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partie liquide examinée après décantation, avait une coloration normale sans teinte particulière ; elle était fortement acide et d'une densité relativement élevée (1.026); elle ne contenait ni sucre, ni albumine. Quant au dépôt, il était entièrement constitué par des urates.
Cette fois le diagnostic n’était plus douteux, il s'agissait bien là d’une lithiase urique, et les vives douleurs dont l’enfant se plaignait de temps à autres n'étaient que des coliques néphrétiques. Le traitement était tout indiqué ; nous prescrivimes l'exercice, la gymnastique, un régime un peu azoté, les bains alcalins et l’eau de Contrexéville.
Sous l'influence de ces moyens, l’amélioration ne se fit pas attendre, les urines devinrent limpides, les forces revinrent, les crises douloureuses diminuèrent d'intensité, puis disparu-, rent définitivement ; enfin je cessai de voir le petit malade au mois de mars 1875, le considérant comme à peu près guéri, et après avoir recommandé aux parents de le conduire à Contrexéville: |
Je l’ai revu au mois d’avril dernier, c’est-à-dire deux ans après ma dernière visite, la guérison ne s’est pas démentie, la taille s’est redressée, les douleurs rénales n’ont plus reparu.
Lithiase unique avec coliques néphrétiques et déviation de la taille, prise et traitée pour un mal vertébral de Pott.
(Docteur Bloch. Communiquée à la Société de chirurgie par M. Paulet, 1877.)
Fernand L..., âgé de 11 ans, lymphatique, sans manifestations strumeuses. actuellement obèse. né d'un père rhumatisant ; plusieurs névralgies sciatiques. entéralgies et diarrhées fréquentes, migraines, douleurs musculaires et articulaires ; et d’une mère également arthritique : névralgies intercostales, diarrhées rebelles, urines chargées d’urate, coliques néphrétiques.
L'enfant a eu, à l’âge de 6 ans, des douleurs de reins qui l'ont forcé à garder le lit pendant quinze jours.
Il à été traité à cette époque par des applications irritantes, comme pour une douleur rhumatismale.
Ces accidents ne reparaissent que trois ans plus tard, vers le mois de janvier 1875.
. Les douleurs sont très violentes. L'enfant se rappelle et me raconte qu’en classe il se tordait sur son banc.
Il maigrissait, il avait peine à marcher longtemps, on s’aper: çoit qu’il se tient mal. Le traitement consiste, comme la première fois, en emplâtres. liniments excitants, etc.
En juin 1875.le père du malade, inquiet de la persistance de l'affection, de l’amaigrissement, de la déviation de la taille de son fils, écrit au médecin du collège d'examiner son enfant nu.
Le docteur M... se rend à cette demande, il répond immédiatement qu'il faut venir chercher le malade sans retard et le conduire chez le docteur B..., disant qu’il a constaté une déviation de la colonne vertébrale, causée par une affection osseuse avec saillie de deux apophyses épineuses.
On consulte le docteur B..., qui affirme l'existence du mal de Pott, ordonne un repos absolu, des phosphates, une alimentation fortement tonique, un corset, etc.
Le docteur de S..., consulté presque en même temps, porte le même diagnostic et indique un traitement semblable, à cette différence près, que le repos qu’il impose est un peu moins sévère que dans la consultation du docteur B...
C'est à cette époque que je vois l'enfant pour la première
fois. Je constate aisément la déviation de la colonne vers la gauche, et la saillie des deux dernières apophyses épineuses dorsales.
La pression sur les vertèbres n’était pas douloureuse et ne l'a jamais été. Les douleurs spontanées étaient peu vives, mais la faiblesse était grande, ainsi que la difficulté de la marche et même de la station debout.
Tout en rassurant les parents et en leur faisant espérer qu’il ne s'agissait pas du mal de Pott, j'avoue que devant l’autorité des deux chirurgiens qui avaient donné leur avis, je restais fort perplexe. N'ayant pas assisté à une attaque de douleur vive, je ne savais à quoi attribuer le mal, et la seule pensée qui me vint, était que nous avions affaire à une déviation par contracture musculaire. L'enfant fut réduit à l’immobilité, et resta couché presque absolument pendant 18 mois.
Il n’eut pas de douleurs tout ce temps et engraissa peu à peu. son appétit se maintint excellent, on le conduisit plusieurs fois chez le docteur B... La déviation semblait s’atténuer peu à peu, ce que l'honorable chirurgien attribuait au traitement.
En décembre 1876, sans cause appréciable, survinrent de nouvelles douleurs, d'abord sourdes et qui augmentaient lorsqu'on promenait l’enfant en voiture, seul exercice qui lui fût permis.
Le docteur B... attribua le retour des accidents à un relâchement dans le régime qu’il avait prescrit et maïintint son diagnostic. Les douleurs, malgré un repos plus rigoureux qu, jamais, durèrent tout le mois.
On m’appela vers la fin de décembre. J’examinai l’enfant, je constatai de nouveau l’insensibilité des vertèbres proéminentes, l'absence de douleur ou de gonflement dans les fosses iliaques, et j’attribuai le mal à des coliques néphrétiques. J’ordonnai l’eau de Contrexéville, et je parlai de bains qu’il serait utile de commencer bientôt, malgré la proscription formelle du docteur B...
Les douleurs diminuërent assez rapidement, on me rappela vers la fin de janvier 1877. L'enfant souffrait horriblement. Il ne pouvait faire aucun mouvement, il avait perdu entièrement l'appétit et le sommeil. |
J’affirmai de nouveau et résolument le diagnostic. coliques néphrétiques ; je prescrivis l'eau de Contrexéville à prendre d’une façon régulière, l’application de chloroforme sur les reins et. devant l’hésitation anxieuse de la famille, décidé à
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chercher cette fois un arbitrage sans réplique, je priai M. le professeur Verneuil de venir examiner mon malade:
La consultation eut lieu le 24 janvier.
M. Verneuil fit asseoir l'enfant dans son lit, ce qui fut diff cile à obtenir, et causa de grandes souffrances au petit malade ; le moindre mouvement le faisait gémir.
La palpation des reins, du rein gauche surtout, donna un résultat saisissant ; l'enfant poussant un cri à la moindre pression. Inversement aucune douleur aux apophyses épineuses, pas plus qu’en avant dans la profondeur des fosses iliaques.
A la suite de cet examen. M. Verneuil affirma que la colonne vertébrale était intacte et que tout le mal venait des reins, du rein gauche surtout, qu’il fallait donc cesser immédiatement tout traitement d'un prétendu mal de Pott, et qu'après l’examen des urines (je ne trouvai à l’analyse que des urates), il fallait instituer le traitement de la lithiase existante.
Il me conseilla de faire des injections hypodermiques de morphine, de continuer les applications de chloroforme, l’eau de Contrexéville, de commencer les bains alcalins, l’eau de Vichy, s’il s’en présentait l'indication spéciale après analyse, d'interrompre le régime tonique de l’enfant, et de lui faire faire des promenades progressives aussitôt que possible et des exercices gymnastiques, après cessation de l'accès.
Les douleurs vives cédèrent rapidement. La gêne persista pendant une quinzaine et durait encore lorsque M. Verneuil revint au bout de ce temps.
Cette fois, il amenait avec lui M. le professeur Paulet. Ils avaient été déjà témoins ensemble d'un cas semblable.
J'ai revu le patit malade. [l va rentrer au collège, il ne porte plus de corset. La taille est à peu près redressée, l’urine est claire, l’obésité causée par l’immobilité diminue peu à peu.
Le traitement est continué avec des repos de plus en plus
longs.
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Abcès périnéphrétique avec crises douloureuses ef déviations du rachis, pris pour un mal vertébral de Pott. Incision. Guérison. (Besson. (Gazette médicale de Paris, octobre 1886.)
Ernest X..., 11 ans, tempérament lymphatique. Né d’un père et d'une mère rhumatisants.
En mai et juin 1883, l’enfant éprouve une fatigue générale: il se plaint de lassitude surtout en sortant de classe. Son appétit diminue, il perd son entrain au jeu et éprouve une certaine lourdeur dans les jambes. Examiné à cette époque par le médecin de la famille, il est soumis à deux reprises différentes au traitement hydrothérapique, mais ce traitement ne produit pas le résultat espéré et semble, au contraire, aggraver cet état de lassitude générale. L'enfant est très fatigué à la fin de l’année scolaire et pendant la première partie des vacances ; son état ne s'améliore qu'au mois de septembre.
En octobre 1883, l'enfant rentre au lycée Condorcet. Peu de temps après la rentrée, il fait une chute sur les reins en sortant de classe. Peu après cette chute, il éprouve un malaise général qui l’oblige à s’absenter du lycée.
Le 25 décembre 1883, la fièvre fait son apparition ; les accès commencent tous les soirs à quatre heures et demie pour se terminer” vers sept heures. Ils durent plusieurs semaines.
Au mois de février 1884, apparition d’un point douloureux d’abord mal déterminé; en percutant un peu en dehors de la première vertèbre lombaire et de la douzième dorsale à gauche, on détermine une violente douleur. On applique des pointes de feu sur le point douloureux sans arriver à un résultat satisfaisant.
En même temps que ce point douloureux, apparition d’un point pleurétique du côté droit qui persiste jusqu'au mois de septembre 1884. | 27 août 1884. Douleurs très vives du côté des reins, ces dou-
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leurs durent de ‘sept heures du soir à une heure du matin. L'enfant est couvert de sueur ; il éprouve de légers frissons, la douleur s’irradie le long des uretères de la région lombaire à la région inguinale.
Dans la première semaine de septembre, douleurs semblables aux précédentes de sept heures du soir à deux heures du matin ; l’enfant était alors en province, le médecin qui le soignait attribuait ces douleurs à des coliques néphrétiques. A la suite de ces crises douloureuses l'enfant se courbe tout à coup en marchant. Le lendemain apparition de sable jaune dans les urines, les douleurs cessent, l'enfant se redresse et marche sans fatigue.
7 septembre. Il fait une course de 6 kilomètres sans éprouver la moindre fatigue, le 8, fait de la gymnastique. Le 9 septembre, les douleurs reparaissent, l'enfant se courbe en deux, son attitude ressemble à celle des vieux paysans qui ont longtemps travaillé la terre.
Vers la fin du mois de septembre, la mère du petit malade s'aperçoit que la colonne vertébrale se mettait en cyphose dans la région lombaire.
20 octobre. L'enfant était dans les environs de Bourges, on le conduit chez un médecin de cette ville, le docteur D..., qui porte le diagnostie mal de Pott.
Quelques jours après, le petit malade revient à Paris. Il est courbé en deux, les apophyses épineuses des vertèbres lombaires font une saillie assez prononcée en arrière sur la ligne médiane. La colonne vertébrale n’est point douloureuse à la percussion ; il existe seulement un point douloureux à la partie supérieure de l’échancrure costo-iliaque gauche, un peu en dehors de la colonne. L’enfant présente une légère rétraction de la cuisse gauche, sa marche rappelle celle des malades atteints de sciatique ; la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse.
4 novembre. Le malade a de nouveau des douleurs très vives du côté des reins avec irradiation le long des uretères.
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Le 9, l’enfart se met au litet v reste pendant environ trois semaines. ;
Au bout de quelques jours de repos, la colonne vertébrale, qui était restée jusque là en cyphose se met tout à Coup en scoliose à droite, dans son tiers inférieur d’une façon très notable. Le lendemain elle reprend sa position primitive et, à partir de ce moment, varie fréquemment de position.
L'enfant marche avec difficulté surtout le matin au lever, on trouve alors une scoliose droite assez prononcée, avee un peu d'exercice, la marche devient plus facile.
Au commencement de 4885 surviennent de nouveau, pendant une journée entière. de très vives douleurs du côté des reins. L'état général, qui avaitété jusqu'alors satisfaisant, commence à s'altérer ; lé malade perd l'appétit. il a de légers frissons le soir avant de se coucher. Il présente un point douloureux assez marqué au niveau du triangle de J.-L. Petit.
20 janvier. [l existe un certain empâtement à ce niveau.
Le 27, au lever de l'enfant, on constate la présence d'une grosseur assez volumineuse toujours au même niveau. Le lendemain la grosseur avait disparu.
Trois jours après, sortie en voiture ; l’enfant marche pendant quelques minutes, se trouve très bien, son dos est souple, la colonne est dans sa rectitude normale. Le lendemain matin, réapparition de la grosseur qui augmente graduellement.
4 février. En examinant le malade, les deux mains placées l’une en avant, l’autre en arrière de l’échancrure costo-iliaque gauche, nous parvenons à sentir de la fluctuation en arrière, au niveau du triangle dé J.-L. Petit. .
Il ya en même temps un peu de douleur dans la fosse iliaque gauche, ce qui nous donne à penser que nous avons affaire à un abcès périnéphrétique, à marche lente, venant faire saillie en arrière dans la région lombaire.
Le 14 février, M. Bouilly, chirurgien des hôpitaux vient voir le malade. Il percute tout le long de la colonne vertébrale sans provoquer la moindre douleur. Au contraire, quand on appli-
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que légèrement. la main du côté du rein gauche, le malade accuse de vives douleurs.
Du côté du rein droit, pas de douleurs. non plus que du côté des apophyses épineuses de la région lombaire. La colonne vertébrale qui est en scoliose droite, est très mobile et ne présente en rien la raideur caractéristique qu’elle offre dans le mal de Pott. [1 n’y a pas de pus dans les urines.
À la palpation, M. Bouilly perçoit de la fluctuation en arrière dans la région lombaire, et en avant dans la fosse iliaque gauche.
17 février. Une ponction exploratrieeest faite avec l'appareil Dieulafoy et on retire environ un demi-litre de pus. |
26 février. L'abcès est incisé. Le doigt introduit profondément dans la plaie reconnaît que les vertèbres. voisines, l’os iliaque et le rein gauche sont sains.
30 mars. La plaie est en partie fermée ; la colonne vertébrale, qui était restée en scoliose pendant les quatre ou cinq premiers jours qui ont suivi l'opération, est dans sa rectitude naturelle. La santé générale est excellente.
10 avril. Le malade est en état d’être transporté à la campagne.
Dans le courant du mois d’août, les crises douloureuses du côté du rein font leur réapparition, la colonne vertébrale s’incurve de nouveau dans la région lombaire; mais au bout de quelques jours, les douleurs disparaissent et tout rentre dans l’ordre.
Au mois de septembre, l’enfant marche comme tout le monde, il se tient droit, la santé générale est excellente. Nous avons revu cet enfant à plusieurs reprises différentes : en janvier 1886, en juillet de la même année, et dans le courant de 1887; aucun des accidents signalés au cours de notre observation n’a
reparu.