I. Beau-père de Lemercier
par la mort de M'' de choiseul. Serait-il téméraire de se mettre encore sur les rangs, et cette fois pourrais-je espérer d'être plus heureux que par le passé ? Voilà sur quoi Je désirerais que vous voulussiez bien m'éclairer un peu, et, pour cela, Je compte parfaitement sur votre obligeance. Je ne ferai aucune démarche que lorsque vous aurez pressenti l'opinion de vos confrères et que vous m'aurez écrit un petit mot. S'il n'y a pas de probabilité de réussite, dites-le moi franchement, et je me tiendrai tranquille. ==: M'. Thierri me fait espérer que vous viendrez bientôt dans notre belle Normandie, et même me flatte de l'idée que nous pourrions bien vous voir à Vire. Vous ne doutez pas de l'extrême plaisir que j'aurais à vous y recevoir, avec Madame le Mercier. Mad. chenedollé partage entièrement mes souhaits et se joint à Moi pour vous engager à tenter ce petit voyage. = 11 paraît qu'enfin l'injustice et la cabale se sont lassées, et que le complot domestique a eu beaucoup de succès. Je vous en fais mon compliment sincère.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma haute considération et de mon entier dévoûment.
Charles de Chenedollé
place Royale
Vire
Ce 5 Juillet 1817
De JAY
29 août 1817.
Paris 29 Août 18 17
Je vous suis très reconnaissant de votre honorable suffrage. J'en connais tout le prix, et rien, pas même le choix de l'académie, ne pouvait m'être plus acréable. M. la Touche' a pu vous dire la haute estime que je professe pour votre noble caractère et votre beau talent. Je trouverai prochainement l'occasion d'exprimer publiquement mon opinion à cet égard dans le Mercure où je me propose de tracer le tableau de l'Etat actuel de notre littérature.
Je vous prie de me conserver votre bienveillance, et de compter sur toute ma reconnaissance et mon amitié.
A. Jat.
P. S. pourriez vous me communiquer pour huit ou dix jours les comédies de Pinto, de Shakespeare Amoureux, et de Christophe Colomb ?
1. Latouche, l'éditeur d'André Chénier. Trois de ses lettres à Lemercier figurent dans ce même dossier.
Du duc DE FITZ JAMES
g janvier 1818.
J'ai reçu avec beaucoup de reconnaissance les 3 derniers volumes de votre Cours de Littérature, et je les lirai avec le même intérêt que j'ai mis au premier.
C'est un ouvrage classique, et qui vous fera beaucoup d'honneur. C'est un cours de littérature fait en conscience, et qui, soit dit sans compliment, laisse La Harpe bien loin en arrière. — J'avais déjà, depuis deux mois le volume de la Comédie. Tout, dans ce volume, est d'un goût et d'un jugement exquis, excepté votre dernière séance ou je ne puis être de votre avis. Certes je n'approuve pas la rigueur de Bossuet, et je ne le trouve pas Bénigne, mais si quelque chose pouvait lui donner raison, c'est la manière dont vous même préjugez les intentions secrètes de Molière en composant son immortel ouvrage. Soyons de bonne foi, et convenez que vous jugez Bossuet en Académicien du 19^ siècle, et non en homme du siècle de Louis XIV, 011 l'on n'était pas si bête, à tout prendre. Si l'on vous répondait par un dialogue entre Bossuet et vous, aussi bien fait que Celui qui est au commencement de votre volume entre Aristophane et la Harpe, pensez vous que ce pauvre Bénigne n'aurait pas bien des choses à vous répondre ?
Adieu, j'espère que ma critique ne vous déplaira pas SoLRiAu. — Nép. Lcm. i5
trop ; c'est une marchandise à laquelle vous devez être accoutumé.
Vous êtes bien aimable d'avoir pensé à moi. Recevez en tous mes remercîments. Je regrette le temps où nous nous rencontrions plus souvent. Conservez moi un peu d'amitié. Je vous assure que j'en suis digne par celle que je vous ai voué pour la vie.