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ET SUR LES PRINCIPAUX MONUMENTS QUI LE REPRÉSENTENT

Neptunum volunt aquas mundi.

S. Aagnst. ds Ci'v. Dti, lib. VII, cap, iti.

T ai écrit sur l’Æther, être incréé , immortel , dieu créateur, dieu suprême réel, cause du mouvement et -de la vie , et sur Jupiter, dieu suprême fictif qui le représente.

Venant aux divinités créées ou aux substances élémentaires , j’ai écrit sur l’Air et sur Héra ou Junon, son image; la bonne, la sainte Junon, la cruelle, l’intraitable Junon; sur les Vents, sur Éole, leur roi ; Zéphyre , les Harpies , et sur toutes les divinités qui représentent l’Air en mouvement.

J’ai célébré le Feu et Vulcain , son symbole; Vulcain, fils de Junon seule , mari de Vénus Aphrodite, mari de l’une des Grâces. J’ai traité, à son occasion, des dieux qui ont comme lui représenté le Feu;

je l’ai distingué d’avec Phtha, dieu suprême de l’Égypte, et j’ai expliqué comment il était père des Cabires.

Il faut maintenant que je traite de l’Eau et de Neptune, qui en est l’image dans le culte symbolique.

J’ai assez parlé , quoique moins longuement que je ne l’aurais voulu, de la Terre ou de Gérés Cbthbnia , déesse cabirique , divinité des morts ; de Proserpine sa fille, de Vénus Tymhoiychos , divinité qui rassemble les éléments après la vie et les amène unis à une vie nouvelle.

L’ordre que je suivrai dans mon travail sera celui que j’ai suivi pour Junon et pour Vulcain. Je serai court : plusieurs raisons m’y obUgeni.

D’abord je rappellerai la légende de Neptune. Je citerai ensuite les écrivains anciens qui ont dit : Neptune est l’Eau, divinité réelle; Neptune est le dieu fictif qui la représente.

Ce premier travail fait, j’expliquerai la légende, les surnoms et les attributs de ce dieu, et ferai voir que toutes les fables imaginées à son sujet signifient : Neptune représente l’Eau.

L’Eau sera considérée en deux états, en état de liquide et en état de fluide ou de vapeurs. Je nommerai les enfants de Neptune , les prétendus géants et tous les descendants de Néphélè, qui tirent de lui directement ou indirectement leur origine.

CULTE DE CE DIEU, S I

Légende de Neptune.

Suivant le système le plus ancien que nous connaissions en Égypte , pays dont nous sommes obligés de nous occuper, toute chose s’était développée sous les eaux; l’Eau avait été la nomrice universelle des êtres. Cet état en avait suivi un autre, où Phtha, dieu suprême, intelligence supérieure, ne s’était point encore séparé d’avec Athor, matière humide et primitive, nommée Vénus la Noire. Fondement de la religion, une si antique croyance avait-elle pénétré chez les Égyptiens par la Libye , l’Abyssinie , r Arabie , ou bien par l’Orient , par le Nord ? L’Égypte l’avait-elle communiquée aux peuples voisins? Heureusement nous n’avons point à examiner ces hautes questions. Ce que nous entrevoyons avec quelque apparence de vérité par Homère, Hésiode, Hérodote , Thalès , c’est que Neptune , quoique bién plus ancien que Jupiter, qui appartient à une époque qu’on peut dire historique , eût des prédécesseurs de la même nature que lui. Neptune était l’Eau. Son culte fut apporté dans la Grèce par la Libye. Les Grecs avaient honoré auparavant Océan et sa femme Téthys, antique nourricière du geni'e humain**); Océan et Téthys, fils du Ciel et de la Terre, père

(i) Téthys est dite Cana dans Ovid. Fast. ii, igi ; Catull. i.xv, 70; Gmndæva dans Val. Fl. 11 , 36 ; et Maxima dans Siace , Achitl. i.

h NEPTUNE.

et mère 3e Saturne et de Rhée, ou de Saturne et d’Ops*'*; Us avaient honoré ensuite Pontus, ou la mer abandonnant les sommités des rochers, et ne laissant voir que des récifs , des pierres et des gouffres à quiconque aurait osé les traverser®; Us avaient honoré Protée , le pasteur des troupeaux maritimes, Protée qui jouissait d’une faculté divine, celle de prendre le corps qu’U voulait , d’être successivement quadrupède, dragon, oiseau, métal; Protée, dont le bruit sourd était pris pour un oracle , mais qui n’annonçait l’avenir que lorsqu’on le liait fortement, afin sans doute qu’il ne pût pas changer de forme et être pris®. Us avaient honoré enfin Nérée, fils de Pontus et sa femme Doris®, père et mère des cinquante Néréides dont nous parlerons plus tard; Nérée, vieUlard à cheveux blancs, c’est-à-dire la mer couverte d’écume®, dont la voix lointaine rendait aussi des oracles. Comment la mer eût-eUe été représentée sous le nom et les formes du vieil

(i) Cicero, de Universitate . % \i.

(а) Hesiod. Theogon. vers. i 3 a.

( 3 ) Heracl. Pont. AUeg. Homer. apud Gale Opusc. mytbol. 1688, pag. 4 go. — Virgil. Georg. lib. IV, v. 887, 4 14, 440 - 444 , 447. — La fille de Protée se nommait Eidotbée,oula forme. Heracl. Pont. l.c.

( 4 ) Hesiod. Theog. vers. j 33 . — Hesycb. voc. Ntipeiis. Nereus eliam inter mascula maris nomina, et numina fuit. J. G. Vossius, lib. II, cap. Lxxvii, pag. 353 .

( 5 ) Hesiod. Theogon. ^ers. a 4 i. — Ovid.ilfet.il, 268.

(б) Pburnut. de Nat. T>eor. cap. xxiii, apud Gale Opusc. myth. 1688, pag. 196.

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Océan? comment l’eût-elle été sous les noms de Pontus, dç Nérée , de Protée, et ne le serait-elle pas sous celui de Neptune, puisque Neptune existait? Le culte direct fut accompagné, dans toutes les contrées de la Grèce , du culte symbolique ; et Neptune appartenait à ce dernier aussi bien que les autres divinités déjà nommées.

Il naquit de Saturne et de Rhée ; ceux-ci avaient pour père Pontus et pour mère la Terre; petit-fils d’Océan et de Téthys, il était honoré en même temps que Protée et Nérée. Ces derniers étaient-ils des dieux grecs? Les anciens ne nous ont point laissé de fables à cet égard; il y a seulement beaucoup d’apparence. Le nom de Neptune paraît venii’ de Nestis, qui, dans la langue des Égyptiens, suivant Empédocle , signifiait Eau Arrivé en Grèce , il reçut un nom grec. On le nomma Poséidon, ou Posîdôn, celui qui donne ia boisson, ce qui annonçait qu’il était pris autant pour l’Eau douce que pour l’Eau salée, ou autrement qu’il était fEau en général.

Platon donne cette étymologie’^'. Ici le secret

d’Eleusis n’est plus un secret ; on voit déjà que Neptune est l’Eau.

Ayant appris par un oracle qu’il mettrait au jour

(i) Atbenag. Legal, pro Christ, cap. wii, «lit. Oxon. 1706, p, 81. — Plutarch. de Placiiis philos, lib. I, cap. iii.

(3) Pial. Cratyl. tom. I, Op. pag. io 3 .

un flls plus puissant que lui, Saturne, qui était le Temps , dévorait tous ses enfants à leur, naissance. Rhée, pour sauver Poséidon, offrit à Satm-ne un jeune cheval , qu’il engloutit dans ses entrailles , croyant que c’était son fils

Neptune n’oublia point qu’il avait été sauvé de cette manière, et il consérva pour le cheval une singulière affection. Quand les dieux, eHrayés par Typhon, s’enfuirent en Égypte sous les formes de différents animaux, Neptune prit celle d’un cheval. Si cette fable , comme nous le pensons', a pour but de montrer par les traits de chaque animal le caractère de chaque divinité ’ elle fait voir la préférence que Neptune accordait à celui-là sur tous les autres animaux.

n se passionna, dans sa jeunesse , pour la beauté de Méduse. Elle était divine ; il fut assez heureux pour l’entraîner sur m*e molle prairie et il obtint ses faveurs. Le produit de leur union fut le cheval Pégase, de sorte que la Gorgone fut mère et de Pégase et de Chrysaor

On ne dit pas qui était le père de Chrysaor ***. Ce

(i) Pausan.lib. VIII, cap.Tiii. — Pausanias ajoute au récit de cette fable ; <Lea sages de la Grèce nous ont caché d'importantes vérités • sous des énigmes; ce que l’on dit de Saturne est de cette nature. »

(a) Ovid. Metam. lib. IV, vers. 788 seq. — Apollod. lib. Il, cap. ni. Sa. — Tatian. Contra grac. OrtU, cap. vni, pag.aSo, ed. Bened. ad cale. S. Justin.

(.A) Apollod. I. c. le fait fils de Neptune.

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dieu naquit dans la Phénicie. Hésiode, qui en parle, ne nomme que la Gorgone Digne fds d’une telle mère, son nom signifiait Épée à’ Or. Il* forgeait la foudre , et en nourrissait en lui la flaname.

Pégase avait des ailes : il porta Bcllérophon au travers des airs quand celui-ci alla tuer la Chimère. Pégase montait aux cieux avec les poètes. Bouillant des feux de la Goi^one, il leur inspirait de la chaleur. Plein de l’humidité fécondante de Neptune son père, il fit jaillir de son pied la fontaine d’Hippocrène^*), et finit par être placé dans le ciel, modèle des hommes heureux qu’il avait inspirés.

Qui était Méduse ? Je l’ai dit ailleurs. Je ne veux ici ni me répéter, ni me transcrire ; je suis par conséquent obligé de renvoyer à ce que j’ai écrit sur cette divinité Méduse était nécessaii'emént un météore cfe la même nature que l’Égide sous laquelle Jupiter cache quelquefois son iront. L’Égide était un huage noir, et Méduse un nuage plus noir qui se plaçait devant. « Neptune, ai -je dit, aima cette «nymphe dans sa jeunesse, par la raison que Nep- «tune était l’£au, et la nymphe le nuage. »

De la Gorgone pleine de feu électrique on voit bien que devait naître Chrysaor, qui forgeait avant Vulcain le feu de la foudre et la présentait aux dieux.

(1) Hesiod. Theog ,\en. 281. — Voyez Vulcain. pag. 54 .

(2) Ovid. Mel. lib. V, vers. 265 ; Hygin. Astronomie. S 8.

( 3 ) Voyez Jupder, part. 3 , chap. vu, tom. II, pag. 5 iG.

De cette mère devait naître aussi le bouillant Pégase, animé du feu des poètes. Cette origine n’a rien que de naturel et de conforme aux lois générales connues par les anciens.

Fidèle à Jupiter, Neptune, malgré son affinité prochaine avec les géants , prit part à la guerre que ceux-ci tentèi’ent contre les dieux , et précipita Polybotès sous l’île de Nisyre.

Il fixa l’île flottante de Délos pour donner à Latone le moyen d’accoucher paisiblement d’Apollon et de Diane.

Les Cyclopes lui firent présent du trident qui avait trois pointes d’or, faisant allusion aux trois espèces d’eaux que ce - dieu représentait, savoii' : l’eau de la mer, qui était salée; l’eau des fleuves et des fontaines , qu’on pouvait boire , et d’où lui venait le nom de Poséidon, et l’eau saumâtre des marais **).

Son amour pour Cérès, qui était la Terre, est assez connu. Cérès, poiu' éviter ses poursuites, prit d’abord la forme d’une jument. A peine se fut-il aperçu de cette supercherie , qu’il prit celle d’un cheval. Rien ne pouvait lui plaire davantage, c’était la forme qu’il aimait le plus. Les fruits de leur union furent une fiUe , dont le nom était un secret pour quiconque n’était pas initié aux mystères d’Eleusis®, et Arion , cheval terrestre et sans ailes , mais divin ,

(i) Natalis Cornes, Myiholog. lib. Il, cap. viil.

(u). Pausan, lib. VIII, cap. x\v.

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qui parlait et avait le don de prophétiser Arion , d’abord nourri dans les étables des Néréides, alla dans les mains d’Oncus , à qui son père en fit présent. Hercule l’obtint de ce dernier, et des mains d’Hercule il passa dans celles d’Adraste , au siège de Thèbes(“).

Nous voyons ici des choses qui semblent contradictoires-, l’une, qu’avant d’avoir connu Neptune Gérés était dans l’état d’une furie et surnommée Êrinnys®; l’autre, qu’elle allait souvent se baigner dans le Ladon, se rappelant avec plaisir que c’était sur les bords de ce fleuve qu’elle avait été aimée par Neptune**).

Nous voyons aussi des chevaux de deux espèces, descendants de Neptune; des chevaux sans ailes, tels qu’ Arion ; des chevaux ailés , tels que Pégase. Nous expbquerons dans la suite comment ces deux espèces de chevaux viennent du roi des mers.

Neptune avait disputé sans succès à Junon la possession de l’ArgoUde, et celle de Corinthe à Apollon; il ne fut pas plus heureux avec Minerve ou Athéné, au sujet de l'Attique. Il s’agissait de savoir lequel donnerait son nom et accorderait sa protection spéciale à la ville que fondait Cécrops I".

(i) Sut. Theb. lib. VI, vers. 3o.

(a) Pausan. lib. VIII, cap. xxy.

(3) Apollod. lib. III, cap. vi, $ 8. — Pausan. lib. VIII, cap. xxill. (A) Ibid.

Ce düFéreud devait avoir une grande influence sm* ie sort de la ville future ; car si Neptune lui donnait son nom , elle se livrerait principalement aux expéditions maritimes; et si c’était Minerve, cette ville s'adonnerait avec un goût particulier à tous les arts fabricateurs. Les dieux s'en rapportèrent au jugement de Cécrops lui-même. Les deux divinités comparurent devant ce roi, et prirent en considération les besoins de la cité naissante. La dispute avait lieu dans le sein de la citadelle. Neptune brisa la terre sous son trident, et il en fit jaillir une som'ce d’eau , croyant faire à l’Attique, qui manquait d’eau, le plus beau de tous les présents. Minerve, à son tour, frappa la terre de sa lance, et elle en fit sortir un olivier, qu’elle jugea le plus précieux de tous les arbres. Le roi de l’Attique donna la préférence à l’aibre de la paix, et par suite à Minerve Ergané. La fabrication l’emporta sur la navigation.

Ici les auteurs s’expriment de deux manières différentes. Tandis qu’Hérodote W, Varron, Lucain, Apollodore, Æ^ien Aristide, Hygin, S. Clément d’Alexandrie, Pausanias, Lactance, Eusèbe, S. Augustin, ont dit : des eaux, une mare, une mer; Virgile, Ovide, Servius, disent : il fit jaillir un cheval.

Mais il est facile de concilier ces auteurs qui disent la même chose; il suffit pour cela de reconnaître que les uns parlent au propre et les autres

(i) Hcrodot. ïib. VIII, cap. lv.

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CULTE DE CE DIEU, S I

au figui’é. Or i’antiquit^ emploie presque habituellement ce style figuré, et particulièrement lorsqu’elle raconte des fables. Et comment Hérodote et Virgile, Vairon et Ovide, auraient-ils ime opinion différente sur un événement dont il était si simple de constater la réalité? Si l’on se porte sur les lieux , on trouve que les laits sont d’accord avec l’assertion d’Hérodote, d’Apollodore , de Varron et des autres auteurs, puisqu’il est constant qu’ime mare d’eau se vpit dans la citadelle d’Athènes. Servius a jugé la difficulté , et d’un mot il l’a résolue. Virgile avait dit :

r Frementem

Fudit equmn (i)

« U versa un cheval frémissant. »

Ovide avait dit :

Medioque e vulnere saxi

Exsiluisse ferom (’).

«Du milieu de la blessure faite à la crête du « rocher, sauta une bête indomptée. »

Servius rappelle d’abord les copistes de Virgile qui ont substitué a^uam frementem à e(fiiuin frementem, et il préfère cette dernière expression; elles ont au fond la même signification, mais la figure ne lui déplaît pas. Il donne la préférence à ecfaum,

(') Virgil. Georÿ. tib. I, Ycrs. 13 , i 3 ; lib. III, ?ers. 132.

(3) Ovid. Metamorph. lib. VI, vers. 76, 77.

un cheval, et il dit : et melias [et cela est mieux). Il demeurera donc prouvé que aqaa et eqaas ont le même sens, et qu’un cheval, au figuré, est, au propre, im flot, des eaux, une mer.

On verra d’ailleurs, dans le cours de cet écrit, l’antiquité confirmer de diverses manières une si importante assertion. Je montrerai quel immense parti on peut tirer, pour la connaissance de la religion g;recque, de cet accord entre Hérodote et Virgile, entre Ovide, Varron, S. Clément d’Alexandrie et tous les autres.

Continuons, quant à présent, l’exposé de la légende. * '

Andromède, fille de Céphéus, roi d’Æthiopie, s’était vantée d’égaler en beauté Junon et les Néréides ; Neptune , iriité contre elle , envoya un monstre marin qui devait la dévorer. Persée, qui comme on sait était le soleil, monté sur le cheval Pégase, pétrifia le monstre en lui montrant la tête de Méduse, obtint Andromède de son père, et l’épousa.

Une aventure semblable eut lieu une seconde fois. Neptune et Apollon, déguisés, avaient bâti les murs de Troie ***. Mécontents de Laomédon , qui n’avait pas tenu avec eux ses engagements, ces dieux voulurent se venger; Neptune fit sortir dans ce but des cavernes de la mer un monstre qui devait dévorer Hésione. Ce monstre fiit tué par Hercule, (i) Macrob. Salarn. lib. III, cap. iv.

CULTE DE CE DIEU, S II

Le grand nombre des enfants de ce Dieu a pour cause celui des filles qui venaient rêver au bord de la mer. Elles arrivaient vielles et s’en retournaient mères. La merveille était mise sur le compte du dieu.

Il ny a rien que de naturel dans cette suite de faits supposés. La légende de Neptune est si claire, qu’on en donne l’explication à regret.

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