Jean Ciirïsostoxe. De laudibus Pauli aposloli
i. Saint Jérôme. Préface aux Epitres de saint Paul.
fon publiquement par un cordonnier; et Néron, son neveu, qui avait au plus haut degré le culte de la démocratie, s’arrêta devant Paul, tribun philosophe dont les relations et l’influence étaient dans le peuple.
L’apôtre fut reconduit en prison, et sa ferme résolution de ne pas transiger avec le tyran rendit sa mort inévitable; il en donne en passant la nouvelle à Timothée *. Toutefois la mort n’est pas une occasion d’héroïsme pour lui comme pour le stoïcien qui nie la douleur et qui proteste contre la fortune. Il accepte l’épreuve et la lutte, il ne dissimule pas son infirmité : elle fait sa force. Socrate et Sénèque meurent avec constance; mais quand ils ont bravé leurs juges et témoigné de leur âme immortelle, l'effort de leur vertu ne va pas plus loin. Paul, au contraire, semble redoubler d’efforts et profiter de ses derniers moments pour achever son œuvre. Du fond de son cachot, il instruit, il administre, il relève le courage de ceux qui sont plus en sûreté que lui. < J’ai été, leur dit-il, établi le prédicateur, l’apôtre, le maître des nations. » Sa divine fierté grandit avec les dangers qui le menacent*. Sa dernière et sa grande préoccupation c’est la conquête des âmes. On dirait qu’il ne veut pas mourir sans avoir achevé de vaincre le monde. La charjtâ qui l'anime embrasse tout, et c’est l’empire romain qui est le captif de cette grande âme dont le corps est dans les fers. Pendant que son esprit s’élève aux plus hautes conceptions, son cœur n’oublie aucun de ceux qu'il aime I. * 3. La libre pensée de cet homme chargé de chaînes va partout glorifier la vérité, combattre l'erreur, exciter le dévouement, et
I. Ego euim jam dclibor. (L'apôtre fait allusion à l’aspersion de l'eau lustrale qui précédait l'immolation des victimes.) Et tempus resolutionis meae inslat. Saint Paul. Deuxieme EpUre à Timothée, ch. iv, verset 6.
î. Saint Paul. Deuxième EpUre à Timothée, ch. i, verset il.
3. Saint Paul. Deuxième EpUre à T imothée, ch. iv, verset 19 et sniv.
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dans son abandon il conserve, pendant les défaillances d’une longue agonie, le feu de sa charité et la plénitude de son courage.
On ne saurait mettre en doute les saintes témérités de Paul et l’audace avec laquelle il poursuivait les âmes au péril de sa vie. Les conseils qu’il donne à Timothée ont d’abord été sa règle de conduite'; contro l’égoïsme féroce, quin'avait pas de frein, il déchaîna le dévouement absolu -qui n’avait pas de bornes. On ne peut pas se représenter Paul insensible devant les grandes infortunes, et quoique nous manquions de détails à ce sujet, il est permis d’affirmer, par induction, que parmi les illustres proscrits condamnés par César à se faire ouvrir les veines, plus d’un vit apparaître dans sa maison déserte ce consolateur inattendu.
Cefutpour continuer au dehors les œuvresde son ministère, que Paul, retenu dans sa prison, appela Timothée et lui recommanda'd’amener Marc avec lui. Ce Marc, disciple de saint Paul, est autre que l’évangéliste qui faisait la conquête de l’Égypte en ce moment. L’apOlre lit arriver de nouvelles instructions à la concubine de Néron, déjà touchée de ses premiers entretiens, et cette âme purifiée s’affranchit d’une abjecte servitude. Quand le prince revit Acté, ilpomprit qu'elle était à jamais perdue pour lui; mais ces impressions violentes furent effacées par l’étonnement de la retrouver à la fois fidèle, dévouée, et inaccessible à son amour. Il en conçut une indignation furieuse qui voulait être vengée sans retard.
Une vie nouvelle et un peuple inconnu venaient de se révéler à lui. Hommes et nations n’avaient pratiqué jusque-là d’autre vertu que la force, et c’était dans le bras que résidait