CHAPITRE IV
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. SCOLIOSES REFLEXES HOMOLOGUES ET SCOLIOSES REFLEXES CROISÉES
Il y a lieu d'établir déux subdivisions dans le cas où le côté de la lésion organique est spécifié, suivant que la concavité siège ou non du côté de la lésion. Dañs un premier groupe de faits (Besson, David Drummond, Lamy : abcès périnéphrétiques, affections pleuro-pulmonaires, quelques cas de sciatique) le côté de la lésion correspond à la concavité de la scoliose.
Dans un deuxième groupe (Brunelli, Lamy, Dieulafé : néphroptose, la majorité des cas de scialique) la colonne vertébrale s'incline du côté opposé à la lésion.
La déviation latérale du rachis est une complication assez fréquente de la sciatique. C’est une attitude instinctive que prend le malade pour éviter la douleur autant que possible, en faisant porter lout le poids de son corps sur le membre sain, c’est-à-dire en inclinant le tronc de telle façon que la verticale du centre de gravité passe par la plante du pied de ce côté. C'est ce qui a lieu, en-effet, dans la majorité des cas. mais non dans tous. L'attitude inverse, inclinaison du rachis vers le côté malade, a été rencontré
beaucoup plus rarement, il est vrai. Brissaud désigne ces
St
deux formes sous les noms de scoliose croisée et scoliose homologue.
On peut décrire une troisième forme, la scoliose alternante ; elle n’est qu’une variété des précédentes, les observalions sont peu nombreuses. Remak, Ch. Fopp ont publié des cas de. malades atteints de sciatique, qui pouvaient à volonté incliner le tronc à gauche et à droite, et pour diminuer la souffrance, transformer la scoliose croisée en scoliose hornologue.
Nous n’insisterons pas davantage sur les scolioses alternantes, ne pouvant en décrire d’origiñe rénale. Seules les scolioses croisées et homologues nous intéressent.
La scoliose croisée (Brunelli, Lamy, Dieulafé) est la mieux connue et la plus fréquente. Sa concavité est tournée vers le côté sain. Brissaud l’a observé dix fois contre trois scolioses homologues. Françon trouve, dans les observations publiées jusqu'en 1893, dix-sept scolioses homologues pour cinquante scolioses croisées. Sur quatre-vingtdeux cas de scolioses sciatiques, Phulpin signale soixantequatorze fois la scoliose croisée, cinq fois la scoliose homologue et trois fois la scoliose alternante.
Cette forme, de beaucoup la plus importante, fait partie de l'attitude bien décrite par Babinski des malades atteints de sciatique, quand on les examine debout et à nu: inclinaison du tronc du côté opposé à la sciatique ; rebord costal très rapproché de l'os iliaque ; la plante du pied du côté malade repose sur le sol par toute sa surface. Parfois, surtout si le sujet est obèse, la courbure de la crête épineuse se voit mal, mais on a un signe toujours facile à apprécier, sur lequel Babinski et Brissaud ont aturé l’at-
tention, c'est la diminution de l’espace qui sépare les fausses côtes de l'os iliaque, espace que l’on doit mesurer dans la ligne verticale axillaire et que P. Richer appelle la hauteur du flanc. Dans les cas marqués, cette hauteur est diminuée de moitié et la peau fait à ce niveau des plis.
Brissaud est le premier qui ait décrit des cas de sciatique où le malade inclinait le corps du côté où il souffrait ; il en observa lui-même trois cas: une quinzaine d'autres ont été publiés depuis (Lamy, Bouchaud, Albert, Higier, Phulpin, Dupont, etc...). L'attitude est alors sensiblement inverse des cas précédents, la convexité de la courbure regarde le côté sain.
Les dévialions latérales de la taille survenant au cours d'affections rénales doivent être divisées comme les déviations survenant au cours d’une sciatique en homologues et croisées.
L'observation IV citée par Besson dans sa thèse relate un cas de scoliose homologue faisant son apparition au cours d’un abcès périnéphrétique. L'abcès périnéphrétique siégeait à gauche, la scoliose était à convexité droite.
Dans l'observation de néphroptose que nous a communiquée M. Dieulafé, la scoliose est croisée : le rein gauche est mobile, la scoliose est à convexité gauche.
Les scolioses réflexes peuvent siéger à la région dorsale, dorso-lombaire ou lombaire selon qu'elles sont la conséquence d'une sciatique, d’une affection thoracique ou rénale. La scoliose peut coexister avec un léger degré de cyphose.
Contrairement à ce qui existe dans les cas de scoliose
rachilique, on n'observe pas de lésions osseuses pas plus
HAE FLE
pelviennes que vertébrales, le bassin ne présente guère de modifications. .
« Cependant, écrit Kirmisson, dans les scolioses très prononcées quand il s’agit de scolioses lombaires à convexité gauche, ou dorsales à convexité droite, on voit se produire une obliquité du bassin telle que le diamètre oblique est allongé de gauche à droite. raccourci, au contraire, de droite à gauche. L’obliquité du bassin est donc dirigée en sens inverse de celle du thorax. »
Dans les premiers temps de la déformation, les muscles ne présentent pas de modifications appréciables ; c’est seulement dans les scolioses très prononcées et très anciennes quon trouve l’atrophie et la dégénérescence graisseuse des muscles surtout marquées du côté de la convexité.
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