en évidence l'espèce en cause.
Les réservoirs de virus sont, en premier lieu, et surtout, la chèvre, mais aussi la brebis et même la vache. Et l'enquête épidémiologique est en général facile, avec la notion des avortements épizootiques.
: Le mode de contagion est variable :
Le lait de chèvre ou de brebis, consommé cru, et les fromages, dont la fabrication nécessite l'emploi du lait non bouilli, ont un rôle important, mais non primordial.
Dans le plus grand nombre de cas, en eflet, la Brucellose fait suite à la manipulation de fumier souillé par des animaux atteints, ou aux manœuvres d'entretien de ces mêmes ani-
maux : traite, nettoyage des bergeries.
NE LUE Cause prédisposant à la néphrite.
Il y a d'abord ‘un certain nombre de causes individuelles.
Le sexe joue peut-être un rôle : tous les cas cités ont été relevés chez des hommes, mais cela tient vraisemblablement à ce que le mode de contagion les expose beaucoup plus que’ les femmes. +0 |
L'âge ne semble pas indifférent. Dans la majorité des cas, il s'agit de sujets ayant atteint ou dépassé la cinquantaine. Peut-être un certain degré de débilité rénale est-il alors en cause. |
Le rôle du terrain est beaucoup plus important, plus que la syphilis, l'éthylisme, facteur de sclérose rénale, et surtout les affections rénales antérieures, que ce soit une albuminurie post-scarlatineuse ou une néphrite chronique sont à l’origime de ces néphrites. :
Parmi les facteurs étrangers à l'individu, notons le rôle du froid, qui produit une néphrite congestive analogue à celle que cause le Brucella : ce qui peut poser de délicates questions de diagnostic.
De ‘même on peut pariois incriminer certains médicaments, nul n'ignore la sensibilité du rein à la chimiothérapie, et dans l’une de nos observations, en particulier les sulfamidés et le novarsénobenzol ne semblent pas étrangers à la progression de la néphrite.
SYMPTOMATOLOGIE
La symptomatologie des néphrites mélitococciques difère peu de celles que provoquent les néphrites aiguës dûes aux autres agents pathogènes.
On y retrouve le même polymorphisme, et les mêmes symptômes majeurs.
L'interrogatoire.
L'interrogatoire du malade renseigne le médecin sur les conditions de début de l'affection. Ce début est généralement
fébrile, on a noté des manifestations articulaires, et le dia- : . DES Ta ,» . 2 , L gnostic de fièvre de Malte à été posé et confirmé sérologique-
ment avant que l'attention soit attirée vers le rein.
Le mode de début de la néphrite est variable. Elle est signée quelquefois par une diminution de la diurèse. Le débit
urinaire décroit assez lentement en général, et l’oligurie reste
modérée. Parfois, au contraire, surtout lorsqu'il y a eu agres-
sion brutale du rein (congestion à frigore, intoxication médicamenteuse), apparaît brusquement une anurie complète qui peut durer quelques jours.
-__ Dans certains cas, on peut même noter des phénomènes douloureux qui attirent l'attention sur la région lombaire et qui ne proviennent pas d’une sacro-coccite. Dans d’autres
cas, des œdèmes discrets font pratiquer une analyse d’urmes. \
HNAGRE L'examen du malade,
A la période d'état, permet de constater la présence des symptômes majeurs de néphrite.
Un premier coup d'œil au malade, et le médecin note. la présence ou l'absence d'œdème. Cet œdème est généralement localisé aux membres inférieurs, aux bourses et aux grandes lèvres, pariois à la face et surtout aux paupières. C'est un œdème blanc, indolore, mou, qui garde l'empreinte du doigt. Il y a quelquelois hydarthrose dés genoux, avec choc rotulien.
L’épanchement dans l’articulation tibio-tarsienne est plus rare. En général il n’y à ni ascite, ni hydrothorax.
Ceux-ci n'apparaissent que lorsque la rétention chlorurée est vraiment notable.
On note, au contraire) assez fréquemment un certain degré de congestion des bases pulmonaires. |
L'auscultation du cœur peut faire découvrir un bruit de -galop, le plus souvent seulement ébauché, lorsqu'il y a rétention azotée.
La tension artérielle est peu modifiée, ce qui est normal puisqu'au stade de néphrite aiguë il n'y a pas de sclérose rénale. |
Elle est parlois légèrement augmentée : de 1 à 1,5 centimètres d’eau.
Le. bocal d’urines donne des renseignements précieux d’abord sur la diurèse, celle-ci est variable ; il est rare qu'elle subisse des modifications importantes. S'il v a agression brutale du rein, comme cela semble s'être produit dans un des cas cités, l’anurie peut s'installer et durer quelques jours. Le plus souvent la diurèse est légèrement modifiée (1 litre et demi) ou demeure normale et remonte progressivement à un taux satisiaisant.
FO er
peut-être et dans les années qui viennent il n’est pas impossible que l’on décrive des formes viscérales suppurées ou des formes inapparentes de la mélitococcie.
DETERMINATIONS RENALES DE LA MELITOCOCCIE
Si de nombreuses maladies infectieuses, et la scarlatine en particulier, lèsent le rein de façon passagère et produisent une albuminurie qui ne dure pas plus que la maladie causale, il n'en est rien, en général, dans la fièvre de Malte, où cette albuminurie ne se constate presque jamais.
Très fréquente, au contraire, est l'atteinte rénale dans les formes polyviscérales de ce mal. Dans presque tous les cas, le rein est lésé. Sur 24 cas de polyviscérites, TRONYO décrit 6 atteintes rénales graves. Dans les cas mortels en particulier, la mort est presque toujours le fait de la néphrite associée à une hépatite. k
Dans le cadre des polyviscérites, on peut faire entrer l’hépato-néphrite, maintes fois décrites, à symptomatologie si variable, qui va du gros foie mou à la grande insuffisance hépatique. Dans ce cas, l'atteinte hépatique domine l’ensemble du tableau clinique, et le pronostic est beaucoup plus lié à l'état du foie qu’à celui du rein.
Enfin, dans certains cas, la néphrite est la seule manifestation, ou tout au moins la principale détermination de la mélitococcie. Ce sont là des cas très rares. C'est d'eux lee
ment que nous allons traiter.
4 Li et Le