Un nom illisible, je crois lire : M. Colin
2. Sur lo paquet des lettres, assez insignifiantes, de Mn^"^ de Coi gny, le crayon de M"*" Lemercier a écrit : « la jeune captive d'André Chénier ». Cf. Labitte, Eludes littéraires, il, i83-i84.
les ont déifiés — on ne pent faire ni du bien ni même du plaisir aux homes, sans courir le risque d'en être méconnu et maltraité. — Ces dangers là ne découragent ni la bonté ni le talent — A ces deux titres nous espérons que vous continuerez de parcourir la noble carrière dans laquelle vous êtes entré — Que votre courageuse compagne ne soit point effrayée : les palmes ne viennent point naturellement se placer sur le front : il faut des efforts pour les obtenir, et les arracher même, en se blessant aux épines qui les entourent.
Au plaisir de vous voir bientôt, et de vous répéter combien mon intérieur vous est attaché '.
A. DE COIGNT.
I. Sur M. de Coigny, cf. Maurice Albert, Un homme de lettres sous l'Empire et la Restauration, p. 2i3, et Etienne Lamy, Mémoires de Aimée de Coigny : dans ces Mémoires, M^^ de Coigny raconte que, pour distraire Talleyrand, M™<' de Laval réunit chez elle à dîner, une fois par semaine, « la société de gens de lettres et artistes qui se trouvait chez Mesdames de Bellegarde,... Lemercier, Gérard, Duval... M. Lemercier animait la conversation par la brillante légèreté de son esprit. Son caractère noble et ferme sied à ses discours comme à ses actions, et rend ses sentiments communicatifs; aussi l'empereur redoutait-il jusqu'à sa gaieté, car elle captive la confiance, quoiqu'elle soit pleine de sel », p. 2ol^.
De THÉNARD
26 août 1816.
Paris, 26 Août 1816.
Mon cher ami
Votre fameuse séance a eu lieu dimanche, c'est à dire hier. Quelle foule il y avait ! On s'arrachait les billets, on se foulait aux portes, et il fallait arriver une heure d'avance pour être debout. Mr. Suard qui faisait les honneurs n'a voulu laisser pénétrer dans l'enceinte par l'entrée de faveur qu'à 2 h^'^^ moins un quart, et il n'a fait ouvrir les portes qui conduisent de la bibliothèque à la salle qu'à 3 h"^" moins dix minutes. Des places de distinction étaient réservées pour les académiciens français ; si la même distinction est accordée aux membres de l'académie des sciences le jour de leur séance, nous et (î*) leurs confrères des autres académies seront obligés de se tenir debout, car les choses sont tellement disposées que ce jour là, le membre (?) de l'Académie qui régale le public tient deux fois plus de place qu'à l'ordinaire -.
Enfin la séance s'est ouverte sous la présidence de
I . Je supprime dix lignes insignifiantes oià Thénard raconte qu'il a fait soigneusement une commission de Lemercier.
3 . Ceci ne paraît pas avoir grand sens : pourtant l'écriture est assez lisible.
M"", fontanes, et en présence d'environ vingt académiciens français, etc. etc. M'", fontanes a lu la petite note de INF. Suard ou à propos de l'Académie, il parle ue la nécessité de se réunir autour de la charte.
La parole a été ensuite donnée à M^ Campenon chargé par M. Yillemain de lire des fragments de son éloge de Montesquieu. On me disait que M'. Campenon lisait bien ; mais figurez- vous un renforcé capucin, et vous aurez une idée de sa monotonie. J'ai d'ailleurs à peine entendu ce qu'il disait, et je n'ai su que par ce qu'en a dit ]\P. Suard dans la notice, que l'éloge était très beau et promettait un grand écrivain à la France. Du reste j\P. Villemain était là, qui respirait à plein gosier l'encens qu'on lui donnait, pestant probablement de temps à autre de se \oh estropié par son lecteur. Si^P. Campenon n'a pas fait ressortir l'éloge de Montesquieu, il a du moins fait passer celui de Ducis. La manière de M*". Dezèze contrastait avec la sienne. M^ Campenon est froid comme le marbre ; M^ Desèze est animé comme un avocat qui défend une cause qui lui plaît. Son discours était beaucoup trop long ; il a duré plus d'une heure. Il était plein de répétitions, mais d'ailleurs tout entier à la louange de Ducis qu'il a représenté comme un homme d'une grande valeur et d'un caractère assez beau pour soutenir la comparaison avec les plus beaux caractères de l'antiquité.
M', fontanes a ajouté à l'éloge littéraire de Ducis quelques phrases qui ont fait de l'effet. Ce qu'il a dit ensuite de M^ Desèze, du courage qu'il a montré en défendant le Roi, en a produit un très grand. Il devait lire une pièce de vers : la séance s'étant trop prolongée, il a gardé la
pièce pour une meilleure occasion. Voilà en gros ce qui s'est passé.
Ce jour là nous devions avoir le plaisir de recevoir M^ et M™*. Thierry : mais ayant reçu des billets pour assister au dîner du roi, ils ont préféré de ne venir qu'aujourd'hui. Savez-vous ce qui leur est arrivé ? C'est qu'ils ont attendu avec /ioo personnes depuis 5 h"'^* 1/2 jusqu'à 7 heures, et que vingt de ces 4oo personnes ont à peine pu entrer. Ils se sont retirés, pestants, jurant, mais un peu tard, qu'on ne les y prendrait plus.
Nous espérons que APEdon* les accompagnera. Dans tous les cas nous boirons à votre santé et à celle de M*. Lemercier.
Yictorine se porte assez bien ; elle est bien touchée de l'amitié que lui témoigne M*. Lemercier qu'elle embrasse de tout son cœur. Elle me commande d'en faire autant, et vous savez que je ne refuse rien à ma femme.
Tout à vous Th.
J'ai dit à mon libraire que son logement ne vous convenait pas.
De CHÊNEDOLLÉ
5 juillet 181 7.
Monsieur Voila encore une place vacante dans votre Académie