‹ NéronChapitre 19 sur 205 · I. Tacite. Ann., liv. XII, cli. vu · texte numérisé non relu

I. Tacite. Ann., liv. XII, cli. vu

Palatin : c’était la tradition impériale ; Auguste en avait usé de la sorte pour ses neveux 1 .

Quels furent les jeunes patriciens admis à s'asseoir sur les mômes bancs que Néron? les historiens ne le disent pas; mais on peut compter dans ce nombre les fils de Vespasien, Domitien et Titus, Salvius Othon, Pétrone et Sénécion, plus tard Lucain, sans compter Britannicus, fils de Claude, qui tomba sous l'autorité de sa marâtre. Toutefois, les leçons de ses maîtres ne pouvaient fixer l'esprit de Néron attentif aux bruits du dehors : enfant, les jeux du cirque avaient été ses premières émotions, adolescent, il se passionna pour les cochers qui se disputaient la faveur du peuple. Il voulut être de la faction verte, comme son oncle Caligula. Il parait qu'Anicet, ou quelque autre de ses pédagogues, favorisait sa passion pour le théâtre et sortait secrètement avec lui. Quand il revenait, le soir, à ses études après avoir partagé les transports d'un peuple en délire, dans des spectacles émouvants jusqu’à l’horreur, il ne pouvait arrêter ses regards sur les livres ni prêter l'oreille aux leçons.

On raconte qu’un jour un de ses maîtres, qui le surveillait de près, il avait alors douze ans, le surprit annonçant à ses compagnons d'étude la mort du cocher le plus habile de la faction verte. Cet homme, tombé de son char pendant la course, et traîné par ses chevaux, était resté mort dans l'arène; grande perle pour les verts 1 Néron la déplorait. Le maître survint à ce moment et lui demanda ce qu’il disait. Néron répondit sans hésiter, qu’il racontait à ses camarades la fin tragique d’Hector, traîné par Achille autour des murailles de Troie *.

Page 1